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Renaud-Bray retourne des titres de Philippe Béha

«Je ne donnerai pas d'espace privilégié, qui me coûte le gros prix au pied... (Photo: Martin Chamberland, archives La Presse)

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Photo: Martin Chamberland, archives La Presse

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Daniel Lemay
La Presse

«Je ne donnerai pas d'espace privilégié, qui me coûte le gros prix au pied carré, à quelqu'un qui me discrédite publiquement.»

Blaise Renaud, directeur général de Renaud-Bray, la plus grande chaîne de librairies francophones en Amérique, explique ainsi sa décision de renvoyer aux éditeurs les titres jeunesse illustrés par Philippe Béha. Cette décision fait suite aux remarques faites par le prolifique illustrateur à l'ouverture du dernier Salon du livre de Montréal, où il venait de recevoir le prix Marcel-Couture pour Le monde de Théo.

Après ses remerciements d'usage en compagnie de l'auteur Louis Émond, M. Béha était revenu au micro pour «donner une petite tape sur les doigts ou un coup de pied quelque part» à Renaud-Bray dont il avait visité une succursale (Place Ville-Marie, précisera-t-il à La Presse) pour y trouver «un rack où il était écrit «Québec-Canada» avec quatre ou cinq livres d'ici, des livres de Toronto et plein de Walt Disney».

Blaise Renaud assistait à la cérémonie, à la suite de laquelle une vingtaine de personnes ont été témoins d'un vif échange entre Philippe Béha et lui (voir notre reportage à lapresse.ca/bisbille).

Philippe Béha a illustré plus de 150 livres jeunesse écrits par plusieurs auteurs prestigieux - Henriette Major, Dominique Demers, Louise Portal - et publiés par des maisons d'édition comme Fides, Québec Amérique, Les 400 Coups, Hurtubise, Dominique et Cie.

M. Renaud appréhende-t-il la réaction du milieu de la littérature jeunesse?

«Ce n'est pas quelque chose qui importe. Renaud-Bray n'est ni un organisme public ni la propriété de M. Béha. Comme tous les libraires et tous les éditeurs, nous avons le droit de faire des choix, de décider quels titres, parmi des centaines de milliers, nous voulons mettre en évidence.»

Le patron de Renaud-Bray - 27 succursales dont 11 à Montréal, 1000 employés, 125 millions de revenus annuels - estime par ailleurs que sa chaîne offre le meilleur service à la clientèle de l'industrie et qu'on peut commander les titres de Philippe Béha tant dans les librairies Renaud-Bray que sur son site internet.

Joint vendredi dernier pour obtenir sa réaction à cette décision, Arnaud Foulon, DG d'Hurtubise qui a publié Le monde de Théo, a répondu de façon laconique: «Je compte sur la librairie pour régler cette affaire de façon correcte.»

À l'Association des illustrateurs du Québec qui, à l'instar de l'Association des écrivains québécois pour la jeunesse, avait déjà fait connaître son appui à Philippe Béha, le président Vincent Gagnon a parlé d'«une réaction complètement démesurée»: «M. Renaud a pris la remarque de Philippe Béha comme une attaque personnelle alors que le but était de souligner le manque de visibilité de la production québécoise.»

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