Pierre Verville/André-Philippe Gagnon: y a-t-il un animateur dans la salle?

Pierre Verville et André-Philippe Gagnon semblaient peu à... (Photo: Ulysse Lemerise, collaboration spéciale La Presse)

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Pierre Verville et André-Philippe Gagnon semblaient peu à l'aise dans leur rôle d'animateur, et ce, dès le numéro d'ouverture dans lequel le «Robin Labeaume » (Pierre Verville) et le «Batmaire Coderre» (André-Philippe Gagnon) jouent les superhéros qui veillent sur la ville.

Photo: Ulysse Lemerise, collaboration spéciale La Presse

Qui dit Têtes de Turc des Québécois dit forcément politiciens. C'est la thématique avec laquelle devaient composer André-Philippe Gagnon et Pierre Verville, hier soir, à la salle Wilfrid-Pelletier dans le cadre de leur gala Juste pour rire.

Il faut remonter 30 ans plus tôt pour retrouver à la barre d'un gala deux imitateurs, (soit Jean-Guy Moreau et Thierry Le Luron). Malheureusement, la performance de Gagnon et Verville ne passera pas à l'histoire. «En bas d'humoriste, il y a imitateur. On en a pris deux pour être certain que ça serait drôle», a lancé à la blague Gilbert Rozon dans une vidéo d'ouverture.

Peut-être en aurait-il fallu deux autres sur scène hier soir, tant les deux animateurs semblaient peu à l'aise dans leur rôle et n'ont pas du tout été convaincants. Et ce, dès le numéro d'ouverture dans lequel le «Batmaire Coderre» (André-Philippe Gagnon) et «Robin Labeaume» (Pierre Verville) jouent les superhéros qui veillent sur la ville. Les quelques rires timides du public n'ont fait que confirmer la faiblesse de ce sketch. Un pénible commencement qui a fort heureusement été gommé par les performances des humoristes qui se sont succédé sur scène.

Mathieu Cyr a relevé le défi en s'adressant aux politiciens ministre après ministre. «Le crime, lui au moins, est organisé!», a lancé l'humoriste qui a livré avec aisance quelques belles lignes.

François Léveillée, le metteur en scène du gala, est ensuite apparu sous les traits d'Édouard Blanchette, un commissaire scolaire hilarant interprété avec justesse et sans faux pas. «On va réduire la porte à 30 cm. Tu passes pas, tu rentres pas!», a décrété le personnage en parlant de malbouffe dans les écoles. Saluons au passage les textes de l'humoriste.

Plus les numéros s'enchaînent, plus les courtes présentations des animateurs se font plus pénibles.

Jeune imitateur

C'est ainsi qu'André-Philippe Gagnon, visiblement nerveux et butant sur les mots, a laissé place au jeune imitateur Louis-Julien Durso, 12 ans, qui s'est installé au piano le temps d'une performance éclair pour interpréter une parodie de Comme des enfants, de Coeur de pirate. On en aurait pris plus, surtout avant qu'André-Philippe Gagnon n'enchaîne avec son imitation de Lise Dion qui demande qu'on tende l'oreille pour la reconnaître.

Un autre faux pas à l'animation très vite oublié grâce à l'arrivée de l'excellente Suzanne Champagne qui a brillé dans son personnage de Pauline Marois qu'on avait déjà pu applaudir dans Revue et corrigée au Rideau vert. La comédienne livre un excellent texte et est applaudie par un public debout pour la première fois de la soirée.

Sans grande surprise, Guy Nantel a évolué comme un poisson dans l'eau sur scène dans un gala taillé sur mesure pour lui.

Normand Brathwaite a créé la surprise en débarquant sur scène crucifié sur la croix de l'Assemblée nationale. Il a donné la réplique à Pierre Verville et André-Philippe Gagnon qui ont tour à tour fait des imitations de politiciens, de René Lévesque à Jacques Parizeau en passant par Jean Charest et Bernard Landry. Les deux animateurs s'en sortent honorablement, sans casser la baraque devant un Normand Brathwaite qui punche réplique après réplique.

Louis T s'en prend au système de santé en nous confiant ses maux de ventre juste avant que Réal Béland vienne lire ses avertissements dans la peau de son personnage absurde de Président de la fédération des stickers d'avertissement. Les deux humoristes ravissent le public dans leur style respectif.

Daniel Savoie - et son savoureux personnage de joueur de hockey Patrice Lemieux - a, quant à lui, sauvé L'anti-parti, parodie en version politique de l'émission L'antichambre, animée par Yannick Bouchard avec André-Philippe Gagnon imitant Michel Bergeron et Pierre Verville en Jacques Demers.

C'est un Emmanuel Bilodeau en toute possession de ses moyens qui a ensuite foulé la scène avec son personnage indigné de candidat aux élections. Le comédien devenu humoriste jongle avec les jeux de mots dans un débit parfait et offre un numéro entièrement maîtrisé. On a hâte de le voir dans son premier spectacle solo.

La soirée s'est terminée sur un numéro musical d'imitations livrées par les deux animateurs. Une performance qui a connu plus de bas que de hauts mais qui reste la meilleure intervention de la soirée pour Pierre Verville et André-Philippe Gagnon. On aurait pourtant pu penser que la politique aurait été un terreau fertile pour les deux imitateurs.




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