Compagnie Kalabanté: prouesses africaines

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Yamoussa Bangoura est le fondateur et directeur artistique de la compagnie Kalabanté.

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Sylvie St-Jacques

Collaboration spéciale

La Presse

Pourquoi les Guinéens sont-ils si agiles dans les arts  du cirque? «C'est parce que le cirque a déjà existé en Afrique. Les anciens faisaient déjà toutes sortes de tours de magie, crachaient du feu, enlevaient les yeux, jonglaient avec des oranges», relate Yamoussa Bangoura, fondateur et directeur artistique de la compagnie Kalabanté. Portrait de cinq participants au spectacle gratuit Afrique en cirque, présenté ce soir, 22h, sur le Parterre du Quartier des spectacles.

Yamoussa Bangoura

Fondateur et directeur artistique

Yamoussa Bangoura a découvert les arts du cirque devant le téléviseur familial à Conakry, qui transmettait de vieilles émissions européennes tous les dimanches. «On regardait ça et ensuite, on imitait les acrobaties au bord de la mer», évoque le chorégraphe de Kalabanté, qui fait toujours des acrobaties au sol, des pyramides humaines et des sangles aériennes. Après avoir été repéré par le cinéaste français Laurent Chevalier lors du tournage d'un film sur les acrobates guinéens, Yamoussa Bangoura a suivi une formation puis a participé à une tournée en Europe et en Afrique. Il décrit la collaboration de Kalabanté avec les artistes inuits d'ArtCirq comme le moment charnière de sa compagnie. «En 2011, ils sont venus en Guinée et on leur a fait faire le tour des îles. Et le mois prochain, ce sera notre tour d'aller dans le Grand Nord.»

N'Fanly Bangoura

C'est par son frère Yamoussa que N'Fanly Bangoura - un percussionniste qui manie les instruments traditionnels guinéens dont le doundoun - a joint les rangs de Kalabanté. Les frères Bangoura ont dû convaincre leurs parents que le destin d'artiste de cirque était viable... «Ils n'aimaient pas trop l'idée que nous abandonnions l'école. Mais c'est la vie et le problème du destin: tout le monde ne peut pas étudier et devenir fonctionnaire», explique le musicien. C'est N'Fanly qui signe toutes les compositions sur lesquelles s'exécutent les artistes de Kalabanté. «Nous travaillons à partir de la danse africaine pour composer nos musiques.»

Aly Keita est le porteur au sein de... (Photo Ivanoh Demers, La Presse) - image 2.0

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Aly Keita est le porteur au sein de Kalabanté.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

Aly Keita

Porteur au sein de Kalabanté, Aly Keita remplit la lourde tâche de soutenir les demi-porteurs et les voltigeurs. «J'ai besoin de beaucoup de force et d'énergie. Je suis toujours en bas de la pyramide, donc les voltigeurs comptent beaucoup sur moi!» C'est par le biais de son ami Ismaël Bangoura, un des acrobates de Kalabanté, qu'Aly a été initié aux arts du cirque. «Au début, je l'accompagnais à ses répétitions, après l'école. Au fil des répétitions, j'ai commencé à l'assister puis il m'a enseigné beaucoup de choses», relate celui qui vit à Montréal depuis six mois. Son entraînement  «Je fais beaucoup d'exercices d'abdominaux. Je vais au gym. J'essaie de muscler tout mon corps.»

Mama Adama

C'est Ismaël Bangoura qui a entraîné la toute menue et timide Mama Adama vers les acrobaties circassiennes. «Il nous amenait, ma jumelle et moi, sur les lieux de l'entraînement», rapporte la contorsionniste qui sait danser et faire de la haute voltige. «Je travaille aussi avec les porteurs et le main à main», précise-t-elle. Pour conserver sa souplesse, Mama Adama, qui est à Montréal depuis seulement cinq mois, passe plusieurs heures à faire du yoga et toutes sortes d'autres exercices. Son premier été montréalais, elle le passera sur scène, avant de mettre le cap sur le Grand Nord, avec ses collègues du cirque.

Mohamed Mega Koudouno

Voltigeur, danseur et jongleur au sein de Kalabanté, Mohamed Mega Koudouno évoque avec une pointe de nostalgie l'époque où il partait à la mer avec Ismaël Bangoura pour s'exercer à danser, à faire de la percussion et de la jonglerie. «On faisait des "flip flop", des vrilles, de la voltige. À la plage, il y a moins de danger de se faire mal, puisqu'on tombe sur le sable», dit celui qui doit à Kalabanté son goût pour le voyage. «Je vais aller dans le Nord pour la première fois, je vais voir plein de choses, la neige», dit celui qui espère faire du cirque encore longtemps. «Quand je vais rentrer chez moi, en Guinée, j'espère enseigner aux débutants.»

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