Michel Houellebecq: «Oui, je suis Charlie»

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«Oui, je suis Charlie. C'est la première fois de ma vie que quelqu'un que je connais se fait assassiner», a déclaré Michel Houellebecq, la voix étranglée par l'émotion.

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Agence France-Presse
Paris

L'écrivain français Michel Houellebecq, l'auteur controversé du roman Soumission, a déclaré très ému: «oui, je suis Charlie» dans un entretien enregistré jeudi, au lendemain de l'attentat contre Charlie Hebdo, et diffusé lundi soir sur la chaîne française Canal+.

Il s'agissait du dernier entretien accordé par le romancier avant qu'il suspende la promotion de Soumission, dans lequel il imagine l'arrivée du chef d'un parti musulman à la présidence de la République en France en 2022.

L'écrivain a aussi décidé de quitter Paris, profondément affecté par la mort de son ami l'économiste de gauche Bernard Maris, tué mercredi au cours de l'attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo à l'âge de 68 ans.

«Oui, je suis Charlie. C'est la première fois de ma vie que quelqu'un que je connais se fait assassiner», a répondu Michel Houellebecq, la voix étranglée par l'émotion.

Bernard Maris admirait Houellebecq, y voyant un analyste lucide du libéralisme, au point de lui avoir consacré un ouvrage, Houellebecq économiste.

Télescopage frappant, la Une de Charlie Hebdo sorti de jour de l'attentat représentait une caricature de l'écrivain, dont le roman est en tête des ventes depuis sur Amazon.

Sous le titre Les prédictions du mage Houellebecq, le dessinateur Luz faisait dire au romancier: «en 2015 je perds mes dents», «en 2022 je fais Ramadan!».

Interrogé sur cette caricature, Houellebecq a estimé: «Elle est pas mal». Plusieurs pages intérieures de Charlie Hebdo étaient aussi consacrées au roman, dont la sortie a été ultra-médiatisée.

«Mon livre n'est pas islamophobe», a assuré Houellebecq sur lequel se sont abattues des critiques virulentes avant même la publication de Soumission.

«Je ne veux pas qu'on dise "vous êtes libre" et qu'on me parle de responsabilité. Il n'y a pas de limites à la liberté d'expression».

«C'est le jugement de mes pairs qui importe à mes yeux. Ce que dit Manuel Valls, je m'en fiche», a rétorqué l'écrivain. Le premier ministre français avait déclaré jeudi que «La France ça n'est pas Michel Houellebecq» et «ça n'est pas l'intolérance, la haine, la peur».

Quant à Marine Le Pen, la présidente du Front national, «celui qui réussira à me récupérer n'est pas encore né. Qu'elle essaye!», a lancé Houellebecq, accusé par certains de faire le lit de l'extrême droite.

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