Biz: le porte-voix

Biz devant le graffiti qui illustre la couverture... (Photo: Robert Skinner)

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Biz devant le graffiti qui illustre la couverture de son livre.

Photo: Robert Skinner

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Rentrée littéraire 2011
Rentrée littéraire 2011

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Josée Lapointe

Il y a un an, Biz a surpris tout le monde avec un récit autobiographique dans lequel il racontait sa dépression de nouveau père. Il est de retour avec un premier roman de fiction écrit «à hauteur d'ado», où il leur prête sa voix et sa verve.

Dans La chute de Sparte, Biz décrit le parcours d'un élève de cinquième secondaire à la polyvalente Gaston-Miron. «Béton craquelé, plâtre jauni, métal rouillé et couleurs tristes», décrit Steeve en parlant de son école. On reconnaît rapidement le punch et le rythme du chanteur de Loco Locass, qui admet avoir beaucoup soigné son style. «C'est ce qui compte le plus pour moi quand je lis.» Biz ne sait pas s'il écrit de la prose comme il rappe, mais il estime avoir fait un effort pour varier les tempos, être agressif puis nuancé, passer d'un haïku à des moments introspectifs - ce que permet évidemment la forme romanesque par rapport à la chanson.

Ce qui est certain, c'est que l'écriture de ce livre, structuré comme une série de carnets ou un blogue, a été très facile et est venue beaucoup plus rapidement que prévu. Pas de syndrome de l'imposteur, donc, pour celui qui écrit des histoires depuis qu'il est tout petit, mais un certain soulagement: Biz ne se voit pas «se garrocher sur une scène» jusqu'à l'âge de la retraite...

«Ce livre montre que Dérives n'était pas un accident. Et c'est rassurant, parce qu'écrire est probablement la seule activité humaine qui se bonifie en vieillissant.» Mais c'est la durée, ajoute-t-il, qui lui donnera sa légitimité d'écrivain.

Son langage

C'est avec son langage, sa culture et son bagage «d'homme de près de 40 ans» que Biz a choisi de donner la parole aux jeunes. Steeve ne parle pas comme un ado... et c'est voulu. «Pas un ado ne s'exprime comme ça, n'a ce vocabulaire. Je le sais ! J'ai reformaté leurs mots et leurs pensées, je suis comme un cerveau qui assemble tous ces neurones et devient une parole unique.»

Il s'emballe, explique que les jeunes passent constamment sous le radar et que l'image négative qu'on en dresse finit par déteindre sur leur confiance en eux. « Je suis le paladin des jeunes ! » Il sourit. «Je sais que tu vas l'écrire, c'est correct...» On l'écrit, mais sans se moquer, parce que son affection pour les jeunes est sincère. Steeve devient ainsi la somme de tous ceux - très nombreux - qu'il a rencontrés et qui se sont confiés à lui depuis qu'il est devenu membre de Loco Locass il ya 10 ans. Un peu comme à un grand frère, ou à un moniteur de camp de vacances.

La jeunesse, constate-t-il, n'est pas monolithique, et c'est ce qu'il tente de montrer. «C'est vrai, tous les ados ne lisent pas Virgile ou Nietzsche, mais j'en ai connu un qui lisait Virgile, un autre qui lisait Nietzsche.» En a-t-il déjà entendu un discourir sur le multiculturalisme - un des chapitres du livre porte sur le sujet? «C'est vrai, des fois c'est moi qui parle. Les yeux d'un ado, c'est aussi une vitrine extraordinaire pour critiquer ma société.»

Au-delà des clichés

La chute de Sparte s'adresse aux jeunes, mais Biz rêve d'être lu par les adultes qui les entourent. Parce qu'on les connaît mal et que «ce qu'on ne connaît pas nous fait peur», pour aller au-delà des clichés, pour «montrer ce qui se cache derrière le rideau de cheveux» et faire partager cette richesse. «Mais je n'ai pas écrit une thèse non plus, je voulais d'abord raconter une histoire qui ferait passer un bon moment aux gens pendant les deux ou trois jours qu'ils prendraient pour la lire.»

Bien sûr, il ne passe pas à côté de sujets graves, comme l'intimidation et le suicide - sujet qui le touche particulièrement, puisque Loco Locass a écrit M'accrocher, la chanson du film Tout est parfait qui racontait un suicide collectif. Film, d'ailleurs, qui l'a inspiré pour le ton et l'approche documentaire.

Mais il y a aussi comme «un appel d'air» à la fin du livre, un horizon qui se dessine avec le secondaire qui se termine le cégep qui s'en vient. «Ceux qui passent à travers leur secondaire, ce sont eux, les véritables guerriers. Les ados sont des héros grecs», dit-il, soulignant que cette mythologie qui l'a inspiré est riche en enseignements et en métaphores. «Ce livre est un hommage fraternel à la jeunesse. Moi, j'ai confiance en elle et je la respecte, parce qu'elle est l'avenir.»

La chute de Sparte

Biz

Leméac, 168 pages




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