L'été commence avec Louis-Jean Cormier

« Merci aux FrancoFolies de m'avoir offert cet immense... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)

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« Merci aux FrancoFolies de m'avoir offert cet immense terrain de jeu ! », a lancé Louis-Jean Cormier vers la fin de ce spectacle où il a chanté des chansons de ses deux disques solos, Le treizième étage et Les grandes artères.

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Josée Lapointe

Les 28es FrancoFolies de Montréal se sont terminées hier avec deux spectacles de clôture qui ont laissé beaucoup de place aux mots et à la poésie. Alors que des dizaines de milliers de personnes étaient venues entendre Louis-Jean Cormier sur la place des Festivals, l'hommage à Diane Dufresne à la Maison symphonique a ravi ceux qui ne ratent jamais l'occasion de lui montrer combien ils l'aiment.

C'est d'ailleurs en se levant spontanément que les spectateurs ont accueilli la diva à son arrivée sur scène pour le seul vrai duo de la soirée, Les hauts et les bas d'une hôtesse de l'air, qu'elle a partagé avec Diane Tell. La chanteuse, qui a travaillé à la conception du spectacle, a ensuite laissé la place à ses invités - en majorité ceux qui ont participé au disque Intemporelle Diane Dufresne, plus quelques ajouts.

A suivi un défilé assez sage de chanteurs et chanteuses qui semblaient parfois écrasés par l'aura de Diane Dufresne. Même si vocalement, dans l'ensemble, ils n'ont pas eu à être gênés de leur performance.

De Que par Alexandre Désilets - qui arrive à chanter aussi haut que Diane Dufresne ! - à J'ai douze ans maman par Charlotte Cardin, en passant par Un souvenir heureux par Pierre Lapointe - qui a rendu un bel hommage à celle qui a été un modèle pour lui - et Épine de rose par Marie-Denise Pelletier, les interprètes étaient manifestement à la hauteur.

Mais il manquait, comme souvent dans ce genre d'événement, un peu de folie, même contrôlée - d'autant plus que Diane Dufresne n'a jamais été la plus tranquille des chanteuses.

Seule Jorane, en fait, avec une interprétation absolument incarnée et légèrement déjantée du Parc Belmont, semble avoir hérité des excès et de la théâtralité de Diane Dufresne, qui lui avait d'abord mis la table avec la très belle Cendrillon au coton.

Avec une intro à l'orgue Pierre-Béique et une finale commune de Diane et Jorane, cet enchaînement a sûrement été le moment le plus fort et le plus surprenant d'une soirée où on s'est promené des vieilles chansons - L'homme de ma vie, par Marie-Pierre Arthur - aux plus récentes - J't'aime plus que j't'aime, par Betty Bonifassi.

Une soirée somme toute classique où les chansons de Diane Dufresne - écrites par elle ou par d'autres - ont trouvé un écrin parfait pour se déployer. Et qui nous a rappelé que derrière les frasques, la voix et l'excentricité, se trouvaient des textes souvent soignés qui peuvent trouver leur place dans d'autres voix.

LOUIS-JEAN CORMIER

Nous avons quitté la Maison symphonique pour arriver à la place des Festivals un peu après le début du spectacle de Louis-Jean Cormier, alors que la foule se massait, compacte, du boulevard De Maisonneuve à la rue Sainte-Catherine. Sûrement l'un des plus gros rassemblements dans le cadre des Francos depuis Loco Locass, en pleine crise du printemps érable il y a quatre ans.

L'ex-chanteur de Karkwa a livré un spectacle à son image, entre les ambiances saturées et la simplicité, invitant même le slameur David Goudreault à participer à quelques pièces.

Sans faire de concessions, celui dont la popularité est montée en flèche depuis son passage comme coach à l'émission La voix a osé proposer des segments beaucoup plus tranquilles.

Il a enchaîné par exemple les titres assez sombres de son deuxième disque - Faire semblant, Tête première, Le jour où elle m'a dit je pars, Vol plané -, pour ensuite livrer des versions acoustiques d'Au long de tes hanches (poème de Miron mis en musique) et de Montagne russe.

Mais ce passage exigeant, surtout dans le cadre d'un spectacle de cette envergure, n'a pas fait fuir les spectateurs - au contraire, il fallait voir les têtes se balancer en écoutant avec attention les mots du chanteur. « On aurait pu entendre une mouche voler, ou du pollen ! », a-t-il même lancé, osant même cette citation du poète Patrice Desbiens : « À quoi ça sert d'être brillant si on n'éclaire personne. »

Le spectacle a ensuite repris son ascension - Louis-Jean Cormier était tout de même entouré de son band, d'une section de cuivres et de choristes - avec des chansons que tout le monde a pu entonner avec lui : Le coeur en téflon, La cassette, Tout le monde en même temps, J'haïs les happy ends. Une finale solide et enlevante, le tout se terminant avec la toute douce Deux saisons trois quarts, qui a mené les spectateurs vers la fin d'une soirée parfaite qui sentait, enfin, le début de l'été.

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