Mexican Institute of Sound: cours accéléré à l'institut mexicain du son

Avec son projet Mexican Institute of Sound, le... (Photo fournie par les Nuits d'Afrique)

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Avec son projet Mexican Institute of Sound, le DJ et réalisateur Camilo Lara mêle musiques traditionnelles mexicaines et attitude punk-rock.

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Mexican Institute of Sound (ou Instituto Mexicano del Sonido) s'amène enfin à Montréal. Depuis le milieu de la décennie précédente, on en savoure la cumbia débridée... et hybridée avec plusieurs musiques latines, antillaises ou occidentales. Le temps est venu de voir et d'écouter ses interprètes nous balancer tout ça sur scène!

Le M.I.S. s'inscrit dans cette mouvance de DJ/réalisateurs ayant puisé dans l'immense répertoire de la musique mexicaine pour l'immerger dans l'environnement numérique. On pense notamment au Nortec Collective, qui s'est déjà produit à MUTEK.

Le Mexican Institute of Sound est le véhicule principal du DJ et réalisateur Camilo Lara, qui fut d'abord professionnel de l'industrie mexicaine de l'enregistrement. Après avoir été au service de la multinationale EMI (absorbée depuis par Universal), il avait lancé son propre label, Suave, produisant différents projets locaux tout en faisant lui-même DJ et remixeur.

Camilo Lara a ensuite fondé le Mexican Institute of Sound, dont l'objet initial était de remixer la pop mexicaine des années 20 aux années 60 en lui conférant des arrangements et des rythmes numérisés, tout en l'assortissant d'autres saveurs latino-américaines ou anglo-américaines. Depuis lors, il mène plusieurs projets de front, dont l'ambitieux Compass, de concert avec Toy Selectah, qui consiste en une série de collaborations avec des artistes du monde entier, dont Stereo MCs, Eric Bobo de Cypress Hill, Marietta Vital de Mercurias, Das Racist, et Sly & Robbie, avec qui Camilo mènera des séances d'enregistrement en Jamaïque pour le prochain album de M.I.S. 

Cri de protestation

Ayant fait le plein de motivation, inscrivons-nous à l'institut mexicain du son pour un cours accéléré! Et joignons Camilo Lara à son domicile de Colonia Roma, un secteur du quartier Coyoacán à Mexico.

«Cette zone de la ville est traditionnellement progressiste. Le peintre Diego Riviera y vivait jadis, Frida Kahlo y avait eu son aventure avec Léon Trotsky [rires]», résume courtoisement notre interviewé qui, à l'évidence, penche à gauche. En témoigne l'album Politico du M.I.S.

«À l'instar de groupes comme The Clash, rappelle-t-il, j'ai jugé pertinent de lancer un grand cri de protestation. C'était il y a quatre ans lorsque Politico fut réalisé. Le Mexique traversait et traverse encore aujourd'hui une très mauvaise période politique. Les élus se fichent de la population, ne répondent pas à ses besoins. Ce pays est encore aux prises avec une corruption endémique, et la guerre aux narcotrafiquants fait des milliers de morts chaque année. Vraiment horrible», soupire Camilo Lara, qui refuse néanmoins toute allégeance politique. «La politique mexicaine est complexe, il faut sans cesse rajuster le tir.»

Punk-rock et musiques latines

Le parcours du M.I.S. a commencé en 2004. Quatre albums ont été lancés depuis; le prochain sera enregistré cet automne et sortira au printemps 2017. Au fil du temps, l'idée initiale de création électronique et de repiquage de musiques préenregistrées s'est transformée.

«J'avais commencé avec des vinyles et mon ordinateur. Mais rapidement, j'ai compris que cette approche était ennuyeuse et fade pour le public. J'ai alors songé à former un groupe. Honnêtement, je ne suis pas très versé dans la programmation informatique, je préfère jouer les synthétiseurs analogiques. Sur scène, j'utilise le moins possible l'ordinateur.»

Malgré l'instrumentation du M.I.S. (basse, batterie, claviers, machines), Camilo Lara estime que sa dégaine est d'esprit punk-rock.

«Depuis toujours, j'écoute des groupes anglais, américains ou européens - The Clash à Violent Femmes en passant par De La Soul et Kraftwerk. Parallèlement, j'écoutais de la vieille musique latine, comme Pérez Prado. J'écoutais aussi beaucoup de cumbia, qui est le lien musical entre tous les peuples d'Amérique latine.» 

«J'aime l'énergie punk-rock, je m'en réclame, mais je sais aussi que mon côté cumbia l'emporte...»

La cumbia est un rythme né en Colombie et à Panamá, mais dont le développement a généré plusieurs variantes régionales et nationales partout en Amérique latine. Le Mexique n'y fait pas exception: Camilo Lara explique que le style de la région de Mexico, auquel il s'identifie principalement, se nomme cumbia sonidera.

«C'est la musique des fêtes populaires de quartier, les DJ la diffusent via des sound systems comparables à ceux en Jamaïque. Par ailleurs, il existe une autre cumbia mexicaine qui provient de Monterrey et qui s'inspire essentiellement de la colombienne. Personnellement, je joue surtout la cumbia sonidera, je m'intéresse à ses classiques et je m'inspire aussi d'autres musiques latines - danzón, mambo, chachaha, etc. Il y a aussi le dub et le hip-hop, et... j'ose croire que l'attitude punk-rock demeure présente dans nos exécutions.»

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Ce soir, 21 h 30, Parterre du Quartier des spectacles transformé en Village des Nuits d'Afrique (gratuit).

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