MHD: retour de LA superstar du rap francophone

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Qui dit mieux au sein de TOUTE la francophonie? Les données relatives à la circulation de ses clips sont tout simplement hallucinantes. À titre d'exemple, citons quelques «chapitres» de sa série de singles à l'enseigne Afro-Trap sur YouTube: le clip de la partie 4 (Fais le mouv) compte 38 969 258 visionnements; celui de la 5 (Ngatie abedi) en récolte 51 785 927; la 6 (Molo molo), 24 676 660; la 7 (La puissance), 111 707 056; la 8 (Never), 39 700 624; la 9 (La fureur), 29 774.

Mohamed Sylla, alias MHD, est sans conteste l'artiste francophone le plus écouté et visionné sur le web - Europe, Amérique du Nord, Afrique, Antilles, au-delà de l'espace francophone... Phénomène viral par excellence du rap hexagonal depuis 2015, ce jeune Parisien du 19arrondissement a déjà triomphé aux FrancoFolies de Montréal l'an dernier, deux soirs d'affilée sur la scène extérieure consacrée au hip-hop, devant des dizaines de milliers de nouveaux fans... ce qui avait d'ailleurs généré des affrontements nocturnes entre certains spectateurs et les forces policières.

«Je me souviens très bien de ces spectacles, raconte MHD, joint à Paris il y a quelques jours. Le premier soir, on était très vite partis après le show, on n'était plus là lorsque les accrochages se sont produits. On l'avait appris le lendemain, c'était très surprenant... Dommage que ça se soit mal passé. Déjà qu'on ne s'attendait pas à tout ce monde! Le soir suivant, cependant, tout avait été nickel.»

Inutile d'ajouter qu'à 22 ans, MHD est le seul artiste parisien de son âge à avoir conquis un grand public nord-américain, toutes souches culturelles ayant la langue française en partage confondues. Comment s'explique-t-il cet impact aussi soudain que massif?

«Franchement, répond-il, je n'ai pas de réponse claire. J'étais très étonné que tout ce monde connaisse mes chansons par coeur, mais j'avais d'abord vu l'intérêt des Québécois dans les réseaux sociaux; je lisais souvent des commentaires de Montréal, d'Ottawa, d'ailleurs au Canada. Et c'est pour ça qu'on revient, avec quatre ou cinq nouveaux morceaux.»

Différent de l'an dernier

Vite revenu à Montréal, MHD promet de ne pas refaire le même show

«D'abord, nous sommes beaucoup moins timides; on est mieux préparés, on se lâche! Les éléments de scène sont bien meilleurs, on a plus de moyens: mise en scène, son, éclairages... Un nouveau show, quoi ! Je reviens toutefois avec les mêmes backers [rappeurs de soutien], Baki et AP, qui sont des amis d'enfance. Lorsque ça s'est mis à marcher, je les ai emmenés avec moi.»

Calme et affable au bout du fil, Mohamed Sylla ne semble pas s'être enflé la caboche avec ce succès phénoménal.

«Mes chansons sont arrivées au bon moment. Les morceaux se sont enchaînés très vite dans les réseaux sociaux, c'est ce qui a marqué. Bien sûr, c'est très positif pour le hip-hop de France dont je suis fan. Je suis très fier de contribuer à ce que le rap français ait sa case dans la musique mondiale. Je suis content d'en passer le message... subliminal!»

La célébrité ne l'a pas isolé, affirme-t-il, en outre: 

«Ma vie n'a pas vraiment changé, en fait, j'ai plutôt renforcé mes liens avec mes proches et ma famille. Je vis dans le même quartier, c'est important pour moi de continuer à fréquenter mes amis. Demeurer dans le 19e m'inspire et me motive à sortir de nouveaux morceaux. Je sors encore avec mes amis, je mange avec eux, je fais tout avec eux. Pas grand-chose n'a changé, je peux évoluer dans ce même environnement.»

Vraiment, MHD?

«Bien sûr, j'ai dû m'habituer à être connu, répond-il. Oui, je dois me faire prendre régulièrement en photo avec mes fans... Il m'arrive de me cacher un peu, mais, grosso modo, je suis très content de ce qui m'arrive.»

Du nouveau très bientôt

Hip-hop, trap, afro-électro, afro-pop, pop anglo-américaine, variété française, tous ces matériaux servent à la construction de ce style que MHD se plaît à nommer afro-trap.

«J'écoute un peu de tout, je cherche toujours la nouveauté, j'aime bien innover. C'est sûr que je consacre plus d'énergie à créer mes musiques qu'à en écouter. Je travaille avec mes amis beatmakers [DSK, Dany Synthé, etc.], toujours la même équipe. Ils ont leur studio où je passe souvent. On échange aussi nos idées par e-mail ou texto. On essaie de maintenir l'affaire bien vivante.»

Pour conclure cette conversation téléphonique, il annonce la sortie prochaine de son deuxième album.

«Je n'ai pas encore de date précise, mais c'est pour très bientôt. On ne lâche pas, les spectacles continuent simultanément. Je serai en Afrique en août, puis, l'automne prochain, je souhaite revenir en tournée nord-américaine, au Canada comme aux États-Unis.»

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Au Métropolis, à 21 h, ce soir et demain, précédé de Misa.




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