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Quatre libraires disparus avouent un commerce «illégal»

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Agence France-Presse
Hong Kong

Quatre employés d'une maison d'édition hongkongaise connue pour ses titres critiques envers Pékin et qui sont détenus par les autorités chinoises ont déclaré à la télévision avoir fait passer illégalement des livres en Chine.

L'affaire des libraires disparus secoue l'ancienne colonie britannique revenue en 1997 dans le giron de Pékin.

Dans des entrevues séparées diffusées dimanche soir par la chaîne Phoenix TV, dont le siège est à Hong Kong, les quatre hommes ont reconnu s'être livrés à un commerce illégal de livres. Il n'a pas été possible de déterminer si ces aveux ont été obtenus ou non sous la contrainte.

De nombreux Hongkongais s'inquiètent d'une mainmise de plus en plus grande de Pékin sur la région semi-autonome et les défenseurs des droits dénoncent les «tactiques d'intimidation» de Pékin à l'encontre des disparus.

Les quatre libraires font l'objet d'enquêtes criminelles en Chine.

«Ce type (de publications) n'est pas autorisé par les autorités chinoises», a déclaré Gui Minhai, un ressortissant suédois qui avait disparu en octobre alors qu'il était en Thaïlande.

Les libraires «cherchaient les moyens d'échapper aux inspections» des autorités chinoises, par exemple en changeant les couvertures des livres ou en cachant les livres eux-mêmes, ajoute-t-il.

La maison d'édition Mighty Current était connue pour publier des ouvrages peu amènes envers Pékin et des ouvrages salaces sur la vie privée des hauts responsables politiques du continent.

M. Gui avait déjà fait une sidérante confession à la télévision chinoise, affirmant être allé en Chine pour assumer ses «responsabilités légales», 11 ans après une condamnation dans une affaire d'accident de la route.

Ses collègues Cheung Chi-ping, Lui Por et Lam Wing-kee ont accusé M. Gui d'être responsable du trafic. M. Cheung ajoute en pleurs qu'il «est prêt à être puni conformément à la loi».

Les trois hommes avaient disparu alors qu'ils se trouvaient en Chine.

Selon le site chinois Paper.cn, ils pourraient être libérés sous caution et «rentrer à Hong Kong dans un avenir proche» car ils «sont passés aux aveux avec une bonne attitude». Depuis octobre 2014, ajoute Paper.cn, 4000 ouvrages interdits ont été envoyés à 380 acheteurs du continent par Mighty Current.

Aucune information n'est donnée sur un cinquième disparu, Lee Bo, titulaire d'un passeport britannique.

Des cinq disparitions, c'est la sienne qui a le plus choqué les Hongkongais car elle est survenue à un moment où il se trouvait encore à Hong Kong, territoire sur lequel les services de sécurité chinois n'ont pas le droit d'intervenir.

Londres a dit en début du mois qu'il pensait que M. Lee avait été «conduit contre son gré sur le continent», ajoutant que cette affaire constituait une «grave violation» de l'accord de rétrocession de Hong Kong à la Chine.

Cet accord stipulait que Hong Kong conserverait ses libertés et son mode de vie pendant 50 ans.

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