Polars québécois : place aux femmes

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Norbert Spehner

collaboration spéciale

La Presse

On connaissait déjà Maud Graham, de Chrystine Brouillet, Kate McDougall, de Johanne Seymour, ou Aglaé Boisjoli, de Jean-Louis Fleury.

Voilà que ces enquêtrices émérites, émules féminines de Sherlock Holmes reçoivent du renfort en la personne de Chloé Perreault, de la Sûreté du Québec (voir critique du polar de François Gravel), de Martine Gendron, de la police de Montréal, de l'inspectrice Jeanne Laberge et de Judith Allison, flic dans une petite localité d'Athabaska.

La valse des odieux

«Jeanne Laberge était inspecteur de police depuis trois ans. C'était la première femme à occuper ce poste réservé depuis toujours aux hommes. Une grande victoire pour les femmes qui bataillent fort afin d'obtenir ces places.»

C'est en ces termes que Syvie-Catherine de Vailly présente la progatoniste principale de son premier polar, La valse des odieux (Recto Verso).

Laberge est séduisante, intelligente et c'est une excellente enquêtrice, comme le prouvera sa première affaire criminelle où elle enquêtera sur une série de meurtres et d'incendies criminels et une étrange disparition.

Le jeu de l'ogre

Judith Allison entre en scène dans Le jeu de l'ogre (La Courte Échelle) de Maureen Marineau.

Nouvelle recrue au service de police régional d'Athabaska, elle hérite d'une affaire de disparition particulièrement complexe, ce qui ne fait pas que des heureux au sein de ce corps de police essentiellement masculin.

Elle provoque notamment la jalousie de Carl Gadbois, son plus proche collaborateur.

L'âme d'une détective

Une situation semblable se présente pour Martine Gendron, protagoniste principale de L'âme d'une détective (éditions Ada), publié en deux volets intitulés Mosaïques et Déesses de glace.

Après qu'elle a été engagée par une brigade criminelle de la police de Montréal, on lui confie ses premières enquêtes après sept longs mois d'attente, pendant lesquels elle a dû faire face à la méfiance, au scepticisme de ses homologues mâles.

Même si le métier d'enquêteur use l'âme, elle saura se montrer à la hauteur et prouver sa compétence.

Tomber dans le stéréotype?

Évidemment, les amateurs ne peuvent que se réjouir de l'apparition de ces fliquettes de choc dans le polar québécois.

Par ailleurs, on ne peut s'empêcher de constater aussi que ces personnages ont des ressemblances troublantes: elles sont toutes jeunes, belles, ambitieuses et doivent se battre pour se tailler leur place au soleil.

À trop insister sur ces cas de figure, les auteurs prennent le risque de tomber dans le stéréotype, voire une certaine invraisemblance, car dans les corps de police, faut-il le rappeler, il y a aussi des «matricules 728» de triste mémoire.

Chloé mène l'enquête

Après À deux pas de chez elle, François Gravel revient avec Nowhere Man, nouvelle enquête de Chloé Perreault, de la Sûreté du Québec.

L'intrigue a deux volets. La première partie commence près du Village gai à Montréal, en 2000. Après quelques galipettes sexuelles dans son véhicule, un organisateur politique bien connu meurt d'un arrêt cardiaque. Affolé, son partenaire Anthony, alias Terry, jeune prostitué, fouille le cadavre, élimine toute trace de sa présence et s'enfuit en emportant la mallette bourrée d'argent du défunt.

Bien décidé à refaire une nouvelle vie, le jeune disparaît dans la nature et change d'identité. Après quoi, l'auteur nous transporte dans la petite localité de Milton, en octobre 2011.

On vient de découvrir le cadavre d'un homme battu à mort, tout près d'un parc réputé pour ses rendez-vous clandestins. Tout laisse croire à un crime homophobe.

Mais la belle Chloé a des doutes et décide de fouiller davantage. Son enquête va recouper l'affaire du Village gai de Montréal. Voilà un polar bien pensé, qui se lit avec plaisir, avec en prime une héroïne sympathique et un dénouement très ingénieux.

* * * 1/2

Nowhere Man, François Gravel, Québec-Amérique, 252 pages.

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