Ondatrópica: la fièvre du dimanche soir

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Ondatrópica en spectacle au Théâtre Fairmount dans le cadre de Nuits d'Afrique.

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Le plaisir plafond ressenti jusqu'à maintenant aux Nuits d'Afrique? Choisissons d'abord ce concert dominical au Théâtre Fairmount sous la férule de l'excellente formation Ondatrópica, qui réunit trois générations de musiciens colombiens et le Britannique Will «Quantic» Holland, musicien aux velléités ethnomusicologiques qui ne sont pas sans rappeler celles d'un Ry Cooder.

Pour nous, de Montréal, qui n'avons pas été souvent immergés de musique colombienne, cette occasion était idéale.

La cumbia colombienne, soit la plus importante de toutes les cumbias d'Amérique hispanophone, apparaît un peu plus rude, un plus costaude que la rumba, la chacha, le merengue et plusieurs autres rythmes afro-latins. Elle est néanmoins chargée de son riche patrimoine africain et témoigne de ses hybridations occidentales effectuées depuis les débuts de la colonisation jusqu'à aujourd'hui. Son rythme s'exprime généralement sur des tempos généralement moyens, parfois lents, parfois rapides, toujours propices au groove et au mouvement des corps.

Congas et timbales (assortis d'une grosse caisse et de cymbales supplémentaires) se joignent ainsi aux cordes électriques (guitare et basse), à l'accordéon ainsi qu'aux instruments à vent (saxophones et trompette). Hormis l'impériale cumbia, les variantes stylistiques au programme d'Ondatrópica sont aussi instructives que jubilatoires: currulao, porro, champeta, salsa colombienne, on en passe. Pour les férus de cumbia, on parle ici d'un alignement de rêve: Michi Sarmiento, saxophones et chant, Markitos Mikolta, chant principal, Wilson Viveros, timbales et batterie, Freddy Colorado, congas et chant, Mario Galeano, basse, Todd Simon, trompette, Quantic, guitare et accordéon.

Pour un soir de canicule montréalaise au coeur de juillet, c'était du bonbon!

Pour les fans de Patrice, métis allemand dont le père est de Sierra Leone, c'était aussi la joie au National. Samedi soir, le sweggae man a rempli l'amphithéâtre à 80 % et triomphé devant ses fans (majoritairement européens?) qui en connaissaient tous les tubes. De l'autre côté de l'Atlantique, on sait que Patrice, véritable hitmaker, est très connu des amateurs de ce reggae hybridé de hip-hop et de pop-rock. Ce qu'il nomme sweggae est un sous-genre truffé d'accroches, débordant d'énergie, dont l'indice d'octane est élevé à souhait. Magnétique sur scène, Patrice est un mec plus que sympa, dont l'objectif premier est le déclenchement de toutes les émotions du spectre humain. Simples et de bon goût, ses chansons s'incrustent dans le cortex et n'ont d'autres prétentions qu'accrocher les sourires ou tirer les larmes. Même avec une formation montée sur place, Patrice a réussi son pari aux Nuits d'Afrique: s'assurer d'un retour à Montréal, et ce dans une salle encore plus considérable.

Vendredi soir, la Sala Rossa était transformée en discothèque tropicale. New-Yorkais d'origine britannique, Andy Williams a dressé la table avec d'excellents mixes de musiques africaines, enregistrements surtout tirés des années 60 et 70. Ces musiques modernes étaient alors influencées par Cuba et l'Amérique noire de la soul et du R&B mais présentaient des inflexions régionales totalement africaines. Ce qu'en mixe Andy Williams est intelligent et raffiné, idem pour son collègue brésilien transplanté en France, Grégoire de Villanova. Ce dernier dispose aussi d'une formidable collection de disques, à commencer par une pléthore d'enregistrements rares débusqués Brésil, auxquels il ajoute des touches africaines et antillaises pas piquées des vers. Les mixes servis vendredi soir étaient tout simplement contagieux. On se dit alors que l'approche world 2.0 est là pour rester.

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