Si la tendance se maintient...

Jessica Chastain dans une scène de Zero Dark... (Photo AP/Columbia Pictures)

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Jessica Chastain dans une scène de Zero Dark Thirty. Le film de Kathryn Bigelow s'annonce comme l'un des favoris aux Oscars.

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La saison des récompenses vient à peine de commencer. Pourtant, deux favoris se détachent déjà du peloton pour la prochaine course aux Oscars. Zero Dark Thirty, le nouveau film de Kathryn Bigelow, a déjà été plébiscité par le Cercle des critiques de cinéma new-yorkais (NYFCC) plus tôt cette semaine, de même que par les membres du National Board of Review. Du côté international, Amour, déjà fort de sa Palme d'or à Cannes et de son récent triomphe aux Prix du cinéma européen, semble occuper une position enviable dans les catégories réservées aux longs métrages de langue étrangère. Aussi salué par le NYFCC et le NBR, le plus récent opus de Michael Haneke obtient en effet l'aval de nos collègues américains. Et sera vraisemblablement, à la manière d'Une séparation l'an dernier, le grand favori.

Cela dit, rien n'est encore joué. Nous n'en sommes qu'aux balbutiements. Il n'est pas dit non plus que Zero Dark Thirty, qui relate la traque ayant mené à la liquidation d'Oussama ben Laden, puisse maintenir son avance jusqu'à la fin de la course. Si la progression de The Artist fut sans écueil l'an dernier, pour finalement décrocher les plus grands honneurs, il suffit quand même de rappeler le couac de The Social Network il y a deux ans pour faire la part des choses. Le drame «facebookien» de David Fincher était le chouchou de toutes les associations de critiques (ou presque), mais il a finalement dû céder les plus beaux lauriers à The King's Speech, un candidat inattendu.

Tom Hooper, lauréat d'un Oscar de la meilleure réalisation (grâce à The King's Speech justement), pourrait d'ailleurs bien jouer les trouble-fêtes de nouveau auprès du studio Sony, distributeur aux États-Unis de The Social Network et de Zero Dark Thirty (un titre Alliance chez nous). Les Misérables, adaptation de la comédie musicale à succès d'Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg, elle-même inspirée du roman de Victor Hugo, jouit en effet pour l'instant d'un très bel écho. Et ce Tom Hooper - encore lui - signe la réalisation de cette production à grand déploiement, parfaitement calibrée pour les Academy Awards, dont la 85e cérémonie se tiendra le 24 février.

La bonne réputation de certains titres commence ainsi à circuler. Les membres de l'Académie s'empresseront d'aller voir d'abord les films sur lesquels plane une rumeur favorable, histoire de mettre un peu d'ordre dans leurs idées. Le temps presse. Le processus de votation commence dans 10 jours à peine. La liste des finalistes sera dévoilée beaucoup plus tôt qu'à l'accoutumée, soit le 10 janvier. Oui, la campagne sera longue.

L'énigme du 11 janvier

En jetant un coup d'oeil sur le calendrier des sorties du mois de janvier, on s'étonne de trouver autant de titres prestigieux, particulièrement dès le deuxième week-end de l'année. Le 11 janvier, le public cinéphile montréalais aura en effet l'occasion de découvrir enfin Amour, film dans lequel Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant sont sublimes, de même que Zero Dark Thirty (Kathryn Bigelow), qui prendra alors l'affiche partout en Amérique du Nord. Également The Impossible, un drame campé en plein tsunami (avec Naomi Watts et Ewan McGregor), sans oublier Quartet, la première réalisation de Dustin Hoffman, dont la tête d'affiche est Maggie Smith. En consultant le calendrier des événements, on se rend toutefois vite compte que la liste des finalistes pour les Oscars aura été dévoilée la veille. Finalement, il n'y a pas de hasard.

Sauce Poutine

Quand il a obtenu le Lion d'or de la Mostra de Venise l'an dernier grâce à Faust, une oeuvre admirable, le grand Alexandre Sokourov avait expliqué que Vladimir Poutine, alors premier ministre, était personnellement intervenu afin que son film obtienne un financement adéquat. Bien qu'il ait contribué à une réalisation artistique remarquable, le geste n'en était pas moins inquiétant. Cette semaine, Variety faisait écho à un article du journal Izvestia, lequel révélait l'existence d'une lettre envoyée aux cinéastes russes par le ministre de la Culture Vladimir Medinski. Dorénavant, pouvait-on lire, seules les productions abordant des thèmes approuvés par le gouvernement et s'accordant aux «intérêts stratégiques de l'État» obtiendront des fonds publics en Russie.

Le ministre, nommé par Vladimir Poutine depuis le retour de ce dernier à la présidence, a même dressé une liste de 12 sujets «socialement pertinents» basée sur un sondage mené auprès de la population (commandé par le Ministère). Seront approuvés les scénarios faisant écho à l'histoire russe, aux victoires militaires et aux héros qui les incarnent, au 400e anniversaire de la dynastie Romanov, sans oublier des thèmes plus contemporains liés à la famille, aux malades, au maintien de la loi et l'ordre, et à la lutte contre le terrorisme. Et vous, parasites qui comptez explorer une démarche plus particulière ou remettre en question la probité du régime dans une oeuvre cinématographique, vous devrez aller chercher du financement ailleurs. Pas de niaisage, ç'tu clair?

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