Romans: la qualité canadienne

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Alphabet

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Mario Cloutier

Elles et ils ont remporté plusieurs prix nationaux et internationaux. Grâce à un programme fédéral de traduction, on peut les lire de plus en plus en français. Il s'agit, dans tous les cas, de romans canadiens fortement recommandés, parus dans les derniers mois.

Alphabet 

Kathy Page. Traduction de Lori Saint-Martin et de Paul Gagné. Québec Amérique. 407 pages.

Critique

Finaliste aux prix du Gouverneur général 2005, Alphabet bénéficie d'une excellente traduction du duo Saint-Martin/Gagné. Kathy Page a fait une résidence d'un an dans une prison anglaise afin d'écrire l'histoire fictive d'un jeune détenu condamné à perpétuité pour le meurtre de sa copine. La romancière de Colombie-Britannique évite tout pathos ou angélisme en décrivant de façon réaliste la vie « en dedans ». Ce plaidoyer pour la réhabilitation est empreint de lucidité et d'humanisme. Triste et beau.

L'amour à peu près... (Image fournie par Triptyque) - image 2.0

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L'amour à peu près

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L'amour à peu près

Dionne Brand. Traduit par Nicole Côté. Triptyque. 213 pages.

Critique  

La romancière, poète et essayiste de Toronto Dionne Brand possède un style unique avec des élans poétiques et philosophiques. Elle narre ici la vie quotidienne de gens ordinaires issus du multiculturalisme torontois. Des personnages en apparence simple, mais qui portent en eux la complexité du monde moderne. Toutes et tous ont «presque» la capacité d'aimer. Les préjugés, les contextes économiques ou raciaux les en empêchent parfois, mais Dionne Brand possède cette grande qualité de trouver l'humanité là où l'y attend le moins.

Sommeil de plomb... (Image fournie par Leméac) - image 3.0

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Sommeil de plomb

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Sommeil de plomb

Nino Ricci. Traduit par Marie Frankland. Leméac. 262 pages.

Critique 

Le grand art de Nino Ricci est de créer un personnage principal antipathique en nous tenant en haleine sur 260 pages. L'auteur de Toronto réussit son pari en dotant David Pace, professeur d'université manipulateur et mauvais père, d'une conscience. Cet homme se sait de mauvaise foi. Il le reconnaît, l'avoue, mais n'arrive pas à changer. À chaque étape de sa triste vie, le lecteur croit à sa possible rédemption, mais assistera, impuissant, à sa chute. L'enfer n'est pas que les autres.

Ligne brisée... (Image fournie par Québec Amérique) - image 4.0

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Ligne brisée

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Ligne brisée

Katherena Vermette. Traduit par Mélissa Verreault. Québec Amérique. 447 pages.

Critique

Un premier roman extraordinaire que celui de Katherena Vermette. Cette Ligne brisée est un destin tragique, celui des femmes autochtones disparues et assassinées au Canada. L'auteure de Winnipeg décrit un fait divers comme il en arrive trop souvent. L'écriture réaliste et lucide de cette poète, lauréate d'un prix du Gouverneur général en 2012, est étonnante. La romancière ne s'apitoie pas. Elle remonte avec sensibilité le fil d'une généalogie marquée au fer rouge par la violence et le racisme.

Naissances... (Image fournie par Marchand de feuilles) - image 5.0

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Naissances

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Naissances

Kate Cayley. Traduit par Laurence Gough. Marchand de feuilles. 211 pages.

Critique

Ce recueil de nouvelles de la dramaturge, poète et romancière torontoise a été finaliste pour un prix du Gouverneur général en 2015. L'écriture de Kate Cayley vise très largement toute forme de naissance, de renaissance ou de regain de vie en traversant les époques et les pays. Qu'elle parle de nazis, d'acrobates ou d'un enfant à naître, l'auteure le fait de façon tout à fait originale dans une langue élégante. Avec un humour à la Gilles Archambault. Une vision attentive et généreuse de ceux et celles qui aiment et se souviennent.

Peau d'ours... (Image fournie par XYZ) - image 6.0

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Peau d'ours

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Peau d'ours

Carol Rose Daniels. Traduit par Sophie Cardinal-Corriveau. XYZ. 315 pages.

Critique  

Journaliste autochtone de renom, Carol Rose Daniels écrit aussi des nouvelles et de la poésie. Son premier roman, Peau d'ours, s'attarde au drame des enfants autochtones enlevés à leurs familles dans les années 60. Le style est sobre, la pensée claire, parfois trop candide. C'est une histoire d'espoir envers et, malgré tout, celle d'une femme, Sandy, dont les racines coupées repoussent peu à peu. La discrimination frontale ou insidieuse, c'est l'histoire de sa vie. Une belle leçon de courage.




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