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Décès de la romancière française Benoîte Groult

Benoîte Groult lors de sa venue à Montréal... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Benoîte Groult lors de sa venue à Montréal en septembre 2006.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

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Agence France-Presse
Paris

La romancière française et grande figure du féminisme Benoîte Groult, 96 ans, auteure d'Ainsi soit-elle, est morte dans la nuit de lundi à mardi «dans son sommeil», a-t-on appris auprès de sa fille.

«Elle est morte dans son sommeil comme elle l'a voulu, sans souffrir», a indiqué à l'AFP sa fille, Blandine de Caunes.» Elle a eu une tellement belle vie». Il y a le choc de la mort mais c'est mieux ainsi car elle n'allait pas très bien».

Benoite Groult était venue à l'écriture à la quarantaine et, après avoir fait ses gammes avec sa soeur Flora (Le journal à quatre mains, Le féminin pluriel, et Il était deux fois), elle avait signé seule en 1972 un premier roman, La part des choses.

Trois ans plus tard, à 55 ans, Benoîte Groult avait publié Ainsi soit-elle, un essai virulent sur la condition imposée aux femmes. Ce livre-manifeste était devenu un éclatant succès de librairie avec un million d'exemplaires vendus et de multiples traductions.

Née le 31 janvier 1920 à Paris de parents plutôt mondains (son père est décorateur, sa mère, soeur du couturier Paul Poiret, est elle-même styliste), Benoîte Groult, grandit dans une famille fantasque, sans cesse rabaissée par une mère qui ne la juge ni jamais assez belle, ni jamais assez brillante.

Professeur de lettres puis journaliste, Benoîte Groult mène la vie d'une jeune femme de son époque et de son milieu social. Trois maris (dont le journaliste Georges de Caunes et l'écrivain Paul Guimard), trois enfants.

«Je me sentais une citoyenne de seconde zone, absente au monde et j'ai effectivement mis du temps à me réveiller», expliquera-t-elle plus tard.

En 1984, elle est chargée par Yvette Roudy, la ministre socialiste des droits de la femme, de présider la Commission de terminologie pour la féminisation des noms, et se heurte à l'opposition de l'Académie française qui la traite de «précieuse ridicule».

D'une plume alerte, mordante, elle écrit ensuite plusieurs romans dont Les trois-quarts du temps (1983), récit attrayant dénonçant la phallocratie, puis Les vaisseaux du coeur (1988), une histoire d'amour qui sera un autre succès de librairie.

En 2006, avec La touche étoile, elle s'attaque à un autre tabou, la vieillesse et la mort librement consentie. Pour elle, «le refus de la naissance choisie et de la mort choisie, c'est la même idéologie contre la liberté».

En 2008, elle publie son autobiographie, intitulée «Mon évasion» où elle confie qu'avec le recul, elle a «l'impression d'avoir vécu une interminable course d'obstacles».

En 2013, elle publie une biographie de la révolutionnaire française Olympe de Gouges, pionnière du féminisme français.

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