Le legs de Vittorio selon Yves Pelletier et Olivier Carpentier

Le scénariste Yves Pelletier et l'illustrateur Olivier Carpentier... (Photo Olivier Jean, La Presse)

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Le scénariste Yves Pelletier et l'illustrateur Olivier Carpentier ont imaginé la vie de Victor, la mascotte espiègle de Juste pour rire.

Photo Olivier Jean, La Presse

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Stéphanie Dupuis
La Presse

Vous connaissez Victor, la mascotte verte de Juste pour rire? Le scénariste Yves Pelletier et l'illustrateur Olivier Carpentier ont concocté une bande dessinée qui raconte ses folles péripéties dans la vie de son créateur, Vittorio Fiorucci (1932-2008). Rencontre avec les héritiers de ce personnage espiègle.

Marque de commerce du festival Juste pour rire depuis sa naissance, le petit Victor a subi quelques modifications au fil des ans, toujours dans le but de le moderniser. La plus récente retouche date du mois dernier lorsqu'Olivier Carpentier, illustrateur, et Yves Pelletier, scénariste, ont lancé une bande dessinée à son effigie: Victor.

L'idée vient de la maison d'édition BerBer qui oeuvre dans la littérature fantastique. En souhaitant revisiter le petit diablotin et ainsi souligner ses 35 ans, BerBer a elle-même approché Pelletier et Carpentier pour ce travail qui, finalement, a été proposé à Juste pour rire.

«Le projet était de donner une histoire à Victor, de lui donner une famille», se souvient Yves Pelletier, scénariste de Victor.

Le personnage cornu est connu pour être peu bavard. Outre «Maman, c'est fini!», en conclusion des productions Juste pour rire, les acteurs du projet désiraient lui trouver une personnalité.

«Il y a quelque chose dans Victor, c'est [Vittorio]!», lâche Yves Pelletier.

Dessiner la mascotte verte a nécessité beaucoup de travail pour Olivier Carpentier. Tout en respectant l'oeuvre de Vittorio, il souhaitait la moderniser. «On ne voulait pas faire le Victor qu'on connaît », lance-t-il. « Un peu plus en mode créature!», s'écriait Yves Pelletier tandis que les deux artistes planchaient sur le projet. «Au début, j'étais arrivé avec une vraie créature, avec les cornes croches, les écailles», se rappelle l'illustrateur. «Oh non! Plus poilu, plus doux», ajoutait alors le scénariste. «On a donc créé notre propre version de Victor», affirme l'artiste.

Victor, d'Yves Pelletier et Olivier Carpentier... (Image fournie par BerBer) - image 2.0

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Victor, d'Yves Pelletier et Olivier Carpentier

Image fournie par BerBer

Rétrospectives confondues

La bande dessinée présente à la fois une rétrospective des oeuvres et de la vie de Vittorio Fiorucci et quelques pans de l'histoire de la métropole.

Tout débute à Venise, en 1947, alors que l'affichiste, âgé de 15 ans, commence à esquisser sous son crayon les premiers traits de Victor. Peu après, il quitte Venise en bateau et se dirige vers le Canada, où une brillante carrière l'attend.

Il était important pour les deux héritiers d'inclure des clins d'oeil au créateur. «Il y a quelque chose de l'fun avec son histoire. C'est un immigrant qui est arrivé à la fin de la Grande Noirceur, l'émergence de cette époque-là, la Révolution tranquille», souligne Yves Pelletier.

Ce contexte a inspiré au scénariste plusieurs références. On peut y voir Olivier Guimond, le maire Jean Drapeau, Maurice Richard, etc. Ce sont des choix personnels et pertinents qui interpellaient le membre de RBO.

«[Victor] fait des plaisanteries enfantines, et ça a des répercussions sociales», rigolent les deux artistes.

Le dessinateur Vittorio Fiorucci (1932-2008) a créé le... (Photo Martin Chamberland, Archives La Presse) - image 3.0

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Le dessinateur Vittorio Fiorucci (1932-2008) a créé le personnage de Victor il y a 35 ans.

Photo Martin Chamberland, Archives La Presse

Fouiller dans les archives

Afin d'être le plus juste possible, Yves Pelletier a fait beaucoup de recherches, sur les oeuvres de Fiorucci que sur la personnalité de ce dernier.

Ses explorations autour du personnage de Victor ont débuté il y a un an et demi, alors qu'une exposition portant sur l'ensemble de l'oeuvre de Fiorucci était présentée au musée McCord. L'artiste multidisciplinaire a rapidement été charmé, encore une fois, par ses affiches.

Tous étaient d'accord qu'il fallait intégrer ces oeuvres au livre. «Il y a des pastiches de ses vraies affiches», précise le scénariste, qui étudiait le graphisme publicitaire à l'époque où Vittorio était en ascension.

Pour le dessinateur, les recherches portaient plutôt sur les paysages empruntés et la culture montréalaise, de 1951 à 2017. «À chaque quatre pages, il y a une nouvelle histoire qui commence. Le linge change, la mode change, le décor change, les personnages changent», énumère-t-il.

Humour oblige, les noms des personnalités ont été modifiés. Ainsi, Charles Trenet devient Charme Trenet, Olivier Guimond, Olivier Guimauve et Maurice «Le Rocket» Richard, Boris «Le Bucket» Richard. «En changeant les noms de tout le monde, ça devient clair que c'est une fantaisie», explique Yves Pelletier, qui a «un plaisir fou» à trouver de nouveaux titres. 

Les aventures de Victor se concluent à notre époque, c'est-à-dire en 2017. La dernière page de la bande dessinée montre, sur un immeuble du Quartier des spectacles, les trois camarades: Victor, Gilbert Rozon et le fantôme de Vittorio Fiorucci. La bande dessinée Victor est, certes, un bel hommage à cet homme, qui nous a quittés il y a neuf ans. 

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Victor. Yves Pelletier et Olivier Carpentier. BerBer. 72 pages.




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