Rocío Molina: donner libre corps

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Mario Cloutier

Rocío Molina s'amène en solo pour la première fois à Montréal. Elle présentera mercredi et jeudi son plus récent spectacle de flamenco contemporain, déjà acclamé un peu partout sur la planète danse: Caída del cielo (Tombée du ciel).

Comme le grand Israel Galván, avec qui elle a déjà travaillé, Rocío Molina est une exploratrice de nouvelles avenues dans le flamenco. «Le résultat est différent, mais nous cherchons tous les deux à dépasser les limites du corps.»

Ou à exploiter ses innombrables possibilités. Dans Caída del cielo (Tombée du ciel) et tout ce que fait Rocío Molina, le corps montre le chemin. «Une fois qu'on acquiert la technique du flamenco après des années de formation, que l'on connaît cette danse par coeur, il est possible de développer sa personnalité et son art.»

L'improvisation est au centre de son travail en atelier. Tout comme son sens de l'observation du quotidien et du monde. «Je suis curieuse en tout et très ouverte. Toute l'information s'inscrit dans mon corps sans que je l'analyse. Après, j'y réfléchis.»

«Ce qui parle en premier, c'est le corps. Le corps commande. Les mots viennent ensuite.»

Équipe

Rocío Molina travaille depuis plusieurs années avec Carlos Marquerie comme idéateur, directeur, dramaturge et éclairagiste.

«Il fait souvent la relation entre mes impros et des images que ça lui inspire. On en parle jusqu'à ce que ça devienne cohérent. Nous cherchons à identifier mes inquiétudes et l'expressivité que j'ai en moi. C'est la même chose avec les musiciens.»

Parmi les éléments surprenants de Caída del cielo: une guitare électrique plutôt lourde. «Elle arrive dans la partie "sale" du spectacle. Je travaille aussi avec le silence. La première partie, c'est le ciel, la blancheur, la virginité. La deuxième représente la chute, la profondeur, l'obscurité.»

De belles idées à explorer en gestuelle et en pas, qu'ils soient traditionnels ou non. Mais Caída del cielo est également une oeuvre très personnelle.

«Plusieurs choses m'inspirent dans la vie concrète, comme l'histoire des femmes en prison, un livre sur l'art grotesque, etc. Le corps peut tout dire. Il s'agit de savoir l'écouter, de le ressentir et de l'exprimer. Le corps est un filtre de vérité.»

Théâtralité

Rocío Molina, en ce sens, pratique un flamenco plus théâtral que certains de ses contemporains.

«Le corps n'a même pas besoin de bouger parfois pour dire quelque chose. J'aime inclure des formes théâtrales, mais je le fais presque sans m'en rendre compte. C'est dans ces moments qu'apparaît l'être humain. J'aime jouer avec ça.»

Cette démarche lui permet d'étendre considérablement sa palette d'émotions.

«Le flamenco possède beaucoup de postures connues. Il cache aussi parfois. Je me laisse aller davantage. J'aime m'éloigner des clichés.»

Elle ajoute, du même souffle, que son intention n'est pas de changer le flamenco. Juste de s'exprimer à sa façon.

«Tout ça est naturel. Je ne fais que raconter ma propre vérité. En vieillissant, mon corps perdra des choses, en gagnera d'autres, mais l'important sera de toujours exprimer sa vérité.»

Fort bien dit.

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Au Monument-National, les 7 et 8 juin, à 20 h.




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