Livre culte: L'étranger d'Albert Camus

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Durant l'été, nous revenons sur des livres qui ont marqué leur époque.

Le livre 

«Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.» Ainsi débute le premier roman d'Albert Camus, publié en 1942. En fait, c'est son deuxième, car Camus avait écrit un premier roman, La mort heureuse, au milieu des années 30. Son mentor, l'écrivain et philosophe Jean Grenier, l'avait convaincu de le ranger dans un tiroir. Il a finalement été publié 11 ans après sa mort, en 1971. Traduit dans une quarantaine de langues, vendu à plus de huit millions d'exemplaires, L'étranger figure sur de nombreuses listes de «livres qu'il faut avoir lu une fois dans sa vie». 

L'histoire 

Meursault, un employé de bureau, assiste sans émotion aucune aux funérailles de sa mère. Lors d'une promenade, il assassine un homme sur la plage. La deuxième partie du roman raconte son procès. «C'est un texte qui s'attaque aux concepts de causalité et de détermination dans nos vies, explique Pierre Hébert, professeur au département des lettres et communications à l'Université de Sherbrooke. Pourquoi a-t-il tué? Parce qu'il était aveuglé par le soleil. C'est absurde. Les jeunes aiment lire Camus car c'est une pensée contemporaine qui les aide à se positionner par rapport à la peine de mort et au terrorisme, par exemple.»

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Le style 

On dit que L'étranger est le livre jumeau de l'essai Le mythe de Sisyphe qui aborde aussi la thématique de l'absurde. «Le style employé dans L'étranger est d'ailleurs d'une grande importance, note le professeur Pierre Hébert. Il n'y a pas de subordonnées, les phrases sont courtes, juxtaposées. L'auteur pousse le lecteur dans ses derniers retranchements.» Dans la revue Situations, Jean-Paul Sartre écrit: «Bien que l'absurdité de la condition humaine en soit l'unique sujet, ce n'est pas un roman à thèse; il n'émane pas d'une pensée "satisfaite" et qui tient à fournir ses pièces justificatives; mais c'est, au contraire, le produit d'une pensée "limitée, mortelle et révoltée".» 

Le film 

C'est la veuve de Camus, Francine (Faure) Camus, qui a fait les premiers contacts afin d'adapter L'étranger au cinéma. On dit que c'est elle qui aurait choisi Luchino Visconti qui en a fait une adaptation très fidèle. De son vivant, Camus ne voulait rien entendre de l'adaptation de son roman. Sa veuve aurait donc refusé le premier scénario élaboré par Visconti, lui préférant une adaptation du livre, classique et fidèle. Le film, qui reçoit des critiques tièdes, sort en 1967 et met en vedette l'acteur italien Marcello Mastroianni dans le rôle d'Arthur Meursault. Marie est interprétée par Anna Karina. 

La face B de L'étranger 

En 2013, l'écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud publie Meursault, contre-enquête, une sorte de réponse-hommage au livre d'Albert Camus. «Aujourd'hui, M'ma est encore vivante», écrit Daoud dans ce livre qui donne la parole à Haroun, le frère de l'Arabe assassiné par Meursault dans L'étranger. Cet Arabe avait d'ailleurs un nom, rappelle le narrateur. Cet Arabe anonyme s'appelait Moussa. À travers son narrateur, Daoud propose de manière très habile une réflexion sur l'identité. Lauréat du prix François-Mauriac en 2014, le livre remporte également le Goncourt du premier roman en 2015.

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