Fioritudes: absent et pourtant tellement là

Ça s'est passé à la toute fin de la deuxième partie des Fioritudes qui... (Photo Bernard Brault, La Presse)

Agrandir

Photo Bernard Brault, La Presse

Ça s'est passé à la toute fin de la deuxième partie des Fioritudes qui lançaient les FrancoFolies hier soir à Wilfrid-Pelletier.

Tout à coup, la voix de Serge Fiori a pris son envol au-dessus de l'orchestre, cette voix immédiatement reconnaissable, un instrument à part entière capable de véhiculer toutes les émotions.

Cette voix échantilonnée venait nous rappeler combien la tâche à laquelle se sont attaqués généreusement tous les artisans de cette célébration de la musique de Fiori était colossale sinon impossible.

Fiori n'était pas sur scène - il observait le tout depuis une loge - mais sa musique, si. Aussi bien avant l'entracte quand Catherine Major, Antoine Gratton, Marie-Pierre Arthur et Alexandre Désilets se sont emparés de ses chansons d'avant 2014. Plutôt que de se complaire dans les évidences, ils nous avaient réservé des surprises comme pour nous prouver que le Fiori d'antan ce n'est pas qu'Harmonium. Des choses comme D'accord que Fiori a écrite pour Nanette et que Catherine Major a fait sienne en s'accompagnant au piano ou encore cette Chasseur rescapée de l'album solo méconnu de 1986 et que George Benson n'aurait peut-être pas boudée.

Bien sûr, les spectateurs dont plusieurs ont sans doute connu Fiori à l'époque d'Harmonium, ont manifesté leur plaisir quand la musique d'En pleine face s'est envolée et tout le monde a tripé sur chacun des mouvements de la suite Depuis l'automne, nourrie par les nappes de claviers, les guitares sèches, le saxophone et les magnifiques harmonies vocales.

Mais le morceau de bravoure de cette première partie aura été ce Duodadieu qui porte la marque de Fiori et Dufresne mais dans lequel se sont pleinement investis Marie-Pierre Arthur et Alexandre Désilets.

Après l'entracte, le nouvel album de Fiori a eu droit au traitement qu'on réserve normalement aux grands classiques. Le public l'attendait, lui qui acclamait l'intro à la 12 cordes de Le monde est virtuel avant même que le rideau se lève. Tour à tour, Daniel Lavoie, Ian Kelly, Coral Egan et l'âme soeur Monique Fauteux sont venus prêter main-forte au quatuor des trentenaires. Lavoie a trébuché sur le texte du Chat de gouttière et il est reparti du début par respect pour l'ami Serge. Il n'a pas été le seul à avoir un trou de mémoire, mais ça n'a vraiment rien gâché.

C'était le genre de soirée trop rare où tout le monde communie tellement à la même musique que l'invité de dernière minute Ian Kelly fut acclamé tout autant que les vedettes mieux connues.

Ce fort beau spectacle nous aura rappelé encore une fois la richesse et la diversité de l'oeuvre de Fiori, diversité qu'on oublie trop facilement tellement ses chansons ont en commun la voix unique et la forte personnalité de cet homme fragile.

Pourtant quand, au rappel, Désilets a chanté de sa voix de fausset Comme un fou, l'illusion était presque parfaite.




la boite:1600147:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer