Backbone: tant qu'il y a de la vie

Tant qu'il y a de la vie, il y a de... l'acrobatie, pourrait-on dire. C'est un... (Photo Alexis Aubin, collaboration spéciale)

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Photo Alexis Aubin, collaboration spéciale

Tant qu'il y a de la vie, il y a de... l'acrobatie, pourrait-on dire. C'est un peu le message envoyé par la fougueuse troupe australienne Gravity & Other Myths (et non «Odour» Myths, comme l'a souligné le député fédéral de Saint-Léonard-Saint-Michel en faisant un parallèle avec les odeurs de l'ancienne carrière Miron...).

On s'en souvient, ces bêtes de scènes coupées au couteau avaient été le clou de la programmation de l'été 2014 avec leur spectacle ludique A Simple Space. Une performance collective époustouflante, sans appareils, où les acrobates, téméraires, se lançaient des défis, les uns plus insensés que les autres.

Backbone se nourrit de ce même esprit de défi, où les acrobates poussent le bouchon jusqu'à l'épuisement. Avec ce désir (masochiste?) de tenir le plus longtemps possible. Jusqu'à la limite de ce qu'ils peuvent endurer ou en trouvant chaque fois le moyen d'augmenter le coefficient de difficulté. Une avenue choisie par une autre compagnie australienne que l'on connaît bien ici, Circa.

Pourquoi faire une pyramide humaine classique, quand on peut la faire à l'aveugle avec un seau sur la tête? Et pourquoi ne pas faire un numéro de cadre russe... sans le cadre russe? Voyez un peu?

«Qu'est-ce que tu as dans le ventre?» est le sous-texte de ces jeux acrobatiques ludiques. Un autre exemple? Imaginez un porteur qui tient sur ses épaules deux autres acrobates pour former une colonne. Maintenant, imaginez que tous les autres membres du collectif lui donnent des tapes dans le ventre, lui crient dessus, le bousculent même un peu. Et une prouesse: rester concentré, ne pas flancher.

Les artistes de Backbone multiplient ces jeux-là avec leur humour habituel, mais ils n'en restent pas là. Contrairement à son spectacle précédent, le collectif réussit aussi à créer des tableaux vivants, minutieusement chorégraphiés, qui étoffent sa proposition et qui permettent à la troupe de créer des ambiances tantôt graves, tantôt poétiques - quoique pas toujours claires dans les intentions.

Cela dit, il n'y a toujours pas d'appareil. L'acrobate dans son dénuement le plus complet. Épaulé par deux musiciens multi-instrumentistes qui rythment leurs prouesses avec virtuosité.

Les segments les plus remarquables? Des chorégraphies extrêmement précises où le geste de chaque acrobate a une incidence sur l'autre, ce qui crée un effet de domino humain. Des séquences où chaque action en entraîne une autre. Comme dans les fameux mécanismes où une balle tombe, enclenche une poulie qui remonte un seau rempli d'eau, etc. Brillant!

Oui, on s'extasie devant cette recherche acrobatique astucieuse, et oui, il y a ces jeux absolument divertissants et même des moments de grâce, comme avec cette acrobate inanimée, qui tient sur des perches que l'on hisse dans les airs. Mais la grande force de cette troupe est son ballet acrobatique au sol. Portés, main à main, tumbling, banquine. Ils se lancent, se rattrapent, se servent d'une voltigeuse comme d'une corde à sauter. C'est fait avec fougue et douceur à la fois et c'est fabuleux.

Le dernier tableau réunit tous les ingrédients qui font le succès de cette jeune troupe. Des acrobaties exécutées par trois artistes juste en dessous d'un sac de pierre retenu par le reste du groupe, qui relâche petit à petit la poulie. Suivies d'une chorégraphie où l'une des voltigeuses de Backbone tient habilement une des pierres pendant tout son numéro. À la fin, les artistes tiennent une pierre chacun à bout de bras. Le plus longtemps possible. Jusqu'à ce qu'ils n'en soient plus capables. Tout est là.

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Jusqu'au 14 juillet à la TOHU.




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