Quelqu'un: écriture délicate et sens de la chute ***

Marie-Christine Blais
La Presse

Pas facile de provoquer chez le lecteur un sentiment de proximité et même d'affection pour une multitude d'êtres qui souffrent d'obsessions, de compulsions ou de troubles du comportement... C'est pourtant ce que réussit Sylvie Gendron avec son premier recueil de nouvelles, Quelqu'un.

En tout, 18 nouvelles, dont la majorité suivent des personnages un brin «dérangés», et donc dérangeants.

Comme le fait dire l'auteure montréalaise à l'un de ses mésadaptés ordinaires citant Camille Claudel, «il y a toujours quelque chose d'absent qui me tourmente»: la force de ce recueil est justement de nous donner la mesure du tourment et de l'absence qui habitent ces humains dont ni le déséquilibre ni la solitude n'attireraient pourtant l'attention dans une foule.

Avec un sens de la chute digne des grands conteurs et une écriture délicate, l'auteure pousse l'exercice encore plus loin en démontrant même que les désordres mentaux sont parfois des bouées de sauvetage, qui sauvent d'un péril bien plus grand qu'une obsession pour le chiffre huit ou qu'un délire verbal.

Le recueil aurait toutefois gagné à être un peu resserré - toutes les nouvelles ne sont pas d'égal intérêt ou écrites avec le même souffle.

* * *

Quelqu'un, Sylvie Gendron, L'instant même, 138 pages.




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