Patrice Dubois: ma vie en livres

Patrice Dubois est directeur artistique du Théâtre PÀP.... (Photo Mathieu Waddell, La Presse)

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Patrice Dubois est directeur artistique du Théâtre PÀP.

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Josée Lapointe

Patrice Dubois travaille sur la mise en scène du Déclin de l'empire américain, qu'on pourra voir à l'Espace Go cet hiver, et sur celle de Délivrance, de Jennifer Tremblay, présenté au Théâtre d'aujourd'hui en septembre. Il a aussi fait la mise en lecture de Filles en liberté de Catherine Léger, qui sera présenté mercredi lors de l'ouverture du festival Dramaturgies en dialogue qui se déroule du 25 au 31 août au Théâtre d'Aujourd'hui. Il nous parle de sa vie en livres.

Votre premier souvenir de lecture?

La petite bibliothèque de ma chambre comprenait la collection, commandée par la poste, des livres «Un bon exemple de», chez Grolier. Prévoyance, compréhension, détermination ou persévérance étaient les titres de cette collection qui parcourait les biographies de personnages célèbres, de Maurice Richard à Louis Pasteur en passant par Helen Keller. Les valeurs parfaites des héros offraient à ma génération l'espoir d'un monde meilleur, dans le brouillard des années 80. Ça remplaçait en quelque sorte la Bible illustrée, tout juste tombée en désuétude. Jackie Robinson, pour son courage et aussi parce qu'il jouait au baseball, était mon préféré.

Le livre qui a changé votre vie?

Allons-y pour L'étranger de Camus. C'est la page couverture qui m'avait servi de clé pour entrer dans ce livre. Vous vous souvenez, la tache jaune énigmatique et la silhouette d'un homme qui s'en détache? Ça représente bien sûr le soleil éblouissant qui aveugle Meursault pendant la terrible scène du meurtre sur la plage. J'ai lu ce livre à 16 ans, je crois, tout juste après avoir découvert la pièce Les justes, du même Camus. Je garde de cette lecture un sentiment très profond, comme une vibration sourde. Je n'en comprenais pas toute la portée philosophique, mais on s'en fout, non? L'histoire est tellement bonne.

Le livre qui est sur votre table de chevet en ce moment?

La source vive d'Ayn Rand. Depuis quelques années, la version originale, The Fountainhead, traînait dans ma bibliothèque. J'attendais de le trouver en version française avant de le lire. C'est fait. On est plongé dans le New York des années 30, en pleine effervescence architecturale. Tout est alors à faire. La grandeur de l'Amérique passe par les majestueux bâtiments qu'on érige, les sièges sociaux, les banques, les gratte-ciel. On suit la carrière de deux jeunes architectes que tout oppose dans la manière d'aborder la vie, la carrière et la société, mais qui sont tous les deux décidés à marquer leur époque.

Le livre que vous relisez tout le temps?

Je retourne fréquemment piocher dans L'Encyclopédie du savoir relatif et absolu de Bernard Werber. C'est une sorte de carnet de bord élaboré pendant plusieurs années par son auteur et qui regroupe des définitions de différents concepts scientifiques, philosophiques ou métaphysiques. Je ne sais pas jusqu'à quel point tout ce qui y est cité est vérifiable, mais chacune des définitions ouvre sur une réflexion ludique ou profonde. Tripant.

Le livre que vous n'avez jamais lu, vous ne savez pas pourquoi?

Les maîtres anciens de Thomas Bernhard. J'aime tellement cet auteur dont j'ai lu plusieurs titres: Des arbres à abattre, Le faiseur de théâtre ou encore Mes prix littéraires. En bon touriste, je suis même allé au Café Bräunerhof à Vienne, là où il avait semble-t-il ses habitudes. J'aime sa dégaine, son observation crue et saisissante de la nature humaine. J'aime le commentaire acide qu'il assène à ses contemporains et l'humour qui se dégage de son écriture. Il a écrit de nombreux romans et plusieurs pièces de théâtre. J'aimerais d'ailleurs jouer dans une de ses pièces.

Ce que vous avez l'intention de lire cet automne?

Mes fonctions de directeur artistique au Théâtre PÀP m'amènent à lire beaucoup de textes de théâtre. Ce sont des textes en chantier ou plus achevés qui me sont soumis par des auteurs ou que je vais moi-même chercher. Côté roman, je vais sans doute oser entrer dans l'univers glauque et fascinant de David Goudreault très bientôt. On m'a dit tellement de bien des deux romans, La bête à sa mère et La bête et sa cage. J'ai aussi Deux jours de vertige d'Eveline Mailhot et Les Sanguines d'Elsa Pépin qui sont là, pas très loin, et qui m'attendent.

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