Drôle de soirée avec Philippe Couillard

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard a... (Photo Olivier PontBriand, La Presse)

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Le premier ministre du Québec Philippe Couillard a répondu aux questions de l'humoriste Marie-Lyne Joncas lors d'un spectacle qui a eu lieu hier soir au Monument-National.

Photo Olivier PontBriand, La Presse

Rares sont les personnes qui ont eu l'occasion au cours de leur carrière d'interroger le premier ministre du Québec pendant 60 minutes. C'est désormais le cas de Marie-Lyne Joncas, humoriste du duo Les Grandes Crues, qui a échangé avec Philippe Couillard pendant près d'une heure, hier soir, dans le cadre de Zoofest. Une soirée qui ne passera malheureusement pas à l'histoire, dont La Presse a été témoin dans les coulisses du Monument-National.

Leur rencontre était des plus improbables. Et il aurait peut-être fallu qu'il en reste ainsi.

Armée de ses fiches de questions, Marie-Lyne Joncas avait l'air un peu perdue face à son invité de marque. L'humoriste avait bien prévenu les 150 spectateurs du Studio Hydro-Québec: pas question de jaser politique. On allait plutôt découvrir Philippe Couillard, l'homme, le père de famille qui se cache derrière le chef d'État. Malheureusement, après une heure, on en savait toujours très peu sur le personnage.

Sur papier, l'idée était plutôt séduisante : contourner la cassette politique en s'éloignant des enjeux politiques électoraux. Mais dans les faits, pourquoi ne pas avoir questionné Philippe Couilllard sur sa vie de politicien qui occupe la grande majorité de son existence de premier ministre? 

Après une heure d'entrevue, on sait désormais que le premier ministre aime la pizza toute garnie avec un petit extra de piment, qu'il s'est déjà cassé un bras, qu'il a été aide-bûcheron et que pour bien embrasser, «il faut que ce soit simultané».

Bon joueur, Philippe Couillard s'est livré à un petit jeu où il devait donner la définition de termes utilisés sur les réseaux sociaux. Un exercice auquel il a lamentablement échoué et qui a été suivi d'un appel FaceTime avec Kim Rusk. Que de temps perdu au lieu de faire briller son invité de marque qui devait pourtant regorger d'anecdotes sur les coulisses de la vie de politicien! En toute fin de parcours, Marie-Lyne Joncas a tout de même posé quelques questions dignes d'intérêt: quelle est la plus grande qualité de François Legault? «Sa persistance. Depuis le temps qu'il est là!», a lancé le premier ministre, hilare. Le plus gros défaut de Gaétan Barrette? «Il est un peu bourru», a-t-il concédé. On en aurait assurément pris plus!

Sans oublier le meilleur pour la fin: quel personnage admire-t-il le plus? «Georges Clemenceau. Il a déjà dit qu'une commission d'enquête, pour être efficace, doit compter un nombre de membres impair. Et trois, c'est trop!», a répondu le premier ministre à la blague, sans pour autant être relancé par son interlocutrice visiblement larguée.

Finalement, on est ressorti un peu perplexe de cette rencontre. Ni Marie-Lyne Joncas ni Philippe Couillard n'auront réussi à tirer leur épingle du jeu. Un rendez-vous manqué entre l'humoriste et le politicien, qui ne passera certainement pas à l'histoire.

L'événement, capté hier soir, sera diffusé pour le grand public prochainement, mais on ignore encore où et quand cela se déroulera. Les profits de la soirée ont été remis à la fondation Le Grand Chemin.

Cinq questions de La Presse à Philippe Couillard

Pourquoi avoir accepté l'invitation de Zoofest?

«J'ai pris beaucoup de risques dans ma vie, et ça, c'en est un. Je sors de ma zone de confort. L'expérience m'intéresse», a confié Philippe Couillard à La Presse tout juste avant de monter sur scène.

Votre image médiatique est-elle fidèle à ce que vous êtes?

«Ce n'est pas ça du tout. Les gens de ma famille le disent. C'est la même chose pour tous les autres leaders politiques, une image teintée par les conflits et les arguments politiques. Et je ne peux pas être tout le temps en train d'avoir du fun. J'ai le respect de ma fonction. Alors, c'est bon pour les gens de voir ce qui se passe derrière tout cela. J'espère qu'ils auront un peu de ça aujourd'hui.»

Comment vous définissez-vous? 

«Comme un être extrêmement curieux. C'est sûrement la raison pour laquelle j'ai accepté cette invitation.»

Accepteriez-vous de faire le même exercice pour parler politique? 

«J'ai parlé longuement avec Patrice Roy récemment. Tout est réduit à la tyrannie du clip de sept secondes. Comment veux-tu expliquer un sujet en si peu de temps? En France, Emmanuel Macron prévoit des entrevues avec des journalistes non complaisants qui viennent s'asseoir avec lui pendant une heure sur des sujets d'actualité. Je pense que les gens apprendraient beaucoup plus sur les hommes et les femmes politiques qu'avec des scrums de corridor. Je regrette qu'il n'y ait pas plus d'entrevues plus longues et plus profondes ici.»

Quel genre d'humour aimez-vous? 

«J'ai vu 50 fois les films des Monty Python. Sinon, j'aime bien Martin Matte. Mais de manière générale, en culture, je suis surtout fan des essais historiques. En ce moment, je lis les voyages de Marco Polo.»




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