Alain Labonté: l'homme qui faisait du bien

Il aura fallu quatre ans à Alain Labonté... (Photo: André Pichette, La Presse)

Agrandir

Il aura fallu quatre ans à Alain Labonté pour écrire son livre Une âme et sa quincaillerie.

Photo: André Pichette, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Josée Lapointe

«Merci, vous me faites tellement de bien.» Cette phrase, Alain Labonté l'a souvent entendue depuis la sortie de son livre Une âme et sa quincaillerie. À coups de phrases bien tassées, d'aphorismes et de courts paragraphes, ce petit ouvrage très personnel raconte la maladie mentale de sa mère, la mort de son père et son amour immense pour ses parents. Mais il traduit surtout une quête de sens et de lumière qui, manifestement, rejoint bien des gens.

«Quatre personnes sur cinq qui ont lu le livre me disent qu'elles ont pleuré, raconte Alain Labonté. La semaine dernière, à la fin d'une entrevue télévisée, un caméraman est venu me demander s'il pouvait me serrer dans ses bras. Mais qu'ai-je dit pour que ça vienne le chercher comme ça? Je me questionne encore.»

Peut-être parce qu'en parlant de l'intime aussi bien, Alain Labonté réussit à toucher l'universel. Et que cette vie qu'il raconte avec authenticité et sincérité ramène chaque personne à la sienne. C'est ce qu'il a constaté lors de ses séances de signatures pendant le festival littéraire Metropolis bleu, ou en lisant les commentaires sur Facebook. «Les gens ne se comparent pas à moi, mais me lire semble les confronter à leur propre histoire. Ça les oblige à creuser, à décortiquer», dit-il, précisant en rigolant qu'il ne se prend surtout pas pour un gourou...

Construire son bonheur

Une âme et sa quincaillerie est un livre traversé par l'amour, la bonté, la tendresse, le désir d'être utile - des notions pas très à la mode à notre époque fort désabusée. «J'ai eu la mère qu'il me fallait», écrit Alain Labonté à propos de cette mère qui sombrait régulièrement dans la maladie mentale et qui devait être traitée par électrochocs à l'hôpital. La majorité des écrivains en auraient fait une source de douleur et de grand drame. Pas lui.

«Je sais que 95% du monde aurait abordé la situation comme ça. Mais ce n'est pas ma démarche dans la vie. Le bonheur, ça se construit et ça se travaille.»

Attaché de presse très connu dans le milieu culturel, Alain Labonté est aussi devenu un incontournable des activités philanthropiques. Il est une des personnes derrière Les Impatients - auxquels il consacre d'ailleurs un chapitre de son livre - et les Partys pyjama littéraires, qu'il organise au profit de diverses oeuvres caritatives. Donner et se sentir utile, dans sa vie comme dans son travail, est pour lui la seule manière d'être sur Terre.

«Je ne suis pas plus fin qu'un autre, mais une chose est claire pour moi: je ne suis pas gêné de dire que je fais les choses avec mon coeur. Pourquoi on est là sinon, si on ne s'entraide pas? Ça ne s'appelle pas vivre, ça s'appelle faire acte de présence», estime celui qui est fier d'être ami autant avec Kim Thúy qu'avec les membres du Cercle des fermières de L'Avenir, le village du Centre-du-Québec d'où il vient. «Et je les aime! Cet amour, c'est ça qui me mène.»

Signifiant

Alain Labonté a consacré quatre ans de travail irrégulier à son livre. Il estime qu'il n'aurait pas pu l'écrire il y a 15 ans - «Je ne pense pas que j'en valais la peine tant que ça...» -, et avoue qu'il s'est souvent interrogé sur sa légitimité pendant l'écriture. «Mais quelqu'un qui finit mon livre va comprendre que j'ai une démarche dans la vie. Je n'ai pas juste écrit une histoire comme ça.»

Lui aime les livres signifiants, qui obligent le lecteur à réfléchir et à se remettre en question. «Il y a des livres qui font 300 pages, mais dont il ne reste rien quand on les a terminés. Le mien fait peut-être 120 pages, mais il est dense. Il y a du stock dedans!»

Ce n'est pas pour rien qu'il aime autant l'auteur français Christian Bobin, avec qui il s'est trouvé beaucoup d'affinités. «On partage la même quête spirituelle. Le livre que j'ai offert le plus dans ma vie, c'est Autoportrait au radiateur. Dedans, il y a une phrase qui a changé ma vie: «M'éloigner assez de moi pour qu'enfin quelque chose m'arrive.» C'est ça, avoir le courage de ses vertiges.»

Il partage aussi avec Bobin un sens de l'image, des phrases courtes et d'un style très épuré. On sent que l'auteur de chansons n'est pas très loin quand il écrit. «Je suis capable de mettre en peu de mots beaucoup d'images et de sentiments. Et la chanson, c'est ça. C'est court, et c'est chargé en même temps. Je pense à cette phrase: «Je dois beaucoup au silence.» J'aime avoir écrit ça. Je trouve que ça fait la job

__________________________________________________________________________

Une âme et sa quincaillerie. Alain Labonté. Del Busso. 120 pages.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer