L'hommage à Mordecai Richler se fait toujours attendre

Mordecai Richler en 1996.... (Photo: archives La Presse)

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Mordecai Richler en 1996.

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Giuseppe Valiante
La Presse Canadienne

L'hommage qui devait être rendu par la Ville de Montréal à l'écrivain Mordecai Richler se fait toujours attendre et sa veuve, Florence Richler, se demande maintenant si elle y assistera un jour.

En juin 2011, le maire de l'époque, Gérald Tremblay, annonçait la rénovation d'une vieille structure située sur l'avenue du Parc, sur un flanc du mont Royal, ajoutant qu'elle serait baptisée Pavillon Mordecai Richler, en hommage à l'auteur décédé en 2001.

M. Richler, qui est né à Montréal en 1931, s'est fait connaître à travers le monde avec ses écrits, notamment The Apprenticeship of Duddy Kravitz (L'apprentissage de Duddy Kravitz) et Barney's Version (Le monde de Barney), dont l'action se passait à Montréal et qui ont été adaptés au cinéma.

Les travaux sur le pavillon ont été retardés plusieurs fois depuis l'annonce du projet, et malgré une rencontre avec la Ville la semaine dernière, Florence Richler a indiqué n'avoir pas pu savoir la date du début des travaux.

«Oh vous savez très bien que (Montréal) est une championne de la procrastination», a-t-elle souligné à La Presse Canadienne dans une entrevue téléphonique depuis Toronto. «J'ai même, à la blague, offert d'acheter la peinture.»

Elle a ajouté que la ville lui avait offert «les excuses habituelles» pour expliquer les délais.

«Je crois que des gens plus sophistiqués parleraient d'incompétence», a-t-elle lancé.

Catherine Maurice, porte-parole du maire Denis Coderre, a affirmé que les travaux devraient débuter au printemps, mais elle n'a pu préciser la date. Elle a imputé les plus récents délais à la bureaucratie.

«Le maire voulait que ce soit clair qu'il souhaitait aussi honorer M. Richler d'une autre façon que seulement avec un pavillon», a-t-elle insisté.

Mordecai Richler a quitté Montréal pour l'Europe dans les années 1950 pour mieux revenir 20 ans plus tard. Sa ville de naissance, incluant certaines rues et certains quartiers précis, a souvent servi de décors à ses histoires.

Bien que l'écrivain soit apprécié un peu partout dans le monde, dans certains coins de la province, ses critiques du mouvement nationaliste lui ont valu des reproches. À ce sujet, Florence Richler a précisé que son mari était critique «de tout et tout le monde - non seulement du Québec spécifiquement».

Jack Rabinovitch, fondateur du prix littéraire canadien anglophone Giller et bon ami de Mordecai Richler, s'est quant à lui dit scandalisé par l'incapacité de Montréal d'honorer un grand écrivain.

«Le fait est que (Mordecai Richler) a été l'un des plus grands écrivains que Montréal ait jamais produits, a-t-il affirmé. Il savait ce qui s'est passé à Montréal dans les années 1940 et 1950 et a écrit sur le sujet avec honnêteté.»

Selon M. Rabinovitch, Mordecai Richler mérite d'avoir une rue à son nom et non seulement un pavillon sur le mont Royal.

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