2011-06-16 07:56:00.000

Je te Serge, moi non plus

Arielle Dombasle et Monia Chokri - la révélation... (Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Arielle Dombasle et Monia Chokri - la révélation du spectacle - ont chanté Je t'aime moi non plus en jouant tous les clichés.

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

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Marie-Christine Blais
La Presse

D'accord, on va essayer de dire le ça simplement: de même qu'il y a eu Gainsbourg et Gainsbarre, hier, il y avait ceux qui ont adoré le spectacle hommage conçu par Pierre Lapointe, et ceux qui l'ont abhorré, «hagui» pour mourir. Rien entre les deux. C'est quand même extraordinaire, non, un spectacle qui polarise les opinions à ce point? Et c'est tellement Gainsbourg!

Je suis de ceux et celles qui ont vraiment aimé le spectacle, avec tout ce qu'il avait d'iconoclaste, d'excessif, de risqué et de carrément hilarant, d'ambigu et de troublant par moments. Voir Arielle Dombasle en Birkin (avec accent britannique) et Monia Chokri en Gainsbourg féminin chanter Je t'aime moi non plus en jouant de tous les clichés, absolument aguichantes et comédiennes jusqu'au bout de leurs longues bottes de cuir, pendant que l'orchestre constitué uniquement de guitares, d'une harpe et... d'une égoïne jouait la mélodie à la manière de Zorba le Grec ou du Parrain (O.K., on s'entend sur «arrangements méditerranéens»), c'était carrément extra! Et complètement déjanté, deuxième degré, sexy, blonde et brune mêlées, un peu mongol à batterie, assumé, bref, c'était du spectacle, du vrai.

Alors, bien sûr, si on voulait apprécier la beauté des textes (qui n'étaient pas toujours audibles en première partie) ou regarder un spectacle parfait et lisse (alors que les chanteuses oubliaient parfois leurs paroles toujours en première partie, en fait dès la première chanson...), c'était complètement fichu. Car le spectacle conçu par Lapointe était tout sauf normal et consensuel. Serge aurait adoré...

Tout ça pour dire que ceux qui sont partis à l'entracte, en précisant que ce qui était le plus réussi, c'était les éclairages (extraordinaires, c'est vrai - une idée de Lapointe, que des ampoules nues, c'était magnifique), eh bien, les pauvres ont manqué un spectacle marquant, unique, de ceux qui nourrissent l'imaginaire pendant quelques mois.

Il y a eu des trucs vachement bien, comme Frannie et Fab de Random Recipe «oumphant» Requiem pour un con et surtout Ford Mustang, avec leur livraison rap organique. Ou la comédienne Monia Chokri (Les amours imaginaires), absolument «agace» et fière de l'être, expliquant qu'elle «a misé sur ses vêtements» (affriolants) pour qu'on oublie que c'est la première fois à vie qu'elle chantait en public (pas mal, débuter au Théâtre Maisonneuve!). Pour ma part, elle a été la révélation du spectacle. Adorable, la fille, complètement bien dans sa peau et drôle, peut-être pas la plus grande chanteuse qui soit, mais quelle interprète, dans tous les sens du terme!

Au nombre des moments carrément magiques pendant la deuxième partie, parlons de celui où Clara Furey a chanté Vague à l'âme (popularisé par Vanessa Paradis), avec seulement une contrebasse et deux ampoules, franchement beau. Et puis celui où les filles de Random ont interprété Tandem avec Betty Bonifassi, hallucinant de séduction. Et quand Monia a fait Laisse tomber les filles ou qu'elle a chanté Comic Strip avec Clara, délicieusement troublant. Et quand Betty a donné une version charnelle de Black Trombone comme elle seule est capable de le faire.

Toutes ces filles étaient accompagnées uniquement par un groupe de cordes de guitares (avec parfois une contrebasse, parfois une harpe), sous la direction de Joseph Marchand et Philippe Brault. C'était, c'est vrai, un parti pris étonnant, pas nécessairement toujours évident ou convaincant, mais différent au cube, ça oui. Dérangeant. Troublant. Bref, totalement Gainsbourg. Totalement Lapointe.

À la fin (juste avant qu'elles ne massacrent Les petits papiers), celles que Serge appelait les «adorables pisseuses», les filles, se sont réunies pour chanter La Javanaise. Nous les avons aimées, le temps de presque toutes ces chansons de Serge, revues par Pierre.

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