Marie Gray: l'amour, ce gros mot

Marie Gray soutient que l'amour prend différentes formes... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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Marie Gray soutient que l'amour prend différentes formes et qu'au fur et à mesure que le temps passe, on en a des perceptions différentes, selon l'accumulation de nos expériences.

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Josée Lapointe

Auteure des célèbres Histoires à faire rougir, Marie Gray est passée de la littérature érotique au roman pour ados (la série Oseras-tu?), et publie cet hiver La belle et les bêtes, dernier tome de sa trilogie Baiser, de la littérature qu'elle qualifie de «féminine».

«Ce n'est sûrement pas de la chick lit, parce qu'à la fin de la quarantaine, on est plus des femmes que des chicks!», rigole celle qui voulait parler de «comment on peut aimer autrement» en vieillissant. Mais si les gens évoluent, les thèmes restent les mêmes: amour, sexe, fidélité, nous lui avons demandé de nous parler des sujets qui la préoccupent, comme femme et comme auteure.

L'amour

«Tout le monde le cherche, l'espère, le souhaite. Il prend différentes formes évidemment et je parle de ça dans Baiser, des différentes perceptions qu'on en a à mesure que le temps passe, selon l'accumulation de nos expériences. L'amour, c'est un gros mot qui ne veut pas dire la même chose à 30 ans qu'à 50 ans. Pourquoi en idéaliser une forme plutôt qu'une autre? C'est fascinant, inépuisable comme terreau.»

L'engagement

«Quand on rencontre quelqu'un qui nous donne envie de nous engager, on devrait ne même pas regarder en arrière et foncer. Sinon ça veut dire que quelque chose cloche. Il y a des gens qui ont peur de se mettre en danger, de se faire blesser. Ou de l'autre côté du spectre, il y a ceux qui ont tellement peur de passer à côté de quelque chose de mieux qu'ils croient que s'engager risque de les priver d'une meilleure occasion. Si tu n'as pas envie de t'engager avec quelqu'un, tu ne peux pas évoluer avec cette personne. Ça peut sembler simpliste, mais ça va de soi.»

Les sites de rencontre

«C'est assez riche en matériel, j'aurais pu écrire 15 livres là-dessus! Il y a aussi du positif dans les sites de rencontre, j'y ai rencontré des personnes super le fun qui sont encore des amis. Mais ça dépend de nos attentes. Quand j'ai commencé, j'avais les attentes au plafond, c'était la manne, j'étais sûre de trouver chaussure à mon pied! On déchante assez vite. Et il faut se mettre des petites alarmes, parce que le meilleur côtoie le pire et que ça peut être une perte de temps incroyable. Tout le monde prétend chercher là le grand amour, mais il y en a beaucoup qui cherchent à 100 places en même temps. Ils cherchent le coup de foudre, la magie instantanée qui va faire qu'après une soirée on est un couple. Mais ce n'est pas de même que ça marche!»

La fidélité

«Comme l'engagement, ça devrait se faire tout seul. Si on est amoureux, qu'on est bien dans une relation, pourquoi on se poserait la question d'aller voir ailleurs? C'est fondamental. C'est plus facile de régler ses problèmes de couple en étant infidèle que de se confronter à ce qui ne va pas bien. C'est mieux de gratter le bobo, car c'est souvent un symptôme de quelque chose de plus profond.»

Auteure des célèbres Histoires à... (IMAGE FOURNIE PAR GUY SAINT-JEAN ÉDITEUR) - image 2.0

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Le couple

«J'ai une vision assez traditionnelle du couple. Quand j'écrivais les Histoires à faire rougir, les gens pensaient que j'étais du genre à me tenir dans les clubs échangistes... Mais non! Je crois au couple, je trouve que c'est une belle façon de vivre sa vie, mais ce doit être pour les bonnes raisons. Avoir un compagnon, c'est merveilleux quand on peut être totalement soi-même. Beaucoup de couples vivent malheureux sans l'admettre juste pour préserver ce fantasme-là. J'en parle dans mes livres, et ça m'arrache le coeur quand je vois ça. Oui, je suis traditionnelle dans mes valeurs, mais pas au point d'essayer de préserver ça à tout prix.»

Le désir

«La sexualité fait partie de notre épanouissement, ce n'est pas juste un prétexte pour avoir de l'amour. Je m'imaginais qu'en 2016, c'était facile de parler de sexualité. Mais il y a plein de monde qui ont des bibittes, parce que des fois ils ont vécu des choses pénibles qui ont faussé leur idée sur la sexualité, sur ce que c'est que s'abandonner à la jouissance et au plaisir. Dans le cas du personnage de Valérie [qui a fait l'amour par obligation et non par désir jusqu'à 40 ans], c'est inspiré par une personne que j'ai connue, qui n'avait jamais vraiment compris c'était quoi le big deal. Quand elle le découvre, c'est un choc. Mais un beau choc!»

Le sexe

«J'ai fait mes premières armes avec Histoires à faire rougir et je me suis beaucoup amusée. L'érotisme, c'est léger et ludique, le but est de titiller le lecteur. Dans Baiser, j'écris encore des scènes de sexe, mais le prétexte n'est pas le même. Elles sont intégrées à la vie des personnages - même que parfois ce ne sont pas les baises du siècle non plus. Ne pas parler de sexe aurait été niaiseux et irresponsable, parce que ça fait partie de notre quotidien, ça teinte tellement nos relations... C'est là dans nos pensées presque tout le temps. Parce que non, il n'y a pas que les hommes qui pensent juste au sexe!»

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