Tauberbach: au-delà du chaos

La nouvelle pièce d'Alain Platel est inspirée de... (Photo: fournie par le FTA)

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La nouvelle pièce d'Alain Platel est inspirée de la vie d'une femme dans une favela brésilienne.

Photo: fournie par le FTA

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Mario Cloutier

Le Belge Alain Platel est un habitué du FTA, Après Gardenia en 2011, entre autres, il revient présenter Tauberbach, une pièce inspirée de la vie d'une femme dans une favela brésilienne.

Alain Platel aime les histoires où la dignité humaine triomphe de l'adversité et du mépris. En voyant un documentaire sur une femme ayant choisi de vivre dans une décharge au sein d'une favela brésilienne, le metteur en scène savait qu'il avait entre les mains un sujet porteur, comme celui des travestis de Gardenia.

«Dans le documentaire, Estamira dit de très belles choses. Elle exprime des réflexions personnelles sur le monde qui prennent l'allure de pensées philosophiques. Certains de ses mots sont violents, d'autres poétiques. Ils sont pleins de vérités.»

Cette femme qui vit dans le dépouillement le plus total avait pourtant une maison. Mais elle décide de la quitter pour la décharge parce qu'elle y a trouvé «la vraie vie, les vrais êtres humains». Estamira est incarnée sur scène par la comédienne néerlandaise Elsie de Brauw.

«C'est sa propre vie que raconte aussi Elsie, dit Alain Platel. Elle a eu plusieurs inspirations, mais l'une d'elles est la lutte qu'elle s'est livrée à elle-même pour entrer dans ce personnage. On essaie de voir comment des gens essaient de garder leur dignité. C'est leur force. Ça dépasse l'anecdote d'une femme qui vit dans une décharge.»

Confrontés à leur passé

Coproduction de sa troupe Les Ballets C de la B et du Münchner Kammerspiele, Tauberbach met en scène six interprètes. Et des vêtements, une «décharge» de vêtements.

«On a géré plusieurs matériaux et à un moment donné, on a juste mis tous les costumes appartenant à la compagnie. Ça nous a plu. Il y avait la possibilité de disparaître sous la pile de vêtements. En répétition, les danseurs trouvaient des costumes qu'ils avaient utilisés dans d'autres spectacles. Ils étaient confrontés à leur passé.»

Le metteur en scène a aussi eu l'idée d'une bande sonore décalée: Bach chanté par des sourds, d'où le titre Tauberbach. La musique est le septième personnage de cette pièce, dit Platel.

«Cette partie est assez choquante à l'oreille. En même temps, petit à petit, il y a quelque chose de très émotionnel, de très fort. J'ai demandé aux danseurs de reconnaître cette partie comme une vraie musique. Les danseurs en sont venus à être capables de chanter avec eux.»

Malgré le chaos des voix dissonantes et de cet amas de costumes, Tauberbach reste une pièce très écrite.

«On peut avoir l'impression du hasard, mais il y en a très peu. J'aime bien donner l'illusion qu'on est en train d'improviser sur scène, mais finalement, je fais dans la dentelle.»

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Tauberbach est présenté au Monument-National du 29 mai au 1er juin.

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