Karen Young et Coral Egan: harmonie mère-fille

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Le duo mère-fille composé de Karen Young et Coral Egan propose avec Dreamers un premier disque commun. « On se connaît tellement musicalement, nos instincts s'alignent », dit Coral Egan au sujet de leur processus créatif.

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Josée Lapointe

La mère, Karen Young, est une grande exploratrice de la musique qui a tout chanté, du jazz au sacré, et qui a travaillé sur plus de 40 disques en carrière. La fille, Coral Egan, a fait quatre albums solos et collaboré à de nombreux projets de sa mère. Les deux femmes chantent ensemble depuis toujours, mais lancent cette semaine leur premier disque commun, Dreamers, qu'elles présentent ce soir au Lion d'or dans le cadre de Montréal en lumière.

«On avait fait deux spectacles ensemble l'an dernier et la réaction avait été très claire, raconte Coral Egan. Les gens trouvaient ça bon et on a eu envie de tourner le spectacle, mais pour tourner, il faut un album. Résultat, on est tellement heureuses parce qu'on n'en avait jamais fait encore!»

Nous avons rencontré Karen Young et Coral Egan au début de la semaine au studio Dandurand, dans Rosemont, où elles ont enregistré leur disque juste avant Noël. «Ce sont des beaux souvenirs», glissent doucement les deux femmes qui, tout le long de l'entrevue, se regarderont avec affection et respect. Une bulle pleine d'amour qui se continuera pendant la photo, où elles se tiendront par la taille en chantant Old Blue, chanson traditionnelle américaine qui figure sur le disque.

«On chantait ça quand Coral était enfant», dit Karen Young. Toutes deux racontent à quel point chanter aura toujours été une affaire de famille - de la mère de Karen à la fille de Coral en passant par frère, nièce et amis proches. Dreamers est le disque de leur histoire musicale commune, qui comporte autant leurs compositions respectives qu'une chanson du chanteur brésilien Djavan, du Steve Lacy expérimental des années 70 ou un magnifique morceau d'un chanteur turc mort en 2005. «C'est un voyage éclectique», admet Karen Young, qui n'a jamais aimé suivre les tendances.

«Ce qui a guidé nos choix, ce sont les possibilités d'harmonies. En fait, on aime plus les harmonies que les mélodies!», poursuit Coral Egan.

L'idée, ajoute Karen Young, était d'explorer tout ce qu'on peut faire avec deux voix. «Deux voix, ça peut être austère, dit-elle. On a travaillé très fort pour avoir des harmonies intéressantes, qui ne font pas trop Everly Brothers!»

Si elles ont parfois dû chercher un peu pour trouver l'arrangement parfait, le tout s'est fait «dans l'amour et la joie», dit Coral Egan. À leur image. «On l'a appelé le projet "no stress", parce que c'est très facile de chanter ensemble. On se connaît tellement musicalement, nos instincts s'alignent.»

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Dreamers, de Karen Young et Coral Egan

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Humilité

Quand on demande à Coral ce qu'elle admire le plus chez sa mère, elle est intarissable. «Dans sa création ou quand elle est sur scène, Karen est immense. Elle se donne complètement, son offre est large. Mais en personne, elle est humble, elle ne sent pas le besoin de se mettre en avant, d'être visible tout le temps. C'est ce qu'elle m'a laissé en héritage.»

Karen sourit et chantonne une phrase de Tongue Tied, une des deux nouvelles chansons de Coral Egan qui figurent sur le disque. «Restraint has its virtues...»

Quand elle regarde sa fille, Karen Young est impressionnée par la passion qu'elle met dans son travail. «Mais [une passion] qui n'est pas "over the top", précise-t-elle. C'est une passion qu'elle transmet pour tout, qui fait vibrer n'importe quelle chanson. La première fois qu'elle a chanté du jazz, c'était Don't Explain [de Billie Holiday], une chanson très adulte. Elle était jeune, mais la chantait avec une grande expérience. C'était universel.» Karen se tourne vers Coral: «Tu chantes universellement.» «Merci», répond sa fille, émue - on l'est tout autant de l'autre côté de la table.

Remise complètement du syndrome de Guillain-Barré qui l'a tenue à l'écart pendant plus d'un an, Coral Egan a retrouvé avec Dreamers le goût de refaire un disque solo. «Ça s'en vient. J'ai été très ambitieuse avec la réalisation des autres, et le retour au folk et à la simplicité me touche beaucoup. Ça se peut que j'aille vers ça.»

Dreamers, précise Karen Young, est arrivé à un moment où toutes les deux étaient bloquées professionnellement. «Coral avec sa maladie, et moi qui me demandais si j'allais arrêter de chanter pour juste composer. J'étais rendue un peu mal à l'aise avec ma voix. L'album nous a permis de nous inspirer, de travailler. Mon désir était que Coral revienne dans sa vie, ses projets, sa créativité.»

Une grande émotion passe encore entre elles. Coral Egan, de son côté, estime que Dreamers aura été thérapeutique pour les deux. «Karen vivait une angoisse qui venait avec un changement physique lié au vieillissement. La peur, ça peut complètement tuer la voix.»

Karen complète. «Je ne chante que lorsque je suis heureuse. Et avec Coral, je ne me demande jamais si je vais tomber comme ça m'est arrivé récemment. Il faut que je trouve la voix de la vieillesse, mais avec Coral, je peux faire n'importe quoi. Elle m'a redonné confiance.»

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Dreamers. Karen Young et Coral Egan. Factor.

En spectacle ce soir au Lion d'or à 20 h.




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