Gainsbourg symphonique: entre la grâce et le malaise

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Jane Birkin, ancienne compagne de Gainsbourg, a éprouvé des difficultés lors de son tour de chant.

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Ça se voulait un hommage au grand Serge, une idée un peu folle et une double première, nous a rappelé un Laurent Saulnier presque aphone avant le concert d'ouverture des 28es FrancoFolies, vendredi soir à la Maison symphonique. C'était aussi, il faut le dire, une proposition audacieuse que se permet parfois Montréal quand s'unissent ses forces créatives.

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Arthur H. a assuré la première partie du spectacle consacré à l'univers de Serge Gainsbourg. 

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Le concert a été ponctué d'envolées rock. ... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE) - image 1.1

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Le concert a été ponctué d'envolées rock. 

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Malheureusement, le résultat nous a laissé sur notre appétit.

L'extraterrestre qui se serait introduit sans avertissement dans la rutilante Maison symphonique aurait sans doute eu du mal à croire que les deux parties de ce concert étaient consacrées à l'oeuvre d'un seul et même créateur. Du rock bluesé, funky, presque prog par moments d'Histoire de Melody Nelson servi par Arthur H. et un trio énergique avec des interventions épisodiques du grand orchestre et d'un choeur qui, comme sur le disque de 1971, donnait l'impression d'avoir bien écouté Atom Heart Mother de Pink Floyd et You Can't Always Get What You Want des Stones, aux orchestrations feutrées qui accompagnaient souvent la voix de Jane Birkin après l'entracte, il y avait un monde. Un monde qu'a habité un artiste aux personnalités musicales multiples du nom de Gainsbourg.

La mythique Histoire de Melody Nelson était vibrante, solidement appuyée par la basse omniprésente de Jean-François Lemieux. La voix du narrateur Arthur H. était noyée dans ce déferlement rock pendant la première chanson, Melody, mais on allait l'entendre beaucoup plus clairement dans l'ultime Cargo culte qui bouclait la boucle de cette suite audacieuse se terminant sur une tempête de percussions.

Convaincant.

Le récital symphonique de Jane Birkin fut plus inégal. Gainsbourg a toujours eu un faible pour les chanteuses au filet de voix et sa muse anglaise l'a très bien servi par sa vulnérabilité pendant des années. Mais vendredi soir, on a trop souvent eu l'impression qu'elle chantait sans filet.

Après avoir dit Ces petits riens aux côtés de son pianiste et orchestrateur Nobuyuki Nakajima, elle s'est amenée au micro au centre de la scène où les vents ont annoncé Lost Song. Aussitôt l'intro terminée, la voix de la chanteuse s'est mise à lui jouer des tours.

Il faut dire que cette voix qu'elle avait de la difficulté à maîtriser était toujours à l'avant-plan, appuyée discrètement par le seul piano ou un accompagnement discret de l'orchestre qui allait se déployer dans les passages instrumentaux. ‎Puis Birkin se ressaisissait et on goûtait pleinement Baby Alone in Babylone ou L'aquaboniste ‎avant de compatir avec elle pendant une difficile Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve, immédiatement suivie d'une chanson de Prévert fort bien rendue.

‎Quand on lui en donnait l'occasion, l'OSM et son chef Simon Leclerc étaient à leur aise dans les chansons de Gainsbourg inspirées de Grieg, Chopin ou Brahms. Et Birkin s'amusait manifestement dans des choses plus fantaisistes comme la jazzée Exercice en forme de Z ou la fantaisiste La gadoue popularisée par Petula Clark.

Quelques moments de grâce qui n'ont pas réussi à dissiper le malaise ressenti auparavant.

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