Meklit: là où la musique nous mène

«Mes deux concerts à Montréal au Cabaret du... (Photo: Cody Pickens, fournie par Nuits d'Afrique)

Agrandir

«Mes deux concerts à Montréal au Cabaret du Mile End en 2011 et en 2012 comptent parmi mes préférés parce que les gens étaient prêts à aller là où la musique les menait», a confié Meklit.

Photo: Cody Pickens, fournie par Nuits d'Afrique

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Meklit Hadero est née en Éthiopie, mais elle a grandi aux États-Unis et vit à San Francisco depuis 10 ans. Malgré son intérêt réel pour la musique de son pays d'origine, elle n'a jamais joué la carte de l'exotisme pour favoriser sa carrière. «Je ne ferai jamais des chansons éthiopiennes comme quelqu'un qui a grandi en Éthiopie», dit-elle au téléphone en prévision de son concert au Gesù ce soir.

Meklit a compris qu'on ne lui demandait surtout pas d'interpréter la musique éthiopienne en se collant à la tradition. Son instinct le lui avait déjà fait sentir, mais une rencontre avec le grand musicien éthiopien Mulatu Astatke, en 2011, l'en a convaincue.

«J'étais en tournée avec mes musiciens en Éthiopie et Mulatu est venu à l'un de mes concerts, raconte-t-elle. Il m'a dit: «J'aime ta voix, tes chansons sont très fortes, mais pourquoi refais-tu des chansons d'éthio-jazz comme on les faisait?» Mulatu m'a expliqué qu'il avait passé des mois dans la campagne éthiopienne à étudier avec les musiciens traditionnels avant de créer l'éthio-jazz. Puis, il m'a demandé ce que je faisais pour aller plus loin, pour explorer de nouvelles avenues. C'est l'essence même d'un pionnier qui ne veut pas simplement entendre la musique comme elle a déjà été jouée, mais qui, au contraire, préfère qu'elle évolue.»

Après mûre réflexion, Meklit Hadero a décidé de plonger et elle a obtenu une bourse qui lui permettra d'approfondir ces questions tout en expérimentant. Ce qu'elle en tirera ne se retrouvera pas nécessairement sur son prochain album, dit-elle: «Ce ne sera peut-être pas l'oeuvre d'une vie, mais je pourrais travailler là-dessus très longtemps.»

De Sting à Duke

De toute façon, Meklit s'amène à Montréal avec un album tout récent, We Are Alive, dans lequel s'expriment différentes facettes de sa personnalité musicale. Si elle y relit la chanson traditionnelle Kemekem avec la complicité du pianiste éthiopien Samuel Yirga, elle s'approprie également Bring On the Night dans une version fort différente de la mouture d'origine de The Police et de celle, plus jazzée, de Sting. Elle aime beaucoup la guitare dans la version de The Police, mais elle se reconnaît aussi dans la démarche de Sting, qui s'est entouré de musiciens de jazz au début de sa carrière solo.

C'est encore dans ses propres compositions que Meklit est la plus intéressante. Dans Slow, influencée par la musique éthiopienne même si ce n'est pas nécessairement perceptible; dans Waiting For Earthquakes, une chanson sur le cycle de la vie inspirée de la réalité de la Californie du Nord, mais qui, dit-elle, prend une tout autre signification quand elle la chante ailleurs; ou encore dans l'intrigante Stuck On the Moon, écrite sur une plage d'Italie, mais dont les arrangements rappellent le cabaret berlinois d'une autre époque.

La plus jazzée de toutes, A Train, est un clin d'oeil assumé à Duke Ellington, mais aussi un prétexte pour dire la fascination de la jeune femme pour New York, qui a beaucoup changé depuis l'époque où elle y habitait, à 6 ans, et celle, plus récente, où elle y est retournée étudier à l'université.

Il y a aussi We Are Alive, qui donne son titre à l'album et dans laquelle elle marie un rythme soudanais à celui de la chanson 15 Step de Radiohead. Rien de plus naturel pour la cofondatrice de The Nile Project, un lieu d'échange et de dialogue entre Africains dont la première rencontre musicale a eu lieu l'an dernier à Assouan, en Égypte.

«Il y avait une telle qualité d'écoute chez les musiciens qu'on avait l'impression d'être en famille. Ça m'a rappelé l'ouverture du public montréalais. Mes deux concerts à Montréal - au Cabaret du Mile End en 2011 et 2012 - comptent parmi mes préférés parce que les gens étaient prêts à aller là où la musique les menait.»

______________________________________________________________________________

Au Gesù, ce soir, à 20h30.




publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer