L'écrivain et scénariste ex-yougoslave Mirko Kovac, victime de la censure communiste, puis virulent critique des nationalismes à l'aube de l'éclatement de la Yougoslavie, est décédé en Croatie à 74 ans, a-t-on appris mardi auprès de son éditeur croate Fraktura.

Né au Monténégro, Kovac a vécu à Belgrade à l'époque de la Yougoslavie communiste. En raison de ses positions anti-nationalistes à l'égard du défunt président serbe Slobodan Milosevic, il a dû fuir la capitale serbe au début des années 1990.

Kovac s'était ensuite installé à Rovinj, où il sera enterré, dans la région croate d'Istrie.

«Un des plus doués écrivains postmodernistes de la littérature yougoslave», selon le quotidien croate Novi List, et lauréat de nombreux prix littéraires dans les Balkans, Mirko Kovac revendiquait son appartenance à la fois à la littérature monténégrine, serbe, croate et bosniaque.

Ses romans et nouvelles avaient souvent été condamnés par la censure communiste et retirés des librairies pour leur côté «sombre et farouchement individualiste».

Les oeuvres de Mirko Kovac, comme La vie de Malvina Trifkovic, La ville dans le miroir ou Le corps transparent, ont été traduites en plusieurs langues, notamment en Europe occidentale.