Grande Bibliothèque: le troisième lieu

Si «l'acquisition et le prêt numériques sont en... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Si «l'acquisition et le prêt numériques sont en pleine expansion [...], le document imprimé n'est pas pour autant déclassé» à la Grande Bibliothèque, explique sa nouvelle PDG, Christiane Barbe.

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Il y a la maison, il y a le lieu de travail. La Grande Bibliothèque rêve de devenir, du haut de ses 10 ans, le «troisième lieu» dans notre vie. C'est là un des objectifs poursuivis par la nouvelle PDG de la Grande Bibliothèque, Christiane Barbe. Entre autres.

C'est un des plus anciens souvenirs d'enfance de Christiane Barbe, sinon le plus ancien: elle a 4 ans, c'est l'été, et sa mère l'emmène, elle dans sa poussette et tous les autres enfants du coin autour, à la bibliothèque. La bibliothèque scolaire, parce que dans ce quartier de Laval où elle habite comme dans bien des quartiers du Québec d'il y a quelques décennies, il n'y a pas de bibliothèque municipale.

«On avait droit à cinq livres par semaine», se souvient avec un réel ravissement Christiane Barbe, devenue tour à tour sous-ministre de la Culture, puis de l'Éducation, présidente de la fonction publique du Québec et, depuis août 2014, présidente-directrice générale de la Grande Bibliothèque. «Mais dès 2004, explique Mme Barbe, quand j'étais au ministère de la Culture, j'ai accompagné les démarches de Lise Bissonnette [première PDG de la GB] en travailleuse de l'ombre enthousiaste!»

À la Grande Bibliothèque, c'est 15 documents à la fois qu'on peut emprunter. Pas anodin, ce passage du mot «livre» à «document»: depuis 10 ans, à la GB, on prête aussi des films, des CD, des logiciels, des cartes routières, des jeux vidéo - et depuis 2009, des dizaines de milliers de documents numériques de toutes sortes. Mme Barbe a d'ailleurs dévoilé il y a quelques jours la toute nouvelle plateforme internet BAnQ numérique, qui centralise les 240 banques de données de la GB, près de 3 millions de documents numériques et toutes les archives numérisées à ce jour (11 millions de pages), pouf, au bout de nos doigts.

Pour tous

En ce sens, la Grande Bibliothèque, qui est aussi la bibliothèque centrale de Montréal, est véritablement devenue celle de tous les Québécois: ils peuvent l'utiliser, où qu'ils soient, pour regarder des films en continu, faire des recherches, lire, écouter, emprunter, etc.

«Un de nos grands projets, explique la PDG, c'est que BAnQ numérique devienne un Gallica québécois [NDLR: Gallica est l'exceptionnelle bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France], où tout serait organisé, facile, accessible avec une seule adresse, adaptable à toutes les plateformes. Et que l'usager en soit non seulement un utilisateur, mais aussi un contributeur: vous pourriez, par exemple, inscrire dans BAnQ des informations sur votre arrière-grand-mère que vous auriez reconnue sur une photo des collections, vous voyez ce que je veux dire? Les citoyens sont eux-mêmes en possession de connaissances, ils sont riches d'informations, il faut trouver des moyens pour que ces informations soient partagées par tous, et cela presse: nous devons inscrire notre savoir sur la planète web pour mieux exister comme société.»

Livres imprimés et numériques

Qu'on ne s'y méprenne pas: l'acquisition et l'emprunt de documents imprimés demeurent aussi importants: «Virage numérique ou pas, le prêt de livres analogiques se maintient, explique Christiane Barbe, ce qui n'est pas rien! Oui, l'acquisition et le prêt numériques sont en pleine expansion - grâce au Plan culturel numérique du Québec, nous recevrons d'ailleurs 5 millions de dollars sur deux ans pour poursuivre sur cette lancée -, mais le document imprimé n'est pas pour autant déclassé.»

Le souhait de Christiane Barbe, c'est manifestement que la GB devienne une «bibliothèque citoyenne». «Et comme les citoyens n'ont pas envie de faire la file, on réaménage le rez-de-chaussée pour qu'il soit plus aéré et lumineux, on va tout faire pour y installer un café, ce qui serait plus sympathique pour le bouquinage et l'échange [le fameux "troisième lieu" ] et nous remplaçons les comptoirs de services classiques non seulement par des postes de libre-service, mais aussi par un service mobile d'accueil et d'orientation qu'on met présentement à l'essai: ce ne sont plus les usagers qui auront à aller vers les employés, mais les employés qui iront vers les usagers.»

C'est à dessein que la GB a choisi comme slogan «De plus en plus grande» pour marquer son 10e anniversaire. Oh, ce n'est pas demain la veille que les vastes terrains inutilisés sur la rue Berri deviendront des «bibliothèques spécialisées» comme le prévoyaient les plans initiaux, austérité oblige. «Mais une bibliothèque comme la nôtre forme nécessairement des citoyens plus instruits, plus curieux, conclut Christiane Barbe, des citoyens québécois de plus en plus grands!»

Pour avoir un aperçu des ressources numériques de la Grande Bibliothèque: banq.qc.ca/collections/collection_numerique

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