Calor intense au Métropolis et au Cabaret du Mile-End

Los Van Van a acquis le statut de... (Photo KAJI pour les Nuits d'Afrique)

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Los Van Van a acquis le statut de grand classique de la pop cubaine avec ses trois chanteurs, une chanteuse, trois trombonistes, un flûtiste, trois percussionnistes, deux violonistes et deux claviéristes.

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Los Van Van existe depuis 1969, son fondateur Juan Formell est décédé le 1er mai dernier, après avoir mené cette redoutable machine sur toutes les scènes du monde et l'avoir inscrite pour toujours parmi les grandes institutions de la musique populaire à Cuba.L'esprit de Formell est toujours vivant, force était de constater vendredi soir au Métropolis.

Plus de deux heures de calor intense!

À l'origine, Los Van Van fut une réplique réplique musclée à l'émergence de la salsa newyoricaine... inspirée essentiellement de Cuba: recyclage intense de són, guaracha, pachanga, cha-cha, mambo, rumba.

À la fin des années 60, Juan Formell était parmi ces jeunes loups de La Havane, musiciens alors traversés par la meilleure pop occidentale de leur époque. Formell et Pupy Pedroso constituaient Los Van Van, groupe initiateur du songo, un style mis au point de concert avec le percussionniste Changuito. Il est aisé de dire que Los Van Van devint le band le plus populaire à Cuba durant cette période. Au cours des années 80, le songo a connu de nouvelles mutations et engendra la timba, autre sous-genre repris dans l'île entière.

Nous voilà en 2014, Los Van Van a acquis le statut de grand classique de la pop cubaine. Trois chanteurs, une chanteuse, trois trombonistes, un flûtiste, trois percussionnistes, deux violonistes, deux claviéristes. À l'évidence, cette charanga modernisée demeure un véhicule très puissant.

L'occasion d'entendre Los Van Van est encore belle, car elle suggère une vibrante exécution par des super pros maîtrisant leur patrimoine à la perfection. Ils en adaptent les précieux acquis et incarnent désormais la tradition. Cela étant dit, on ne vise pas une perfection maladive.

Sûr de ses moyens, on évite les tests de son (c'est du moins ce qu'on a confié du côté des promoteurs), on démarre l'engin, on prend la route la pédale au fond, on balance les sons dans l'atmosphère. Bref, on conserve ce côté brut, généreux et  jubilatoire de l'expression populaire, loin de trébucher dans les fleurs du tapis. Dans la salle, la répartie est belle : les festivaliers chantent et dansent, certains excellent sur le parquet du Métropolis.

Difficile de demander mieux!

Debo Band... (Photo KAJI pour les Nuits d'Afrique) - image 2.0

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Debo Band

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Le Debo Band devra revenir

La veille, il n'y avait pas foule au Cabaret du Mile-End, rempli à environ 60 % de sa capacité. Visiblement, le pouvoir attractif du Debo Band, formation américaine chapeautée par un chanteur (Bruck Tesfaye) et un leader saxophoniste (Danny Mekonnen) aux origines éthiopiennes, ne s'est pas encore exercé sur Montréal.

Rien de plus normal, ce combo de Boston est peu connu, mieux aurait valu le découvrir gratuitement avant que les Nuits d'Afrique ne le présentent en salle l'année subséquente. Une seule présence gratuite dans l'océan de propositions du Festival de jazz de Montréal, soit deux ans plus tôt, n'a pas suffi.

Il fallait d'abord miser sur les connaisseurs mais... Les accros de la série Éthiopiques, vaste collection d'enregistrements réalisés dans les années 70 à Addis-Abeba, ne blairent peut-être pas cette adaptation de musique populaire moderne d'Éthiopie. Visiblement, ils ont préféré le concert du percussionniste, compositeur et arrangeur Mulatu Astatke, dont la formation s'est produite à guichets fermés, dimanche dernier au Club Soda.

Dommage car ce groove éthiopien mâtiné de jazz et de funk n'est pas piqué des vers. Instrumentation originale (sousaphone, accordéon et violon s'ajoutent aux guitares, cuivres, percussions, etc.), arrangements hybrides entre musiques populaires traditionnelles d'Afrique orientale et ce funk traversé par le jazz ou même le free jazz. Malgré ces réformes, l'esprit éthiopien est maintenu à travers ses rythmes particuliers, ses échelles mélodiques (gammes à cinq notes)  et ses inflexions parfois étranges pour l'oreille occidentale.

Le chanteur est d'autant plus déterminant en ce sens. Excellent animateur, Tesfaye aura fait le max pour attirer les danseurs sur le parquet et ainsi créer une ambiance chaude et dynamique. Dans un club rempli, c'eût été l'éruption! Il faudra donc revoir ce Debo Band.




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