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Notre nouvelle inspirée de l'actualité : Le compteur d'os - par Jean-Jacques Pelletier

1. Sur la table, il y a des os. Tous soigneusement nettoyés. Recouverts d'une... (Photo: Didier Debusschre)

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Photo: Didier Debusschre

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Les nouvelles de nos auteurs inspirées de l'actualité. »

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Jean-Jacques Pelletier
La Presse

1. Sur la table, il y a des os. Tous soigneusement nettoyés. Recouverts d'une pellicule de plastique durci. Et numérotés. Comme dans les livres d'anatomie éducative.

Ils sont placés de manière à former un squelette humain presque complet. Pamphyle interrompt son travail de reconstruction pour me montrer un réseau de fissures à l'arrière du crâne. Je regarde le crâne, regarde Pamphyle.

- Le crâne n'a pas éclaté, dit-il.

- Ça ne doit quand même pas faire de bien.

- Il a sûrement eu une commotion cérébrale... Mais il n'est pas mort de ça.

- Il est mort de quoi?

- Aucune idée... Par contre, je peux te dire que celui qui l'a décortiqué a fait du bon travail.

Décortiqué... J'en suis encore à assimiler le mot quand il ajoute:

- Regarde: aucune rayure sur les os. Ton assassin savait ce qu'il faisait.

- Un chirurgien?

- Ou un boucher. Un chasseur, à la rigueur...

Deux heures plus tard, je rencontre mon partenaire de quilles, Magella Crépeau. Accessoirement, il est directeur du SPVM. Le sac de jute contenant les os a été livré à son bureau. Par Purolator. Probablement aussi par provocation.

L'enquête est au point mort. Aucun indice, aucun témoin. Rien qui permette d'identifier la victime. C'est pour ça qu'il m'a demandé de reprendre du service. Rien d'officiel. Une sorte de consultant... Il m'a demandé ça sans rire. Même s'il sait ce que je pense des consultants.

Évidemment, je n'ai rien voulu savoir. Les macchabées ésotériques, au cours des ans, j'en ai eu ma large dose. Mais il a eu un argument dévastateur: il ne pouvait pas quitter le bureau tant que l'affaire n'était pas réglée. Autrement dit: notre voyage de pêche risquait de tomber à l'eau.

- Et alors? me demande Crépeau. Le corps?

- D'une propreté éblouissante.

Il fait un vague signe d'approbation, se lève de son fauteuil et se dirige vers la fenêtre.

- Il n'y a pas eu de vol de cadavre dans les cimetières, dit-il. Ni dans les hôpitaux ou les salons funéraires...

- Qu'est-ce qu'on fait?

- Va falloir se taper tout le cirque: tests d'ADN, traces toxicologiques, enquête chez le fabricant de jute... Par chance, ce n'est pas encore dans les médias.

2. Un des plaisirs de la retraite, c'est de se lever à l'heure qu'on veut. Sans se faire martyriser les tympans par un réveille-matin. Ou par le compte rendu radiophonique des plus récentes aberrations de l'humanité... C'est le plaisir de prendre un café lentement, sans être bousculé... À la condition de ne pas oublier de fermer son téléphone.

- Où tu en es? me demande la voix de Crépeau.

- À ma première gorgée de café.

- Désolé.

Il connaît mon allergie aux réveils brutaux. Par amitié, il me laisse un répit de trois secondes. Puis il enchaîne:

- Cette nuit, la direction de l'Hex-Presse a reçu un deuxième sac.

- Avec des os?

Ce n'est pas la question la plus brillante de ma carrière. Magnanime, Crépeau l'ignore. Il ajoute simplement que le deuxième sac est rendu chez Pamphyle.

Décidément, ça sent de plus en plus mauvais. Une odeur de cinq colonnes à la une, de tribunes téléphoniques et de premières minutes du Téléjournal.

Après avoir raccroché, j'ouvre la télé. À RDI, le présentateur commente déjà l'affaire.

... a reçu au cours de la nuit un sac rempli d'os humains. Selon une source anonyme, le SPVM aurait reçu un sac identique la semaine dernière, ce qui porte à croire que...

C'est parti... Demain, on va parler de complot, de scandale et de cover-up. On va sortir le salaire moyen des policiers et demander pourquoi, compte tenu de ce qu'ils reçoivent, ils n'ont pas encore arrêté les coupables.

Quand j'arrive au laboratoire de Pamphyle, il a reconstitué le squelette de la nouvelle victime sur une deuxième table.

- Cette fois, le compte est bon, dit-il en me voyant. Il y en a 204.

- Et c'est quoi, 204? Un numéro chanceux?

- Le nombre d'os qu'il y a dans un corps humain.

- Je me réjouis de savoir qu'il est mort avec tous ses morceaux.

- Pas exactement.

Il y a, dans le regard habituellement impassible de Pamphyle, une lueur d'amusement qui ne laisse présager rien de bon.

- Un des os n'est pas à lui, dit-il.

- Il l'a emprunté?

- Au premier squelette... Il en manquait un.

La journée se passe sans que l'affaire avance d'un poil.

Le soir, quand j'entre au Continental, Victor Prose est déjà installé à une table. C'est notre premier dîner depuis son retour de Paris.

- Et alors? Ton projet de roman?

- Je suis rendu à 187 pages de plan.

- Tu devrais le publier!... Suivez la recette et écrivez votre roman.

- Je pourrais être le IKEA de la littérature! répond Prose en souriant... Achetez un squelette de roman, remontez-le et mettez de la chair autour!

- Parlant de squelette...

Je lui raconte l'histoire des deux sacs d'os. Il en a appris les grandes lignes sur l'internet. J'ai à peine terminé qu'il me demande:

- L'os, c'est lequel?

- Lequel...?

- Celui qui s'est retrouvé dans le deuxième squelette?

- Une vertèbre, je pense... Pourquoi?

- Si c'est le début d'une série, ça pourrait être un indice.

Je le regarda un moment. Il a l'air sérieux. Son idée de série m'inquiète d'autant plus que j'y ai déjà pensé.

- D'accord, je dis. Je m'informe et je t'appelle.

3. Quand j'arrive, Crépeau a l'air plus sombre que la veille. Sur le coin de son bureau, l'Hex-Presse titre à la une: Le sac d'os qui défie les policiers.

Les médias ont sauté sur la nouvelle. Dans les tribunes téléphoniques, il est question de tueurs en série, de blagues étudiantes, de sectes cannibales, de satanisme... Crépeau a déjà refusé quatre demandes d'entrevue.

- Les disparitions? je lui demande.

- On a peut-être deux candidats.

- Disparus depuis quand?

- Sept et neuf jours.

- C'est suffisant pour... faire ça?

- Pamphyle dit que oui.

- Toujours rien du côté des tests d'ADN?

- Le laboratoire avec lequel on fait affaire est en grève. On ne peut pas aller ailleurs sans soumission publique...

Pas besoin d'expliquer davantage. Avec la paperasse, les délais et les autorisations, il y en a pour des mois.

- Le jute?

- Rien... J'ai demandé à Simard de faire une liste des chirurgiens de la ville... De ton côté?

- Je vais aller marcher.

Il fait signe qu'il comprend.

Tout l'après-midi, je marche dans les rues de la ville, observant les gens, arrêtant ici et là pour prendre un café ou un verre de vin. La marche a un effet bénéfique sur les neurones. Pour moi, du moins. C'est souvent de cette façon que j'ai réussi à débloquer des enquêtes. Mais là, rien.

Je rentre à la maison.

Tout en prenant l'apéro, j'écoute distraitement Patrice Roy soumettre aux téléspectateurs un résumé abrégé, simplifié et facilement assimilable de la journée. Une nouvelle attire brusquement mon attention.

... apprenons à l'instant qu'un troisième sac de jute contenant des ossements humains vient d'être déposé à la réception de Radio-Canada. Comme les précédents...

