Marc Lévy: retrouver de vieux amis

Pour la première fois en 16 romans, Marc... (Photo Ivanoh Demers, archives La Presse)

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Pour la première fois en 16 romans, Marc Lévy campe l'histoire d'un roman dans la ville qui l'a vu naître et grandir: Paris.

Photo Ivanoh Demers, archives La Presse

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(PARIS) Marc Lévy ne s'en cache pas: il s'est fait plaisir. En renouant, dans Elle&lui, avec les personnages d'Et si c'était vrai, son premier roman qui l'a rendu célèbre, mais aussi en campant son histoire, pour la première fois, dans la ville qui l'a vu naître et grandir: Paris.

Arthur et Lauren, les personnages centraux d'Et si c'était vrai, mais aussi de sa suite, Vous revoir, prennent ici un rôle secondaire. L'histoire d'Elle&lui, c'est avant tout celle de Paul, le meilleur ami d'Arthur, celui qui l'a aidé à kidnapper Lauren dans ce roman publié il y a 15 ans.

Après être devenu écrivain par hasard (un peu comme Marc Lévy), Paul quitte son emploi d'architecte à San Francisco (où se déroule Et si c'était vrai) et s'installe à Paris, où on le retrouve plusieurs années plus tard. Il est amoureux à temps partiel de sa traductrice coréenne (ses romans connaissent un vif succès en Corée du Sud) lorsque Arthur et Lauren, pour lui jouer un tour, l'inscrivent sur un site de rencontres sur l'internet. C'est par cet imbroglio, donc, qu'il croise la route de Mia, une ravissante actrice britannique, venue se réfugier à Paris pour fuir un mariage en déroute et une carrière trop publique.

La Presse a rencontré Marc Lévy à Paris, la semaine dernière, alors qu'il faisait la promotion de ce nouveau roman.

Q/R

Pourquoi avoir renoué avec les personnages d'Et si c'était vrai et Vous revoir?

Par plaisir et par désir. J'en rêvais depuis longtemps parce que je me suis beaucoup attaché à ces personnages. Même si cela peut paraître étrange, les personnages de fiction que l'on côtoie longtemps deviennent presque des amis et finissent aussi par vous manquer quand on ne les a pas vus depuis longtemps. Ça faisait très longtemps que j'avais envie de les retrouver, mais je ne voulais pas le faire de façon forcée. Il fallait qu'une histoire s'y prête. Le personnage de Paul, architecte à San Francisco, quand j'ai eu l'idée de le faire devenir écrivain par hasard, ayant écrit un roman sans avoir eu l'idée de le publier et ayant quitté son pays pour aller s'installer à l'étranger, parce que surpris lui-même par le succès de ce premier roman, j'ai trouvé ça assez cocasse. Ça m'a ouvert cette fenêtre sur ces personnages, et ça m'a permis de les rappeler, comme un réalisateur fait appel à des acteurs ou personnages qu'il a aimés.

Dans plusieurs de vos romans, vous utilisez votre expérience personnelle comme point de départ à une histoire. Y a-t-il une partie autobiographique à Elle&lui?

C'est une comédie. Et je trouve que l'humour, c'est savoir se moquer de soi-même, avant de se moquer des autres. Paul est un personnage assez maladroit, assez gauche. Bien sûr, il y a des références. J'ai pris plaisir à me moquer de moi-même dans le roman. Il y a des moments qui sont tirés de ma propre expérience. Quand Paul va en Corée du Sud et ne comprend pas pourquoi il est populaire là-bas... Je me rappelle quand je suis arrivé au Viêtnam et qu'une jeune dame m'a arrêté dans la rue pour me demander une dédicace, j'étais sûr que c'était une caméra cachée. Il y a beaucoup de choses, d'empreintes, pas forcément autobiographiques, mais tirées de faits vécus. Il y a une chose qui me touchait dans ce livre. L'univers de l'écrivain est peu raconté dans les romans. Ça m'amusait d'ouvrir une fenêtre sur un écrivain qui n'est pas né écrivain. Ce que je raconte sur la façon dont il travaille la nuit, sur la relation qu'il entretient avec ses personnages... c'est mon quotidien.

Pour la première fois en 16 romans, vous campez l'histoire à Paris. Pourquoi avoir choisi ce décor?

Je me suis aperçu que j'avais fait des histoires partout dans le monde, mais pas à Paris. J'ai cette chance d'être publié dans 49 pays, mais je suis un romancier français. C'est quand même bizarre de ne pas, à un moment donné, rendre un hommage amoureux à sa propre ville. Je vis depuis des années à l'étranger. Je me suis dit qu'il serait peut-être temps que je parle de ma ville et de mon pays. C'est un cri d'amour à Paris, j'espère que cette partie-là est réussie et que ça donne envie de découvrir, de redécouvrir ou d'aimer Paris.

Elle&lui marque aussi pour vous un retour à la comédie. Pourquoi renouer avec ce genre?

Par envie. L'écriture a été pour moi un territoire de liberté extraordinaire. Je n'ai jamais voulu m'enfermer dans un genre. Par respect pour les lecteurs, je n'ai jamais voulu leur raconter la même histoire. Ou le même genre d'histoire. J'ai écrit des comédies, puis des romans historiques, deux thrillers, un fantastique. Dans l'air du temps, j'avais vraiment envie d'une comédie. À cette époque, j'avais envie d'un moment de bonheur, d'une bouffée d'oxygène. J'avais envie de faire rire. J'avais envie de m'amuser, d'apporter un moment de tendresse, de bonheur et de joie de vivre. C'est pas plus compliqué que ça.

Elle&lui

Marc Lévy

Robert Laffont, 418 pages

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