Vice & vertu: incursion dans le Red Light montréalais

Le collectif Les 7 doigts présente jusqu'au 6... (Photo Andre Pichette, La Presse)

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Le collectif Les 7 doigts présente jusqu'au 6 août son spectacle Vice & vertu. Rendez-vous à la Société des arts technologiques pour parcours de trois heures, qui se déroulera en trois lieux distincts.

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À la tombée de la nuit, Les 7 doigts recréeront à la Société des arts technologiques (SAT) le Red Light montréalais des années 40. Leur spectacle Vice & vertu, déambulatoire de trois heures (destiné à un public adulte invité à se déguiser pour l'occasion!), se déroulera en trois lieux distincts. Nous vous présentons ici cinq personnages qui ont inspiré l'équipe de création.

Lili St. Cyr (Lady Joséphine)

«Lili était la plus grande artiste burlesque de Montréal. Je vais faire son numéro de striptease dans une baignoire, qu'elle exécutait quand elle s'est fait arrêter.» - Lady Joséphine

L'effeuilleuse américaine a séduit les Montréalais dès ses premiers spectacles ici, en 1944. « C'est une figure mythique dans ce décor », nous dit Catherine Charlebois, coauteure du livre Scandale! Le Montréal illicite, 1940-1960 et muséologue au Centre d'histoire de Montréal, qui a validé le contenu du spectacle. «Elle est belle et talentueuse et elle incarne le Montréal olé olé, celui des plaisirs défendus.» C'est l'artiste de scène burlesque Lady Joséphine qui interprétera ce rôle. «Je vais faire son célèbre numéro de striptease inversé, nous dit-elle en référence à ce numéro fait pour défier les autorités de l'époque. Un règlement interdisait aux interprètes de sortir de scène "moins vêtus" qu'à leur arrivée. Lili St. Cyr a donc commencé son numéro nue [dans un bain], et créé un numéro où elle s'habille progressivement.»

Al Palmer (William Underwood)

«Quand Lili revient des États-Unis, elle vit un moment de tendresse avec Al. C'est très cool d'interpréter un personnage historique comme lui!» - William Underwood

C'est l'un des journalistes-vedettes du Herald et du quotidien The Gazette qui couvrait les affaires policières et qui se liera à toute la faune nocturne montréalaise dans les années 40 et 50. Lui-même est un peu une star, indique Catherine Charlebois. Il avait également une chronique intitulée Man About Town, un carnet de contacts impressionnant et il ne faut pas oublier que c'était un ami personnel de Lili St. Cyr (voire son amant). C'est l'artiste de cirque Will Underwood qui incarnera l'homme qui a aussi publié un guide des meilleurs clubs underground de la ville (Montreal Confidential). «Il retrouve Lili St. Cyr après une absence de deux ans», nous raconte l'acrobate qui fera aussi la narration de certaines scènes que l'on pourra voir dans le spectacle déambulatoire. 

Anna Labelle Beauchamp (Betty Bonifassi)

«Elle est décalée, elle chante du Grace Jones dans une vibe swing. Tout le personnage de Mme Beauchamp est là : résignée, mais consciente et jamais dupe.» - Betty Bonifassi

D'abord prostituée, puis tenancière d'un bordel, Anna Labelle Beauchamp, dite «la madame» (comme toutes les tenancières de bordel), s'est vite retrouvée à la tête d'un petit empire qui comptait une centaine de maisons closes, nous rappelle Catherine Charlebois. «On peut dire que c'était l'une des premières femmes d'affaires montréalaises», nous dit Betty Bonifassi, qui interprétera ce personnage en textes et en chansons. Mme Beauchamp était bienveillante avec ses filles, croit-elle. «Elle les protégeait, c'était une figure forte, qui s'est imposée dans ce système véreux. Elle savait où et quand il y aurait une descente, donc elle s'organisait en conséquence», nous dit-elle. Elle est morte en 1944 dans des circonstances nébuleuses.

Harry Davis (Martin Boily)

«L'action se passe dans son casino, c'est lui qui accueille les spectateurs comme il le faisait à l'époque avec ses clients.» - Martin Boily

C'est un vilain, membre actif de la mafia montréalaise. Cet immigrant roumain (Chaskel Lazarovitch de son vrai nom) est le propriétaire d'un casino illégal de la rue Stanley. «Le roi du gambling» sera interprété par le comédien Martin Boily, qui incarnera également le maire Jean Drapeau dans un autre tableau et aussi un curé dans le dôme. «C'est quelqu'un qui a fait 14 ans de prison, mais qui continue d'être lié au crime organisé. Un jour, il sera assassiné [par un certain Louis Bercovitch lié à la mafia new-yorkaise].» «On se rend compte que la mafia est tentaculaire, détaille Catherine Charlebois. La police intensifie ses efforts pour faire le ménage. Le remplaçant de Harry Davis, un certain Harry Ship, sera arrêté par le justicier de la Ville, Pax Plante.»

Pax Plante (Gabriel Cloutier-Tremblay)

«Il a voulu créer une vibe de changement dans la culture du vice de la Ville. C'est un justicier convaincu qui incarne quelqu'un de pur, mais qui avait ses zones d'ombre.» - Gabriel Cloutier-Tremblay

Pacifique Plante (dit Pax) est le personnage vertueux de Vice & vertu. Cet avocat montréalais réalise à quel point la Ville, qui tolère le jeu et la prostitution, est corrompue. «La population est inquiète de ce qui se passe à Montréal qui devient une véritable ville des plaisirs. Quand Harry Davis sera assassiné en 1946, Pax Plante sera déterminé à "nettoyer la Ville". L'armée canadienne, inquiète de la prolifération des maladies vénériennes dans ses troupes, va exercer une pression sur la Ville pour qu'elle ferme le Red Light. Après avoir dirigé l'escouade de la moralité, Pax Plante - qui dérange les policiers corrompus - se fait "tasser" et livre tous ses secrets dans des chroniques publiées dans Le Devoir. Tout cela mènera à la commission d'enquête Caron en 1950.»




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