Je pense aussitôt à ce que Prose m'a dit. Puis je réalise que j'ai oublié de m'informer sur l'os migrateur. J'appelle Crépeau.

Pas de réponse.

Je lui laisse un message, puis j'éteins mon portable. D'ici demain matin, l'équipe technique va avoir procédé aux relevés, les uniformes vont avoir interrogé les éventuels témoins...

Pour l'instant, il y a un rôti de porc en cocotte d'argile qui achève ses 12 heures de cuisson, à 227 degrés.

4. Le lendemain, quand je pense à rallumer mon portable, il y a un message dans ma boîte vocale. Victor Prose. Il pense avoir découvert la raison des trois morts.

Je le rencontre à l'heure du dîner.

- La présentation a un côté esthétique, dit-il. Mais je ne pense pas que ce soit un artiste. Le procédé est trop répétitif, il n'y a pas assez de différence entre les « oeuvres »... En plus, la stylisation est minimale: juste le vernis et les numéros... un sac identique...

- Donc, on n'a pas affaire à une nouvelle version de Art/ho.

- À mon avis, il s'agit plutôt de propreté extrême. De nettoyage obsessif. De besoin que tout soit classé. En ordre... Quelqu'un s'est donné la peine non seulement de disséquer les cadavres, de séparer tous les os et de les polir, mais il les a numérotés... Pourquoi?

- Il en avait peut-être assez des casse-tête traditionnels...

- Exactement! répond Prose. C'est une forme de rébus. De message... C'est pour ça qu'il vous a envoyé le premier.

Une heure plus tard, j'entre dans le bureau de Crépeau.

- Pamphyle avait déjà vérifié, dit-il d'emblée. Les os sont numérotés exactement dans le même ordre. Qu'est-ce qui t'a fait penser à ça?

- Une idée que j'ai eue en discutant avec Prose.

- Ça voudrait dire qu'on a un tueur en série.

- Oui et non...

La sonnerie du téléphone me coupe la parole. Crépeau répond.

- Oui... Rien de nouveau... Non, je n'ai pas lu l'éditorial de l'Hex-Presse... Grand bien lui fasse!... D'accord, à 14 h.

Il raccroche.

- L'homme du PM, dit-il. Il veut qu'on se voie... Tu peux venir?

- Ça ou un mal de dents...

- J'ai des Tylenol.

Je soupire.

- En attendant, c'est quoi, le programme?

- Tant qu'on ne saura pas qui sont les victimes...

- Justement...

5. Le lendemain après-midi, j'arrive au bureau de Crépeau en avance. Les enquêteurs Simard et Falardeau attendent dans le bureau de la secrétaire. Ils ont l'air ravis de me voir.

- Inspecteur Théberge! s'exclame Simard.

- Ex-inspecteur...

- On a trois disparus qui ont le même gabarit que les trois squelettes.

- Et vous ne savez pas la meilleure! enchaîne Falardeau.

- Laissez-moi deviner... Mieux que trois disparus... Voyons, voyons... Quatre disparus?

Ils comprennent le message. Simard s'empresse d'expliquer:

- Les trois ont un lien.

- Puissante déduction!

- Je veux dire, à part d'avoir été processés de la même manière.

- Processés...

Décidément...

- Le premier est un ingénieur de WaterTech, reprend Falardeau. L'entreprise qui fabrique des compteurs d'eau. Le deuxième est le lobbyiste qui représentait WaterTech.

- Et le troisième, enchaîne Simard, est l'employé de la Ville qui a approuvé le projet de WaterTech.

Je les regarde un instant. Je devrais les féliciter. On a enfin une piste... Mais je pense au titre qu'on risque de trouver le lendemain à la une des journaux: Le compteur d'os.

- OK. Allez mettre tout ça par écrit. J'en parle à Crépeau.

Une heure plus tard, j'ai ressassé l'affaire dans tous les sens avec Crépeau. Juste comme on commence à parler du prochain voyage de pêche, Morne arrive.

Crépeau lui explique où en est l'enquête.

- Et vous êtes absolument sûr que c'est lié à l'histoire des compteurs d'eau ? demande Morne.

- C'est probable.

- On aurait donc un prétendu justicier qui aurait décidé de s'en prendre aux prétendus responsables de ce prétendu scandale.

Ça, c'est du Morne à son meilleur. Un virtuose de la dénégation. Rien n'est assez grave pour qu'on ne puisse l'ignorer. Je décide d'intervenir.

- Le contrat pharaonique des compteurs d'eau, ce n'est pas de la supputation particulièrement débridée.

Morne me regarde comme si j'avais proféré une ineptie.

- Votre justicier, dit-il, pourquoi est-ce qu'il n'a pas envoyé de message aux médias?

- Peut-être qu'il attend que son oeuvre soit achevée pour se manifester.

Morne a l'air ahuri.

- Vous pensez qu'il va y avoir d'autres victimes? Et vous voulez que j'annonce ça au PM?!

- On a dressé une liste des cibles potentielles, reprend Crépeau en tendant une feuille à Morne.

Ce dernier parcourt la liste, puis regarde Crépeau. Cette fois, il est au-delà de l'ahurissement.

- C'est une joke?... Vous pensez que le président du comité exécutif... le maire... le ministre... Ça sort d'où, cette... hypothèse?

Morne semble totalement réfractaire à l'idée. Inutile de compliquer les choses en lui expliquant que Prose est écrivain. Qu'il analyse les événements à travers les concepts littéraires d'enjeux et de conflits, de trame narrative, de protagonistes et d'antagonistes...

- Préférez-vous courir le risque? lui demande Crépeau.

Contrarié, Morne nous quitte sur un avertissement: le premier ministre s'inquiète de l'efficacité du SPVM. Il songe à constituer une commission d'enquête publique...

Politique as usuall...

6. Le lendemain midi, quand j'arrive au SPVM, j'ai une impression de déjà-vu: Simard et Falardeau attendent dans le bureau de la secrétaire.

- John Stanfield a disparu, me dit Falardeau.

- On l'a échappé, ajoute Simard, comme pour s'assurer que j'ai bien compris.

Stanfield est le vice-président de WaterTech. C'est lui qui a négocié le contrat des compteurs d'eau: il est le candidat le plus probable à l'ossification accélérée.

- Il est sorti par la porte arrière de l'édifice pendant la matinée pour aller se chercher un café au Tim Hortons, reprend Falardeau.

- Et vous étiez où?

- Dans l'auto, devant la porte centrale. On attendait qu'il sorte pour aller à son rendez-vous du dîner.

- Vous répartir les entrées de l'édifice, c'était au-delà de vos capacités?

- On ne s'est pas méfiés. Comme on avait son accord pour le surveiller...

Crépeau arrive. La discussion s'arrête.

- J'ai des nouvelles de Pamphyle, dit Crépeau en s'assoyant derrière son bureau. L'os manquant du deuxième squelette est bien dans le troisième.

Prose a donc raison. C'est une série.

7. Le lendemain matin, je prends le petit-déjeuner chez Margot. Crépeau entre et se dirige vers ma table sans même saluer le mari de Margot, derrière le comptoir.

- On l'a trouvé, dit-il. Tu viens?

- Trouvé qui?

Une autre de mes questions qui ne passera pas à l'histoire. Toujours magnanime, Crépeau répond:

- Celui qui a enlevé Stanfield. Charles Dubuc.

Une minute plus tard, on roule en direction d'Ahuntsic.

- Comment vous l'avez trouvé ?

- La caméra de sécurité, à l'arrière de l'édifice où Stanfield travaille. On le voit aborder Stanfield... À l'heure qu'il est, Simard et Falardeau doivent déjà être chez Dubuc.

Quand on arrive, Falardeau se dirige rapidement vers nous.

- On l'a, dit-il à Crépeau.

- Où est-il?

- Il s'est suicidé. On n'a pas touché au corps.

- Suicidé?

- Probablement quand il nous a vus arriver. Il est encore...

- Et Stanfield? l'interrompt Crépeau.

- Au sous-sol.

La pièce ressemble à un mélange de laboratoire médical et de chambre froide. Trouver Stanfield n'est pas difficile: il repose sur un étal. Comme dirait Simard, il n'est pas encore complètement processé...

Mais le plus surprenant, ça reste les murs de l'appartement. Impossible de trouver un pouce carré qui ne soit pas recouvert d'une coupure de journal.

8. Deux jours plus tard, pour remercier Prose de son aide, je l'invite aux Infidèles. Un restaurant «Apportez votre vin». On a à peine terminé l'entrée que la première bouteille est morte. Un Vigorello 1999. Je raconte à Prose le dénouement de l'enquête.

- Weird, dit Prose quand j'ai terminé. Un chirurgien... Mais pourquoi ils ne l'ont pas trouvé avant?

- Parce qu'il n'était sur aucune liste officielle. Il a abandonné la médecine il y a plus de 15 ans.

Je débouche la deuxième bouteille. Un amarone Mazzano 1996, puis je lui dis:

- Moi, ce que j'aimerais comprendre, c'est comment tu as eu l'idée, pour les gens à protéger.

- Une fois que j'ai compris le jeu de mot, le reste était facile...

- Je sais! Un compteur d'os!

- Mais aussi un conteur d'os. C-o-n-t-e-u-r. Il racontait une histoire avec les os. On peut dire que l'os qu'il transférait d'un squelette à l'autre était un indicateur de lien syntaxique. Chaque squelette était un épisode... Il y a d'abord eu le responsable de l'élaboration du projet. Puis le lobbyiste qui l'a vendu à la Ville. Puis l'employé de la Ville qui l'a approuvé. Le dernier, Stanfield, était le vice-président de WaterTech responsable de la négociation...

- Comme tu l'avais prévu.

- Il remontait vers la tête. C'était facile de prévoir que le président du comité exécutif de la Ville, le président de WaterTech et le maire allaient suivre. Peut-être même le sous-ministre ou le ministre responsable du dossier... D'ailleurs, la vertèbre qui manquait était précisément celle qui soutient la tête: l'atlas. L'histoire qu'il racontait était transparente: il voulait tuer ce projet en faisant tomber la tête.

- Donc, il racontait une histoire...

- On fait tous du story telling. La seule différence, c'est que les gens racontent habituellement une histoire confuse à travers leurs gestes quotidiens, la plupart du temps à leur insu. Tandis que les écrivains, les scénaristes...

- ... et les tueurs en série...

- ... traduisent leurs fantasmes de façon explicite dans la réalité.

- À t'entendre, un artiste serait à mi-chemin entre une personne normale et un tueur en série?

- Il y a un peu de ça.

Prose en profite pour prendre une gorgée d'amarone. Puis il me demande:

- On sait pourquoi il a fait ça?

- Les murs aussi peuvent raconter des histoires...

Prose me regarde, médusé.

- Jos Public, celui qui se faisait appeler le Vengeur du peuple... Tu t'en souviens?

- Celui qui a défoncé la rue devant la résidence du maire... qui a vidé un camion de fumier sur le parterre d'un producteur de porcs...

- Exactement... Il est probable que c'est lui. Tous les murs de son appartement sont couverts de coupures de journaux sur ses exploits.

- Il n'était pas vraiment violent, le Vengeur!

- Peut-être qu'il en a eu assez des gestes symboliques. Qu'il a décidé de passer à des actions plus radicales... Comme tu le disais l'autre jour, il voulait nettoyer... Tu sais ce qui m'inquiète le plus?

Le nez dans son verre de vin, Prose se contente de me regarder, attendant que je poursuive.

- Que d'autres fassent le même raisonnement que lui... Qu'ils décident que la justice, c'est de la frime. Que c'est des pourris qui nous gouvernent. Qu'il faut faire le ménage soi-même.

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