Cali: ma vie en livres

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Le chanteur français Cali vient de publier le livre Seuls les enfants savent aimer. 

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Josée Lapointe

Le chanteur français Cali vient de publier un premier livre très touchant, Seuls les enfants savent aimer, où il raconte l'année qui a suivi la mort de sa mère alors qu'il n'avait que 6 ans. Nous avons profité de son passage à Montréal la semaine dernière pour parler avec lui de ses lectures marquantes, qu'il nous a racontées avec autant d'intensité que lorsqu'il chante.

Un livre que vous avez lu récemment et que vous recommandez

Personne ne gagne, de Jack Black

«C'est important parce que c'est un livre sur la rédemption. Il a été publié en 1926. Ce qui est magnifique, c'est que c'est le seul livre que cet auteur a écrit. Il n'avait même pas prévu le faire! Cet homme a été voleur toute sa vie ; il n'a fait que ça, voler. Mais il aimait les gens et on a beaucoup d'empathie pour lui, ce qui est troublant. Un jour, un juge lui a dit qu'il pourrait en prendre jusqu'à perpétuité, mais il lui a dit: "Je te fais confiance et je te laisse aller." Il n'a pas voulu trahir la confiance, il est entré dans un journal, et c'est la fille de Laura Ingalls, [auteure] de La petite maison dans la prairie, Rose Wilder, qui était une grande journaliste, qui l'a encouragé à écrire ce livre. Et moi, ça m'a bouleversé, car j'adore La petite maison dans la prairie...»

Un livre auquel vous revenez toujours

L'attrape-coeurs, de J.D. Salinger

«Je l'ai toujours dans ma valise. Je l'ai lu pendant mon adolescence, et depuis, je le relis et le relis. Il me suit partout. Pour moi, c'est la quintessence absolue de l'adolescence, où le corps évolue, où on est mal dans sa peau, où on a l'impression d'être seul au monde alors que tous les ados sont pareils. Il y a une pureté totale dans ce livre. Même si le personnage, Holden Caulfield, ment beaucoup et qu'il va dans des endroits mal famés, il ne fait rien de mal. Et dans le fond, la pureté, c'est sa petite soeur qu'il voudrait juste retrouver. Je trouve ça merveilleux. À l'adolescence, on a besoin d'un point d'attache; moi, c'était mes amis, lui, c'est sa petite soeur.»

Un livre qui vous a aidé à passer à travers l'adolescence

Women, de Charles Bukowski

«Ma grande soeur lisait beaucoup, et j'étais gêné de ne pas lire autant. Alors je suis allé dans la bibliothèque de mon père et j'ai pris trois livres: La métamorphose de Kafka, Le pantalon d'Alain Scoff, et Women de Charles Bukowski. Ce livre m'a vraiment mené à l'homme. J'en ai lu beaucoup d'autres après, j'ai moins culpabilisé sur plein de choses, et il m'a mis sur le chemin d'autres auteurs comme John Fante ou Richard Brautigan. Bukowski, je le recommande aux adolescents en général. On sort de l'école, où on a lu tous ces classiques, où on nous dit: l'écriture et la lecture, c'est ça. Je comprends pourquoi, il faut un bagage commun et tout, et j'adore Victor Hugo. Mais Bukowski, c'est fuck le classique, quoi ! Ça vient du ventre, du coeur, du sexe, de tout ce qu'on veut. Et ce qui est craché comme ça, ça aussi, c'est de la littérature.»

Votre roman d'amour préféré

L'amour aux temps du choléra, de Gabriel García Márquez

«Ce couple qui s'aime et qui se fait des promesses quand ils sont jeunes. Elle qui passe toute sa vie avec un docteur pour des raisons sociales. Lui qui l'attend. Les deux qui se retrouvent quand ils sont vieux. J'ai trouvé ça merveilleux, c'est l'amour absolu, ça m'a bouleversé totalement. Il y a aussi un roman actuel qui a été publié il y a une poignée d'années par un auteur français qui s'appelle Diastème, le titre est 107 ans. Quand je l'ai fermé, je me suis dit: "Tu viens peut-être de lire le plus grand roman d'amour." C'est puissant.»

Votre prochaine lecture

Correspondance (1944-1959), d'Albert Camus et Maria Casarès

«Je l'ai déjà acheté. J'adore les correspondances. Par exemple, celle de Mitterrand avec Anne Pingeot m'a touché. J'aime que l'amour soit tellement puissant, brûlant, fou, qu'on ne puisse pas se passer de parler à l'autre. Aujourd'hui, on peut s'écrire des SMS toutes les 20 secondes, mais là, ils sont au bout du monde, ils mettent tout leur ventre, leur coeur, il faut que les mots d'amour soient tellement brûlants et puissants que même après avoir pris quelques jours pour traverser l'océan, ce soit encore chaud quand la personne le lit. Voilà. C'est ce qui me touche. Quand on regarde les dates, on voit même que souvent les lettres se croisent, parce qu'ils sont à fond! Avec ces conneries de SMS, il n'y a plus ça. On devient banal.»

Un auteur important dans votre vie

Oscar Wilde

«J'ai lu Oscar Wilde pendant une longue période. J'ai pu souffrir avec lui. Quand il était en prison, à cause de son statut d'homosexuel, il a écrit des choses qui aujourd'hui seraient encore folles de subversion. Je suis conscient qu'il faut lire Proust, mais ce qui m'a agrippé directement comme lecteur, c'est Wilde. J'aime la littérature qui secoue, sinon ça ne sert à rien. Je me souviens quand j'ai lu Lent dehors de Philippe Djian. Je suis chez moi, j'ai 25 ans, je lis ce livre et je me rends compte que c'est vertigineux, qu'il ne faut pas arriver au bout. Je ralentis, je le mets de côté, je le cache pour ne pas le retrouver. Puis à 3 h du matin dans mon lit, je lis les 10 dernières pages, puis je prends le livre et je l'éclate complètement contre le mur. C'est la force d'un livre. Je ne me souviens pas de l'histoire, mais précisément de ce sentiment.»




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