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20e Festival de littérature: Brigitte au carré

Brigitte Giraud et Albin de la Simone... (Photo: fournie par le FIL)

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Brigitte Giraud et Albin de la Simone

Photo: fournie par le FIL

Marie-Christine Blais
La Presse

Brigitte Giraud? Inconnue au bataillon, en tout cas au Québec. Mais la situation devrait changer sous peu grâce au Festival international de littérature - le 20e FIL donnera en effet carte blanche à l'écrivaine française non pas une mais bien deux fois. Car Brigitte Giraud n'hésite jamais à mêler ses mots à la chanson (en compagnie du suave auteur-compositeur Albin de la Simone) ou à la danse (avec la chorégraphe Bernadette Gaillard).

Comment vous est venue l'idée de la lecture-concert baptisée Ping-Pong, avec Albin de la Simone?

J'ai rencontré Albin (dont j'étais une fervente admiratrice) lors d'un festival de littérature. Il m'a entendue lire un extrait de mon recueil de nouvelles L'amour est très surestimé [NDLR: Brigitte Giraud a reçu le prix Goncourt de la nouvelle en 2007] et il est venu me dire que mes textes semblaient une sorte de réplique à ses chansons, son versant littéraire. Il m'a proposé d'imaginer ensemble un «ping-pong», c'est-à-dire un dialogue textes-chansons qui se répondent.

Comment avez-vous choisi ce que vous présentez en spectacle?

Nous avons choisi ensemble, dans nos répertoires et livres, des textes et des chansons qui pouvaient se répondre. C'est finalement autour de la question de l'amour que nous avions des textes qui se répondaient (de façon parfois surprenante!). Les extraits de chansons d'Albin sont tirés essentiellement de son dernier album (Un homme) et de deux de mes livres: L'amour est très surestimé et le roman Avoir un corps. Je crois que nous nous entendons et nous nous répondons particulièrement bien parce qu'il y a, dans nos créations, à la fois de la dérision, de la tendresse et de la cruauté.

Avez-vous l'impression que les mots doivent être désormais plus souvent dits et mêlés à d'autres disciplines pour rejoindre les lecteurs?

J'avais créé il y a presque 10 ans un duo de lecture musicale avec Fabio Viscogliosi, un musicien et écrivain français que j'admire, et cela m'avait procuré un grand plaisir. Le livre-DVD Avec les garçons (2009) est le texte de cette lecture. Cela remonte donc à loin, mon grand intérêt pour la musique pop et aussi pour les paroles de chanson. J'écris d'ailleurs en ce moment des chansons pour un musicien, c'est un exercice que je porte très haut, cela est très périlleux et exaltant!

Comment l'idée de la lecture chorégraphiée BG/BG Parce que je suis une fille, avec la chorégraphe Bernadette Gaillard, vous est-elle venue?

Le travail avec Bernadette s'est déroulé lors d'une résidence d'écriture dans un théâtre public français en Vendée. Nous ne nous connaissions pas et avons découvert sur place le travail de l'autre.

Il y a cette lecture chorégraphiée que vous présentez toutes deux depuis 2012 et il y a le roman Avoir un corps (2013), qui reprend certains textes utilisés dans la chorégraphie. Pourquoi?

Ce sont deux projets différents. Avoir un corps est un roman qui relate l'existence entière d'une femme, racontée du point de vue du corps, alors que BG/BG/Parce que je suis une fille questionne essentiellement le féminin et le masculin. Ce sont deux textes différents, mais Avoir un corps est le prolongement de BG/BG.

Le texte de BG/BG a-t-il été écrit avec la chorégraphie ou la chorégraphie faite à partir de votre texte?

Le texte est né de nos conversations, de nos échanges et de nos recherches à deux. La chorégraphie et le texte se sont écrits ensemble, imbriqués l'un dans l'autre, tableau par tableau, en total dialogue ou parfois même fusion. BG/BG Parce que je suis une fille ne parle pas de la maternité ni de la mort, contrairement au roman Avoir un corps. Il parle plutôt de la construction de soi - le masculin, le féminin, le genre - et de plusieurs duos: frère/soeur, père/mère, le couple garçon/fille. Ces trois duos mettent en scène l'enfance, le jeu, l'adolescence, la peur de devenir une femme, l'imitation des adultes, le regard sur le couple parental, l'effroi, la fuite vers son propre destin, la découverte de l'amour, le début de la vie de couple, le refus de répondre aux injonctions du corps social et des parents...

Pourquoi éprouver le besoin de faire naître un roman d'un texte écrit pour la scène?

Cela n'était pas prévu ni conscient. C'est le travail avec Bernadette Gaillard qui m'a donné l'impulsion, l'énergie, la direction, le désir d'aller plus loin. En écrivant le texte avec Bernadette, j'ai eu le sentiment de mettre le doigt sur quelque chose qu'il me fallait creuser autrement, avec une écriture au long cours.

Écrire les mots est une chose; les dire en est une tout autre. Pourquoi éprouvez-vous le besoin de lire à voix haute ce que vous avez écrit - qui plus est dans un dialogue avec un chanteur ou une chorégraphe?

Dire un texte sur une scène, c'est mettre en jeu son corps et sa voix, alors que l'écriture seule dans son bureau permet de disparaître. J'aime les deux. Les expériences sont très différentes et complémentaires. Les textes écrits pour la scène sont plus brefs, plus fragmentés, dans le souci d'être transmis en direct et de laisser la place à l'autre, le musicien ou la chorégraphe. C'est le dialogue avec l'autre qui m'intéresse.

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Carte blanche à Brigitte Giraud au FIL. BG/BG Parce que je suis une fille avec Bernadette Gaillard, mardi 16 septembre (suivi d'une rencontre publique), au Centre Phi

Gilles Vigneault... (Archives La Presse Canadienne) - image 2.0

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Gilles Vigneault

Archives La Presse Canadienne

Le FIL sous toutes les coutures

Le Festival international de la littérature commence aujourd'hui. Pendant 10 jours, auteurs, musiciens, chanteurs et danseurs célébreront les mots sous toutes les coutures. Nous vous suggérons aujourd'hui quelques spectacles uniques et plus marginaux, choisis dans une programmation riche et variée, ainsi qu'une expo créée exclusivement pour l'événement.

DE LA COULEUR DES MOTS

Pour célébrer ses 20 ans, le Festival international de la littérature allie mots et images, comme il l'avait fait en 2001, en demandant à 20 écrivains qui ont marqué le parcours de l'événement de s'inspirer d'une oeuvre du Musée des beaux-arts pour écrire un court texte de fiction. Un parcours littéraire déambulatoire aura lieu demain et l'exposition est présentée jusqu'au 21 septembre au MBAM.

LISTE DE LECTURE: FANTAISIE

La musique est évoquée dans l'oeuvre de nombreux auteurs, de Thomas Mann à Jean-Paul Dubois, en passant par Léon Tolstoï. Dans ce spectacle en forme de «playlist» - littéralement, une «liste de lecture» -, la musique et les mots se répondront.

Lundi 15 septembre, Maison des Jeunesses Musicales du Canada

PROJET ÉLISE

Michel Vézina propose une «performance littéraire mutimédia» inspirée de la série dystopique Élise (Coups de tête), qui se termine à l'automne avec la sortie des Derniers vivants. Une création apocalyptique portée par la musique d'Urbain Desbois.

Mardi 16 septembre, Lion d'or

ET CE N'ÉTAIT PAS QU'ON ALLAIT QUELQUE PART

Une occasion de découvrir l'oeuvre de Kamau Brathwaite dans ce spectacle qui reprend la poésie de son livre DreamHaïti, en français RêvHaïti. À travers l'histoire des boat-people haïtiens, Brathwaite parle de traversée, de migration et de métissage.

Mercredi 17 septembre, Cinquième salle

L'ATELIER DE GILLES VIGNEAULT

Une rencontre intime avec le poète, où il partagera anecdotes et réflexions, en compagnie du pianiste Jean-François Groulx.

Dimanche 21 septembre, Théâtre Outremont




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