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Dakar: les fans de BD ont leur bibliothèque dédiée

«Les BD, ce sont les seules lectures que j'aime», confie Bilal, 15 ans, un des... (PHOTO AFP)

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Coumba Sylla
Agence France-Presse
Dakar

«Les BD, ce sont les seules lectures que j'aime», confie Bilal, 15 ans, un des habitués de BD Passion Dakar, unique bibliothèque au Sénégal exclusivement dédiée à la bande dessinée.

Bilal Faly Faye, collégien sénégalais, en a appris l'existence il y a un an sur les réseaux sociaux via un groupe de fans de BD, explique-t-il à l'AFP, assis sur une chaise en plastique bleue, un tome de Deadman Wonderland dans les mains et à ses pieds, des bacs remplis d'albums.

Les initiateurs «ont fait un peu de pub sur Facebook» en août 2014, «je n'avais jamais vu de bibliothèque de BD à Dakar. Je me suis dit: «Enfin!»», raconte-t-il. Depuis, il s'y rend en moyenne «tous les trois jours».

La bédéthèque, ouverte du lundi au samedi, est installée dans une discrète villa de Karack, quartier semi-résidentiel de Dakar. En réalité, dans une partie du domicile de Marième Seck, traductrice, qui l'a cofondée avec Mansour Touré, diplômé en droit.

Travaillant ensemble, tous deux se sont découvert amateurs de BD, dont Marième possède une riche collection. «L'idée de la bibliothèque est venue de Mansour. Il m'a dit: «Ici, à Dakar, les BD sont très chères»» et peu accessibles, explique la jeune femme.

La bédéthèque a ouvert en septembre 2014 après une campagne sur les réseaux sociaux. «Nous avions alors environ 300 oeuvres. Mais nous avons tout de suite eu notre public, parce qu'ils n'attendaient que ça», déclare Mansour Touré.

Comme la demande portait beaucoup plus sur les bandes dessinées japonaises, «on s'est mis à acheter des mangas. J'ai mis ça dans une petite pièce de chez moi parce que je n'avais pas le budget pour être ailleurs», aujourd'hui, avec les achats et les dons, «on approche les 2000 titres», affirme Marième.

La bédéthèque, fonctionnant sur fonds propres, «est quelque chose d'unique» au Sénégal, clame Mansour: «Bien sûr, on peut trouver les BD dans les librairies, mais ce n'est pas donné. Il y en a aussi chez les «libraires par terre» (informels), mais ça peut aussi revenir cher. Les bibliothèques généralistes ont des BD, mais le choix est limité».

«On veut tous faire de la BD»

Les oeuvres - mangas, albums pour enfants, comics, romans à l'eau de rose ou policiers adaptés en BD... - sont rangées dans une petite pièce, sur des rayons, dans des bacs ou par terre à côté de représentations de Titeuf, Professeur Tournesol, Tintin et Milou. Mais peu de titres africains y figurent: essentiellement les séries Aya de Yopougon et Akissi de la Franco-Ivoirienne Marguerite Abouet.

Les lecteurs s'installent dans la cour sur des chaises, un muret ou des marches d'escalier. Ce sont surtout des jeunes, beaucoup d'élèves mais aussi des déscolarisés.

Les tarifs varient de 250 FCFA (0,55 $) pour un livre consulté sur place jusqu'à 5000 FCFA (10,95 $) par mois en formule illimitée. La livraison à domicile est également prévue.

Alioune Badara Mbengue, 17 ans, bachelier, et son ami Papa El Hadji Mandiaye Gningue, 18 ans, étudiant en architecture, ont aussi entendu parler de BD Passion sur Facebook.

Ils s'y sont rendus pour les livres et en pensant se faire éditer. Avec un autre ami, ils développent des projets de BD pour s'amuser et espéraient «pouvoir aboutir à quelque chose», affirme Alioune.

«On a tous commencé à dessiner avec Dragon Ball. On n'a pas tous le même niveau mais on veut tous faire de la BD», pour le plaisir, poursuit-il, en sortant d'une chemise plusieurs planches de manga, qu'il raconte avec enthousiasme. Dark Legacy, leur dernier projet, mêle science-fiction, tradition, tragédie.

Pendant les vacances, ces bédéistes en herbe seront «beaucoup plus fréquents» à la bibliothèque, assure le bachelier: «On veut s'y mettre sérieusement. Donc, on a besoin de faire plus d'investigations, voir ce qui se fait ailleurs».

Marième Seck, elle, a également de l'ambition pour BD Passion: elle aimerait que la bibliothèque «grandisse», puisse être itinérante, noue des partenariats avec des écoles, serve de détecteur de talents parmi les bédéistes qui la fréquentent, et les aide à être édités.

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