Quatre - contre les loups: à quatre mains !

Sonia Sarfati et son fils Lou Victor Karnas... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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Sonia Sarfati et son fils Lou Victor Karnas ont créé à quatre mains Quatre - contre les loups, sorte de roman-bédé.

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Elle est tombée dans la marmite des superhéros et autres Gollum de ce monde quand elle était petite. La journaliste culturelle de La Presse Sonia Sarfati, qui a signé une quarantaine d'albums et de romans jeunesse depuis 25 ans, fait aujourd'hui une première incursion dans le monde de la bédé. Avec son fils Lou Victor Karnas !

Livre

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Livre "Quatre contre les loups" de Sonia Sarfati et Lou Victor Karnas

Les Éditions de l’homme

Difficile de mettre Quatre - contre les loups dans une case. Il s'agit bel et bien d'un roman, mais abondamment illustré - le tiers du livre ! Sonia Sarfati et Lou Victor Karnas préfèrent parler de roman-bédé. Mère et fils se passent ainsi le témoin pour raconter cette intrigue policière inspirée du film Kick-Ass.

« Je voulais faire un Kick-Ass pour les plus jeunes ou un The Incredibles pour les plus vieux », nous dit Sonia Sarfati, qui a abordé l'écriture de ce roman à la manière d'un scénario de film. Une histoire sur les origines d'un groupe de jeunes qui n'ont pas de pouvoirs de superhéros, mais qui en portent le costume !

Nous sommes dans la petite ville d'Eastwood. Une bande d'amis d'école se forme malgré leurs divergences. Ils unissent leurs efforts pour chasser le gang du Wolfpack qui terrorise les habitants, mais surtout pour sauver la maison hantée du vieux parc d'attractions de la ville que veut raser l'aspirant maire Bernard Douglas.

Double vie

Felix, Léonie, Zack et Miguel mènent donc une double vie : une fois leurs costumes revêtus, les jeunes élèves deviennent les Quatre justiciers Rei, Effie, Babe et Pep. Ils seront guidés par une certaine Ma'Sherlie, mystérieuse locataire de la maison hantée, sorte de mentor - à la manière de Splinter des Tortues Ninja !

« Le monde des superhéros m'a toujours fascinée. Quand j'avais une dizaine d'années, j'avais inventé une histoire où Bat-Boy combattait le crime avec Robinet ! nous dit Sonia Sarfati en s'esclaffant. Mon collègue Marc-André Lussier a souvent dit qu'il y avait un garçon de 12 ans dans ma tête ! »

Une fois l'histoire bien déployée, l'auteure s'amuse à faire des liens entre les personnages. Quelle est la motivation de Bernard Douglas ? Qu'est-ce qui le lie à la mère de Felix ? Pourquoi le gang des Wolfpack frappe-t-il ? Comment se fait-il que la police n'intervienne pas ? La journaliste est tapie derrière l'auteure...

Quant aux personnages secondaires - un professeur itinérant, une jeune geek (Chloé) qui écrit dans le journal étudiant - tous autant qu'ils sont jouent un rôle dans cette intrigue.

Un pied dans le surréalisme

Les dessins de l'animateur et illustrateur Lou Victor Karnas nous rappellent que nous sommes quand même dans un monde surréaliste. Un monde proche de l'univers visuel de Samouraï Jack, série télévisée déterminante dans le parcours de l'artiste, admiratif de la facture visuelle et des ambiances créées par l'Américain Genndy Tartakovsky.

On s'en rend vite compte, ses personnages sont plus grands que nature. 

« Je ne voulais pas que les scènes d'action soient réalistes. J'ai aussi été influencé par la série Dragon Ball, où les personnages pouvaient détruire des planètes avec leurs mains ! Je voulais retrouver ce côté épique des combats », explique Lou Victor Karnas.

L'écriture, bien tassée, fourmille d'action. « Je voulais que l'écriture reflète la bande dessinée, détaille Sonia Sarfati. Je voulais que même en lisant les pages de textes, on ait l'impression de voir une bédé. Il a fallu pour ça trouver le bon rythme. Il y a aussi, je crois, des scènes extrêmement visuelles. »

Et travailler avec sa mère ?

Il s'agit de la troisième collaboration de Lou Victor Karnas avec sa mère, mais certainement son projet artistique le plus important. Comment a-t-il vécu l'expérience ?

« On a beaucoup d'intérêts communs, nous dit le jeune homme de 24 ans. Sur le plan créatif, ç'a été très fluide. C'est Sonia qui m'a initié à Buffy et à Star Trek quand j'étais petit, donc toute la pop culture un peu geek, le dessin animé, les histoires de superhéros, c'est avec elle que j'ai découvert ce monde-là. »

Sonia Sarfati parle de « connivence émotive ». « Au départ, Lou a commencé à faire des scènes d'action et de combat, mais il a également introduit tous les personnages de Quatre - contre les loups avec l'émotion qu'il fallait. À mesure qu'on avançait, il a fallu que j'adapte mon écriture pour entrer et sortir de la bédé. Ça s'est vraiment fait à deux. »

Une suite ?

Quatre - contre les loups a été conçu comme une histoire à part entière, mais si, d'aventure, une suite lui était demandée, l'auteure serait en mesure de poursuivre sa série.

« Il y a des indices pour un prochain album même si l'histoire se tient. Dans celui-ci, c'est un peu la quête de Felix, qui veut sauver le parc - pour des raisons liées au parcours de ses parents -, mais rien ne m'empêche dans une suite de suivre la quête de Léonie et des deux autres. On pourrait en faire quatre ! »

Chose certaine, l'album pourrait être plus graphique. « On pourrait faire un album qui serait à moitié écrit, à moitié dessiné, croit Sonia Sarfati. Je pense que le volet bédé peut prendre beaucoup plus de place. Ce qu'on a fait, c'est un genre qui n'existait pas, donc on a appris en le faisant. »

Quatre - contre les loups

Sonia Sarfati et Lou Victor Karnas

Éditions de l'Homme

272 pages




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