Les Stones sur les Plaines: indestructibles et indémodables

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(Québec) Sur le coup de 21 h 30, des images ont défilé sur les écrans géants témoignant de l'histoire des Rolling Stones et de leur itinéraire sans fin qui les ramenait enfin à Québec, sur les plaines d'Abraham, pour la deuxième fois à peine en 53 ans de carrière.

«Welcome to Québec G1R 2L3» - tournée ZIP CODE oblige -, pouvait-on lire sur l'écran principal à l'arrière de la scène quand est apparu le vénérable Charlie Watts, entraînant à sa suite Keith Richards, qui s'est avancé sur la passerelle en balançant le riff imparable de Start Me Up, puis le Mick à paillettes qui, à force de steppettes, allait vite nous faire oublier qu'il aurait 72 ans dans dix jours. Les amis, y a de l'espoir.

En plein l'entrée en matière dont rêvaient les mordus des Stones et les curieux qui, déjà au beau milieu de l'après-midi, faisaient la queue devant le kiosque à souvenirs de l'entrée principale du parc des Plaines, même s'il ne restait plus aucun t-shirt bleu avec le drapeau du Québec imprimé sur la fameuse langue des Stones. Des fans qui, sitôt le concert commencé, ont vite oublié qu'il faisait un peu frisquet pour un 15 juillet.

Un concert des Stones, surtout dans le décor des plaines d'Abraham, c'est un rendez-vous avec l'histoire. 

«C'était une bataille de venir ici», a dit dans un français de bonne tenue Jagger, qui n'en manque pas une. Jagger la bête de scène qui plane au-dessus de la concurrence, tantôt blagueur, tantôt gentiment racoleur, qui présente Ronnie Wood comme le roi de la poutine et demande à l'immense foule - sûrement plus que les 80 000 spectateurs attendus, mais le Festival d'été ne donne pas de chiffres -, qui vient de Montréal, de Saguenay, de Trois-Rivières... et de l'Ontario, en savourant son effet.

Pendant deux heures, les Rolling Stones se sont employés à prouver à ces fans qui désespéraient de les revoir un jour à Québec que le temps n'avait pas d'emprise sur eux. C'était pratiquement le même programme qu'au Centre Bell, il y a deux ans, mais ils trouvent toujours le moyen de créer l'événement avec un répertoire dont ils ont si souvent fait le tour et qu'on ne se lasse pourtant pas de les voir jouer.

Et pour cause. Ils prennent Street Fighting Man, qu'on leur avait réclamée par voie de sondage, et l'étirent bellement juste pour le plaisir de la chose parce qu'après toutes ces années, ils n'ont plus à prouver qu'une chanson de 1968 peut être à l'abri des rides. Et ils s'attaquent à l'immense Midnight Rambler, dont on a déjà vu et entendu des versions live mémorables, et la jouent avec hargne, Woods s'éclatant à la guitare et Jagger étant tout simplement Jagger, avec ou sans harmonica. Gimme Shelter, avec la flamboyante Lisa Fischer très en voix, était encore un morceau de bravoure, tout comme, au rappel, la toujours émouvante You Can't Always Get What You Want chantée hier avec le Choeur des jeunes de Laval. Et on ne se lassera jamais d'entendre Charlie Watts appuyer de sa batterie quand son ami Mick harangue la foule.

Indestructibles et indémodables, ainsi sont les Stones qu'on a vus sur les Plaines hier. M'est avis qu'ils n'ont pas fini de faire le tour de la planète.

Galaxie

Quand on joue en plein jour, à 19 h, devant une mer de fans des Stones, aussi bien miser sur ses principaux atouts. Olivier Langevin et sa bande de Galaxie ont enchaîné leurs chansons blues-rock avec une énergie brute, sans compromis aucun.

Appuyé par ses cinq camarades, dont la section rythmique béton des cousins Fortin lourde à souhait pendant Dragon, Langevin a multiplié les riffs gagnants et fait miauler sa guitare depuis la chanson-titre du dernier album Zulu jusqu'à la plus vieille, et fort bien nommée, La fièvre. Passant sans problème de la finale funky de Camouflar au rock punkisant de Chuck Berry, Galaxie a fait les choses à sa façon: convaincante.

Au fil des ans, les Stones ont confié la première partie de leur spectacle à des artistes minimalement connus, mais à peu près personne sur les Plaines n'avait entendu parler de The Districts. Ces quatre musiciens de Pennsylvanie, à peine sortis de l'adolescence, ont tout donné pendant une heure, surtout le chanteur et guitariste Rob Grote, qui donnait parfois l'impression d'être pris de convulsions.

Mais après Galaxie, qui jouissait quand même d'un capital de sympathie, et avant les Stones que tout le monde attendait, The Districts n'a suscité qu'une indifférence polie et n'a surtout pas réussi, comme le veut le cliché, à réchauffer la place pour les Stones par une soirée de plus en plus fraîche.

On pourra sûrement mieux apprécier leurs chansons, qui ne semblent pas du tout inintéressantes, dans une petite salle, un de ces jours.

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