Piers Faccini: de l'importance de se mettre à nu

Non seulement le guitariste anglais Piers Faccini et... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

Agrandir

Non seulement le guitariste anglais Piers Faccini et le batteur italien Simone Prattico ne craignent pas l'hiver montréalais, mais ils se sentent en famille au Québec.

Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Festival Montréal en lumière

Arts

Festival Montréal en lumière

Consultez notre dossier complet sur le Festival Montréal en lumière 2011. »

Sur le même thème

Piers Faccini n'était pas pris au dépourvu par la neige qui tombait sur Montréal cette semaine. Le chanteur et guitariste anglais établi en France a vu pire à Nashville récemment, quand une tempête l'a empêché de se rendre à Chicago pour un concert avec la chanteuse et violoncelliste Dom La Nena. Les deux amis sont réunis au Québec, où ils partagent l'affiche d'une série de concerts, dont celui de demain au Club Soda.

«On fait deux shows séparés, précise Faccini. Des fois je commence, des fois c'est elle, et on s'invite sur deux ou trois chansons. Je suis tellement content que l'album de Dom ait été si bien reçu, surtout ici au Québec! Il y a deux ans, deux ans et demi, on enregistrait son disque dans mon petit studio dans les bois et elle jouait dans mon groupe.»

La jeune Brésilienne, qui, comme Faccini, vit en France et chante dans plusieurs langues, a énormément gagné en assurance en montant seule sur scène, raconte son ami Piers.

«Je suis sensible à ça parce que j'ai tellement joué tout seul, moi aussi. J'adore quand les chansons d'un album sont pleines de petits éléments dans les arrangements, mais il est impossible de recréer ça en concert, même avec six ou sept musiciens. Si la chanson est bonne, je crois que l'énergie essentielle de la performance brute, avec très peu d'éléments, c'est ce qui marche le mieux en concert.»

Son dernier album, Between Dogs and Wolves, plus folk que le précédent, My Wilderness, dans lequel la musique était plus métissée, se prête parfaitement à une interprétation dépouillée en concert. Pour ce faire, Faccini sera encore accompagné de son complice et ami italien Simone Prattico, qu'on a déjà vu à L'Astral et au Club Soda.

«Avec Simone, on est tout le temps en train de chercher des couleurs différentes avec le peu d'éléments qu'on a. C'est un batteur classique, mais comme il n'y a pas de batterie sur Between Dogs and Wolves, je lui ai demandé de jouer du xylophone sur les chansons de cet album. Il était surpris, mais il se débrouille vraiment bien. Il y a même deux morceaux où il combine xylophone et batterie.»

L'écoute québécoise

Comme pour Dom La Nena, le Québec est pour Piers Faccini un territoire très important où il se sent «en famille». «Les gens qui m'écrivent et me disent ce qu'ils ressentent en écoutant ma musique, c'est vraiment précieux pour moi. Au Québec, il y a cette écoute, cet échange-là. C'est génial.»

Demain, Faccini et Dom La Nena vont probablement jouer ensemble des chansons auxquelles ils ont tous deux collaboré. Des choses comme Dessa vez et No meu país, tirées de l'album Ela de la Brésilienne.

«Il y a un très beau violoncelle sur ma chanson française Reste la marée, ça serait vraiment joli de l'inviter.»

Et comme ils sont d'immenses fans de la regrettée Lhasa de Sela - qu'ils ont tous deux déjà chantée à Montréal -, il se pourrait qu'ils unissent leurs voix sur sa chanson Con toda palabra.

«Dom et moi, on a toujours un pied dans un pays et l'autre ailleurs, ce qu'on partage avec Lhasa, explique Faccini. Sur Between Dogs and Wolves, j'ai essayé de garder mon authenticité d'auteur en passant d'une langue à l'autre, ce qu'a réussi Lhasa sur The Living Road. Très peu d'artistes y sont parvenus et je suis encore plus admiratif de Lhasa, qui n'est pas reconnue à sa juste valeur, surtout par le public anglo-saxon.»

L'an dernier, Faccini a monté sa propre étiquette, Beating Drum, sur laquelle il a lancé le fort beau livre-disque Songs I Love. Il y reprend à sa manière des chansons d'artistes qui l'ont inspiré comme Leonard Cohen, Bruce Springsteen et Bob Dylan. On peut commander Songs I Love sur son site web, et il en avait même apporté quelques exemplaires dans ses bagages, mais il ne lui en reste presque plus à la suite de sa virée américaine. «Ce serait chouette de trouver une librairie à Montréal qui pourrait les stocker», dit-il.

Faccini publiera bientôt sur Beating Drum un premier disque qui n'est pas de lui: un mini-album de sa protégée suédoise Jenny Lisander, dont il signe la réalisation.

«C'est une démarche que j'ai entreprise un peu avec Dom, de travailler du début à la fin sur un projet. Sauf qu'aujourd'hui, avec Jenny, j'ai monté un label, on a une boîte d'édition et je peux vraiment assumer tout ce travail-là.»

La musique comme nourriture

«Quiconque aujourd'hui achète un album peut se considérer comme un mécène. Toute décision d'acheter un CD, un vinyle ou même un produit dérivé a un impact déterminant sur la musique et la production des artistes bénéficiaires.» - Extrait du texte Why Music Is Food, dans lequel Piers Faccini parle de consommation responsable en musique. La version française se trouve ici: piersfaccini.com/why-music-is-food-version-fr/

______________________________________________________________________________

Au Club Soda, demain, 20h.




publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer