La bonne de Chagall: filouterie surréaliste ***1/2

Le deuxième roman de Karen Olsen (Élise et Beethoven) s'approprie... (image fournie par Les Éditions David)

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La PresseÉric Clément 3/5

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Le deuxième roman de Karen Olsen (Élise et Beethoven) s'approprie l'affaire Chagall, qui a secoué le milieu de l'art français dans les années 90.

La police avait découvert que le peintre Marc Chagall, mort en 1985, avait été victime du vol d'une vingtaine de lithographies et d'une soixantaine de gouaches entre les années 1987 et 1994, pour une valeur totale d'environ 50 millions de francs.

La romancière trifluvienne reprend l'histoire de ce larcin. La bonne du peintre franco-russe, Irène Menskoï, subtilisait les tableaux pour les confier à un courtier d'oeuvres d'art malhonnête qui a opéré sur la très naïve gouvernante un chantage mêlé de séduction et de fausses promesses.

Plutôt captivant, le livre se lit comme un thriller. Karen Olsen a fait un gros travail de recherche documentaire pour raconter cette affaire tout en abordant avec doigté la psychologie de chaque personnage. L'intérêt corollaire du roman est de nous transporter, sans lourdeurs, dans des réflexions sur la violence faite aux femmes, le machisme, les mécanismes de la trahison ou encore la grande naïveté des criminels... 

***1/2

La bonne de Chagall

Karen Olsen 

Les Éditions David

240 pages

Extrait

«[...] La discussion a commencé lorsque Picasso a demandé à Marc: ‟Quand allez-vous retourner en Russie?" Mon mari a répondu, le sourire aux lèvres: ‟Après vous. J'entends qu'on vous aime beaucoup là-bas - Picasso était communiste - mais pas votre travail. Allez, vous essayez et je vais attendre de voir comment vous faites." Picasso, mécontent de cette réponse a répliqué: ‟Je suppose qu'avec vous, il faut que ce soit une question de business. Vous n'irez pas, sauf s'il y a de l'argent à faire." Marc a été profondément offensé par les paroles de Picasso et un fossé de silence s'est creusé entre eux après l'échange. Par la suite, s'il devait parler de lui, il l'appelait ‟l'Espagnol" avec sarcasme ou il disait: ‟Quel génie, dommage qu'il ne sait pas peindre".»




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