Maison d'édition Front froid: un vent de fantaisie

Les membres du collectif Front Froid lancent un... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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Les membres du collectif Front Froid lancent un nouvel album baptisé La ligne rouge. De gauche à droite : Julien Paré-Sorel, Gautier Langevin et Olivier Jobin.

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Depuis 10 ans qu'ils nous font découvrir les bédéistes de la relève. Ces jours-ci, les membres du collectif Front Froid lancent un nouvel album baptisé La ligne rouge. La Presse a rencontré quelques-uns de ses artisans: Gautier Langevin, Olivier Jobin et Julien Paré-Sorel.

Front froid est à la bédé ce que Fantasia est au cinéma. Ses titres font partie de ce qu'on pourrait appeler la bédé de genre: récits fantastiques, sciences-fictions, westerns, polars, tout y est. Logés dans les bureaux du Studio Lounak, à Montréal, ses artisans s'affairent à publier les têtes d'affiche de cette nouvelle vague. Une douzaine d'albums au total.

Le dernier-né de Front froid, La ligne rouge, a vu le jour l'an dernier dans les pages du journal Métro. Un «strip» de six cases publié deux fois par semaine pendant cinq mois. C'est l'ensemble de l'oeuvre qui paraît aujourd'hui. Paradoxalement, pour ces jeunes trentenaires censés bouder les journaux imprimés, on se rend compte qu'ils ont tout misé sur le papier!

«On voulait redonner le goût au journal et à ses lecteurs de lire de la bédé, nous dit le fondateur de Front Froid, Gautier Langevin. Il ne faut pas oublier que le journal a longtemps été une source de revenus pour les auteurs de bédé.»

«Aujourd'hui, on diffuse nos projets sur le web, mais c'est pas mal moins payant. C'est aussi une façon de sortir de la sphère des amateurs de bédé pour rejoindre plus de gens, une des missions de Front Froid.»

Le projet financé en partie par le Conseil des arts de Montréal devait répondre à deux critères: l'action devait se passer sur le territoire de l'île, dans le réseau des transports collectifs. D'où cette «ligne rouge». Une ligne de métro clandestine dans laquelle se trouve engouffré un petit garçon hyperactif, Arnaud, qui échappe à la surveillance de sa soeur, et qui croisera sur son chemin des créatures fantastiques, dont un personnage qui fait disparaître les habitants de ce lieu...

Un défi quotidien

La publication de la série dans un journal imprimé a été un véritable défi, nous dit Julien Paré-Sorel, qui a fait les dessins finaux. «Contrairement au web, où l'on peut toujours faire des modifications, la publication papier nous a forcés à livrer des versions impeccables, avec des petits punchs dans chaque strip, même s'il fallait aussi que ça forme un tout cohérent à la fin. Comme nous étions cinq, on a tous travaillé à temps partiel.»

Ce mode de production accéléré a incité Front froid à déployer un bataillon de cinq artistes de la maison : Olivier Jobin et Dominique Carrier au scénario, Jeik Dion au découpage graphique, Julien-Paré Sorel à l'encrage et Olivier Carpentier à la couleur. Un modèle fréquent dans la production de «comic strips» américains et japonais, nous dit Gautier Langevin, auteur de la série Far Out, qui voulait en faire l'essai.

Le coauteur, Olivier Jobin, avoue s'être inspiré des univers fantastiques de Philémon (Fred), mais aussi de l'esthétique du cinéaste Jean-Pierre Jeunet... «Il y a aussi quelque chose d'Alice au pays des merveilles, dans la mesure où le personnage du petit garçon passe à travers un miroir pour accéder à l'univers fantastique de cette ligne rouge. Le but étant ultimement de s'en sortir.»

L'équipe de création était également consciente de l'importance de créer des personnages auxquels les gens pourraient s'attacher.

«Il nous fallait des personnages forts, une histoire qui intéresserait les jeunes, mais aussi les adultes. Arnaud, Stéphanie, Bongo, je pense que les gens se sont attachés aux personnages, nous dit Julien Paré-Sorel. On a aussi ajouté plein de petits clins d'oeil que les utilisateurs du métro reconnaîtront, que ce soit pour représenter certaines des oeuvres d'art qu'on retrouve dans les édicules, ou même en représentant les usagers eux-mêmes, qu'on a beaucoup observés.»

Front froid a l'intention de sortir un nouvel album de sa collection Le Front en mai (sur le thème du cyberpunk), qui mettra en vedette cinq à six jeunes bédéistes, ainsi qu'une suite à L'hiver nucléaire de Cab (Caroline Breault), l'un des ouvrages les plus vendus de la collection Anticyclone avec plus d'un millier d'exemplaires vendus. L'album couleur, dont l'action se déroule dans le Mile End, sera lancé au mois de juillet prochain, dans le cadre du Comiccon de Montréal.

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