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Rencontres québécoises en Haïti: l'espoir de partager

Dany Laferrière... (Photothèque La Presse)

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Dany Laferrière

Photothèque La Presse

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Plus d'une vingtaine d'écrivains québécois ont atterri mercredi à Port-au-Prince pour prendre part au «projet fou» de l'éditeur Rodney Saint-Éloi, soutenu par Dany Laferrière. Ils réalisent tous les deux un vieux rêve: faire se rencontrer les deux cultures francophones d'Amérique par la littérature.

L'aventure a commencé dès le matin à l'aéroport de Montréal. Le vol direct vers Port-au-Prince est l'un des rares qui permet 50 kilos de bagages par personne, si bien que tout le monde a accepté la demande de Rodney Saint-Éloi d'apporter une caisse de livres neufs, destinés à la Foire du livre québécois à Port-au-Prince. Ce qui nous a bien sûr valu une petite fouille à l'aéroport Toussaint-Louverture...

Il faut savoir que les livres québécois sont pratiquement absents en Haïti, considérée comme un marché français dans le monde de l'édition. Une aberration pour les Haïtiens qui partagent les deux cultures, tels Rodney Saint-Éloi et Dany Laferrière. Cette vie double, ils souhaitaient la voir unifiée par cet événement, qui a pris à Rodney Saint-Éloi deux ans à organiser.

On aime bien voir entre le Québec et Haïti un miroir inversé: le noir, le blanc, le chaud, le froid, le soleil, la neige. Mais, comme le disait l'écrivaine Louise Dupré lors de la soirée d'ouverture, «il y a deux dangers à l'amitié: dire que nous sommes pareils ou à ce point différents que la rencontre reste superficielle». Elle racontait avoir découvert Haïti «dans le froid d'une petite ville minière, Thetford Mines».

Le poète et essayiste Pierre Nepveu ne cachait pas de son côté son émotion d'être présent. «C'est d'autant plus émouvant que j'ai l'impression de connaître déjà Haïti, par sa littérature.» Pour lui, qui soulignait que Dany Laferrière avait «tropicalisé» Montréal dans ses livres, cette rencontre concerne le devenir de la littérature québécoise, qui a subi une mutation au contact des écrivains haïtiens notamment.

Et sans consultation, tous les panélistes, de Michèle Pierre-Louis, présidente du centre culturel FOKAL où se tiennent la plupart des activités, jusqu'à Pierre Nepveu et Louise Dupré, ont cité une source d'inspiration: le regretté Émile Ollivier, qui a tant aimé Montréal, et dont l'esprit bien vivant semblait planer sur cette soirée.

«Vous êtes ici en frères et soeurs soudés par la conviction que les livres peuvent changer le monde», a dit Rodney Saint-Éloi, pour qui ces rencontres sont «l'espoir de partager ce qu'il y a de meilleur en nous et en vous».

C'était salle comble à la FOKAL pour cette ouverture. À l'extérieur, un marché du livre, où l'on pouvait voir côte à côte les oeuvres de Gaston Miron et Davertige, Émile Nelligan et Jacques Roumain, Élise Turcotte et Marie Vieux Chauvet, Makenzy Orcel et Marie Hélène Poitras, India Desjardins et Gary Victor, Michel Vézina et Frankétienne...

«Ma vie n'est plus une fiction!», répétait Dany Laferrière tout sourire, au bar-restaurant où la délégation terminait cette longue première journée autour d'un bon rhum. «Je crains de me réveiller demain en ayant l'impression d'avoir rêvé tout ça.» Mais non: la littérature peut vraiment changer la réalité.

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