Le festival d'Angoulême veut faire oublier la controverse

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Alain JEAN-ROBERT
Agence France-Presse
Angoulême

Le 43e Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (FIBD) ouvre ses portes jeudi jusqu'à dimanche et voudrait faire oublier les soupçons de sexisme dont il a été accusé après avoir oublié de sélectionner des femmes pour le Grand prix 2016.

Une femme, l'illustratrice française, Claire Wendling, 48 ans, auteur des Lumières de l'Amalou, s'est retrouvée finalement parmi les trois finalistes du Grand prix mais c'est un homme - au talent unanimement reconnu -, le dessinateur belge Hermann qui a reçu mercredi soir le Grand prix de la ville d'Angoulême, l'un des plus prestigieux prix de la bande dessinée remis dans le monde.

Considéré comme l'un des plus grands dessinateurs réalistes de la bande dessinée franco-belge, Hermann, 77 ans, a su aborder une multitude de genres, allant du western (Comanche), au récit d'anticipation (Jeremiah), en passant par la saga médiévale (Les tours de Bois-Maury), la grande aventure (Bernard Prince), le fantastique (Abominable) et le thriller (Une nuit de pleine lune).

Son dernier album, Old Pa Anderson, magnifique ouvrage sur la ségrégation raciale dans le Sud des États-Unis au début des années 50, publié la semaine dernière aux éditions Le Lombard a été réalisé avec son fils, Yves H., qui signe le scénario. Le père et le fils ont pris l'habitude de collaborer et ont signé de nombreux ouvrages à quatre mains.

Hermann succède au dessinateur japonais de mangas, Katsuhiro Otomo, 61 ans, lauréat du Grand prix du FIBD l'an dernier et invité d'honneur du Festival cette année.

Interrogé lundi à Paris sur les accusations de sexisme dans le monde la BD, le «mangaka» a expliqué en substance que l'art n'a pas de sexe.

«Dans le monde de la BD ou du manga, seul le talent compte. Il faut travailler. La différence de sexe n'a pas d'importance. Seules les oeuvres sont intéressantes», a dit l'auteur d'Akira, un manga vendu à plus d'un million d'exemplaires en France.

Hommage à Lucky Luke

Jeudi, c'est un éternel jeune homme de 70 ans qui sera la vedette. Lucky Luke, le cow-boy qui «tire plus vite que son ombre» est au centre d'une exposition qui durera bien au-delà du Festival, jusqu'au 18 septembre 2016.

À travers Lucky Luke c'est son créateur, le Belge Morris, disparu en 2001, qui sera enfin honoré.

Fait rare dans l'univers de la BD, Morris (Maurice de Bevère pour l'état-civil) est l'homme d'une seule oeuvre. Il a dessiné pas moins de 70 albums des aventures du célèbre cow-boy, aidé pour le scénario, dans 35 albums, par le génial scénariste René Goscinny (également auteur d'Astérix et du Petit Nicolas).

Traduits en 29 langues, les albums de Lucky Luke se sont écoulés depuis sa création à plus de 300 millions d'exemplaires.

Un nouvel album de Lucky Luke est attendu d'ici la fin de l'année avec Jul, le dessinateur de Silex and the City au scénario et Achdé pour le dessin.

Deux albums hommages sont également annoncés: un Lucky Luke réaliste par Matthieu Bonhomme et un Lucky Luke à l'humour déjanté par Bouzard.

Outre l'exposition consacrée à Morris, le FIBD organise de nombreuses autres manifestations témoignant du foisonnement créatif de la BD.

Il faudra attendre samedi soir pour connaître les noms des lauréats de la compétition officielle et notamment le prochain Fauve d'or du meilleur album, le prix le plus convoité par les auteurs et les éditeurs de BD.

Quarante titres sont en compétition pour décrocher la précieuse récompense dont le 2e tome de L'Arabe du futur de Riad Sattouf qui avait décroché le titre l'an dernier avec le premier tome de sa série sur son enfance en Libye puis en Syrie.

Le jury chargé de remettre les Fauve est présidé cette année par l'ex-diplomate Antonin Baudry, scénariste de Quai d'Orsay sous le pseudonyme d'Abel Lanzac.

Depuis sa création en 1973 et avec une fréquentation moyenne de 200 000 personnes chaque année, Angoulême est le premier festival consacré à la bande dessinée en Europe.

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