Traductions d'auteurs anglophones: les découvreurs

Antoine Tanguay, éditeur d'Alto... (PHOTO STEVE DESCHÊNES, ARCHIVES LE NOUVELLISTE)

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Antoine Tanguay, éditeur d'Alto

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Josée Lapointe

Deux éditeurs québécois sont particulièrement actifs du côté de la traduction, Antoine Tanguay d'Alto et Mélanie Vincelette de Marchand de feuilles. Nous leur avons posé quelques questions.

Comment avez-vous découvert les auteurs que vous avez publiés?

Antoine Tanguay: En grande partie grâce à la Foire de traduction organisée depuis cinq ans par le Conseil des arts du Canada. Il ne faut pas se le cacher, ça aide beaucoup, tant pour les Anglo-Montréalais que pour les auteurs du reste du Canada. Mais il n'est pas question de publier pour publier, il faut toujours que les livres concordent avec notre ligne éditoriale.

Mélanie Vincelette: Je lis les journaux, je vais au Met bleu, je parle à mes amis anglos de McGill, je fréquente les librairies anglophones de Montréal. Je fais mes découvertes comme ça!

Pourquoi est-ce important pour vous de traduire des écrivains anglophones du Québec?

Mélanie Vincelette: Ça fait partie de moi, car j'ai été élevée dans les deux cultures. Ce sont deux richesses, deux côtés de la médaille, et j'ai le désir de faire découvrir ces écrivains parce qu'ils disent des choses importantes et magnifiques. Leur façon d'écrire aussi est différente, ils sont beaucoup dans l'autodérision, dans l'humour noir comme démarche sociale.

Sont-ils reconnus à leur juste valeur?

Antoine Tanguay: Ça fait 10 ans que je fais de la traduction et je commence à en ressentir les effets. Sans même poser de question politique, je demande: est-ce que la littérature québécoise ne s'écrit qu'en français ? En ce moment, l'auteur québécois qui vend le plus à l'extérieur du Québec, ce n'est pas Larry Tremblay, c'est Neil Smith. Mais c'est difficile de le faire reconnaître.

Pourquoi faire traduire les auteurs anglophones par des Québécois?

Mélanie Vincelette: Parce que sinon, ça ne colle pas au marché d'ici. Mais il y a des choses aussi qui sont intraduisibles, comme l'oeuvre hallucinante de la poète Anne Carson, qui a quand même vécu à Montréal pendant 10 ans. C'est ce qui fait la beauté des langues.

Antoine Tanguay: C'est seulement logique. Quand Rawi Hage a remporté le Giller, il a été publié en France chez Rivages, mais j'étais tellement en amour avec ce livre que j'ai voulu aussi le publier chez Alto. Et c'est un peu comme ça que ça a commencé.

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