Mehdi Bousaidan Live: de l'humour et du sens

Sous des dehors comiques, Mehdi Bousaidan évoque la... (Photo: Bernard Brault, La Presse)

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Sous des dehors comiques, Mehdi Bousaidan évoque la pauvreté, le destin des enfants soldats et le tourisme sexuel.

Photo: Bernard Brault, La Presse

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Mehdi Bousaidan n'a que 22 ans et déborde déjà d'idées originales. Pour son spectacle solo à Zoofest, il aurait pu se contenter d'un stand-up classique, vissé au micro pendant une heure. Mais de son 60 minutes avec..., il a fait un concept aux frontières du show télé et du théâtre.

Le Mehdi Bousaidan Live débute par une intro sonore dans le noir le plus total. Quand les projecteurs s'allument, il fait une démonstration de break dance très acrobatique - quelle souplesse! - sauf qu'on finit par comprendre que ce n'est pas lui, le petit maudit, mais Greg Krypto Selinger!

«Moitié arabe, moitié québécois», Mehdi Bousaidan est à l'aise sur scène, mais son charme lui vient d'abord de l'intelligence de ses propos, distillant sans trop en abuser l'étendue de son savoir.

Les voyages forment la jeunesse. C'est le premier sujet qu'il traite, expliquant ce qu'il en a retiré. De Paris, il se souvient des jeux télévisés où l'on «gagne des dictionnaires» quand on répond à des questions de connaissances générales, alors qu'ici «on choisit une valise», glisse-t-il, espiègle.

Il raconte qu'il a adoré la musique techno allemande et se met à en chanter un extrait, accompagné par le DJ Jean-Martin Blanchette. Pas mal.

Hip-hop sympa

Puis, il passe au rap, évoque plusieurs types de rappeurs qu'on voit dans les clips: le «barbu», le «petit avec un couteau», le «vulgaire» ou «l'obscur» en imitant chacun d'eux, avant de céder la place à un vrai rappeur, Gregory Beaudin, alias Snail Kid, du groupe Dead Obies, pour une minute de hip-hop sympa.

Mehdi revient sur scène en boubou pour jouer son personnage de Congolais né d'un père belge et d'une mère «qui avait accepté les chocolats». Il explique que le Québec est un milieu multiculturel, «car les musulmans peuvent manger halal, les juifs peuvent manger kasher et les autres Québécois peuvent manger halal et kasher». Finement amené.

C'est le style Bousaidan. Sous des dehors comiques, il évoque la pauvreté, le destin des enfants soldats, le tourisme sexuel et le manque d'hôpitaux dans les pays africains.

Dans le tableau suivant, accompagné par son DJ, il fait rire en commentant les différentes sonneries d'un téléphone cellulaire. Mais c'est la fin du spectacle qui montre ce qu'il apporte de sang neuf, avec un humour un peu plus intéressant que les monologues habituels et les blagues anecdotiques. Il incarne alors un professeur d'histoire de l'art qui enseigne à «l'UBAV, l'Université de Blainville à Verdun» et qui a donné l'an dernier le cours Rimbaud 1 avant de donner Rambo 2!

Pointeur laser en main, il se met à décrire des oeuvres d'art projetées sur un écran. D'abord, La création d'Adam, l'oeuvre de Michel-Ange peinte sur la voûte de la chapelle Sixtine, à Rome. Puis Le cri, de Munch, La Joconde... «peinte par Gandalf », les drippings de Jackson Pollock ou le Pop art de Warhol. Chaque fois, des commentaires comiques mais un propos qui a du sens. Qui donne du sens. Mehdi Bousaidan est très bien parti.

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Les 26 et 27 juillet, 1er et 2 août, à 19h, au Monument-National.




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