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Cinq raisons de lire La détresse et l'enchantement

Gabrielle Roy (1909-1983)... (photo fournie par Dimédia)

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Gabrielle Roy (1909-1983)

photo fournie par Dimédia

Depuis longtemps, la comédienne Marie-Thérèse Fortin porte en elle La détresse et l'enchantement, chef-d'oeuvre autobiographique de Gabrielle Roy. Elle lira un collage de textes, patiemment travaillé, et mis en scène par Olivier Kemeid, dans une série de 12 représentations au TNM. Elle incarnera aussi, en quelque sorte, Gabrielle Roy, dans cette troublante ressemblance entre la comédienne et l'écrivaine. Une porte d'entrée pour découvrir une oeuvre capitale, dont elle nous donne cinq bonnes raisons de la lire.

Pour l'humanisme

«Quand j'ai lu La détresse et l'enchantement, quelques mois après sa publication, j'étais une jeune comédienne qui sortait de l'école, et ce qui ressortait de son autobiographie, c'était l'immense humanisme qui s'en dégageait. C'est un récit qui dépeint un parcours très intimiste, une réalité assez complexe et particulière, qui est le fait francophone au Manitoba, et les aspirations de cette jeune femme-là à se dépasser, sa détermination à trouver sa vraie voie (et sa vraie voix). Elle a été assez tôt consciente qu'il y avait quelque chose à sacrifier pour devenir ce qu'elle pressentait être ou ce à quoi elle aspirait. Ça m'a vraiment touchée, cet aspect-là de son récit.»

Pour la justesse

«C'est un livre qui a marqué bien des gens, et tous ceux qui l'ont lu disent toujours: "c'est tellement vrai!" C'est la phrase qui revient le plus souvent. C'est une écriture en apparence simple, mais elle est très juste, sans rien sacrifier à la profondeur, avec un regard qui pénètre au coeur des choses et des êtres. C'est ce qui nous rejoint aussi fortement.»

Pour l'humour

«Son humour est assez piquant. On sent chez elle le petit regard un peu narquois, pas trop dupe des travers des autres, mais aussi de ses propres travers. Ce n'est pas un humour cinglant ou cynique, mais vraiment narquois, je dirais. Elle se met du même côté que les gens qu'elle décrit, dans une forme de compréhension et d'acceptation. Elle ne décrit jamais qu'un individu, mais le genre humain dans son ensemble. Tous ceux qui l'ont connue disent qu'elle était une admirable conteuse. Nous avons d'elle l'image d'une femme introvertie, assez timide, mais elle pouvait au contraire être très énergique et très drôle.»

Pour la fluidité

«J'ai fait un montage d'à peu près 50 pages à partir d'une brique, et en travaillant sur ce montage, j'ai réalisé combien la structure du livre est complexe. Mais on ne le sent jamais. Il y a une telle fluidité dans le récit, tout ça se structure de façon très naturelle, mais on ne sent jamais la complexité, parce qu'il y a comme un souffle qui emporte tout ça.»

Marie-Thérèse Fortin lisant des extraits de La détresse et l'enchantement... (PHOTO PIERRE CRÉPÔ, FOURNIE PAR LE FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA LITTÉRATURE) - image 2.0

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Marie-Thérèse Fortin lisant des extraits de La détresse et l'enchantement au Festival international de la littérature.

PHOTO PIERRE CRÉPÔ, FOURNIE PAR LE FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA LITTÉRATURE

Pour l'actualité

«Ce qui est au coeur de son autobiographie, la question qu'elle pose d'entrée de jeu, c'est le fait francophone au Canada et, par conséquent, en Amérique du Nord. Toutes les interdictions qu'elle a vécues autour de ça, la difficulté de garder son identité, l'héritage de sa lignée... La façon dont elle traite cette question-là m'apparaît extrêmement moderne, c'est pertinent de réentendre ça aujourd'hui. Il y a un aspect historique dans ce récit qui, je pense, nous permet de savoir comment ça se passait et de pouvoir mettre en perspective comment ça se passe maintenant. De réfléchir à où on est maintenant, de mettre au centre aussi cet adage, ‟Je me souviens", quand on ne se souvient pas de grand-chose. C'est aussi une voix féminine qui peut parler beaucoup aux jeunes femmes d'aujourd'hui, car il y a quelque chose en filigrane dans ce récit, et c'est ce qu'il faut abandonner pour naître. Elle pose la question de la relation à la mère, qu'elle sent le besoin d'abandonner et, en même temps, en restaurant constamment son importance dans sa vie et dans son oeuvre, mais sans rupture et sans acrimonie.»

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La détresse et l'enchantement, avec Marie-Thérèse Fortin, dans une mise en scène d'Olivier Kemeid, du 27 février au 10 mars au Théâtre du Nouveau Monde




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