Pour le Grieg de Lefèvre

Alain Lefèvre jouant Grieg avec Kent Nagano et... (Photo Christina Alonso, fournie par le Festival de Lanaudière)

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Alain Lefèvre jouant Grieg avec Kent Nagano et l'OSM vendredi soir à Lanaudière.

Photo Christina Alonso, fournie par le Festival de Lanaudière

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Claude Gingras
La Presse

Ce ne fut certainement pas le concert le plus mémorable des 38 ans d'existence du Festival de Lanaudière, dont la saison 2015 tire à sa fin. Ce fut, disons, un concert convenable, réussi, comme il y en a des centaines, mais un concert auquel 5 000 personnes ont manifestement pris un immense plaisir, malgré l'orage qui éclata quelques minutes avant le début.

De cette soirée de deux heures qui ne changera pas le cours de l'histoire se détache néanmoins une plage de 30 minutes qui, à la rigueur, justifiait le déplacement: le Concerto pour piano de Grieg tel que joué par Alain Lefèvre. Toujours en belle forme, technique et autre, celui qu'on pourrait appeler «notre star du piano classique» a donné une interprétation très solide de ce concerto qui est, tout à la fois, sentimental et populaire, rejeté par plusieurs, mais fort agréable à écouter et très pianistique.Lefèvre l'avait joué à l'OSM en 2005 avec Decker. Dix ans plus tard, il y apporte de nouveaux accents, de nouvelles touches de tendresse. Ainsi, dans la cadence du premier mouvement, il donne aux basses du clavier un relief inhabituel. À la fin du mouvement lent -- le fameux Adagio de notre radio d'autrefois --, un petit groupe d'accords ascendants, la valeur de deux mesures, est assorti de staccatos qu'on n'entend jamais, tout simplement parce que les pianistes ne les ont pas vus, ou qu'ils les ont effleurés, ou ignorés. Au contraire, Lefèvre les fait ressortir comme autant de scintillantes découvertes. Au finale, il presse un peu, joue trop fort, écrase quelques accords, mais le tout se tient, malgré un piano dont le suraigu commence à vaciller, malgré aussi un accompagnement on ne peut plus routinier.

Les écrans nous montrent en effet un Nagano n'ayant pas le moindre goût pour le Concerto de Grieg. Le reste du concert est à l'avenant. La pluie tombe et force bien des spectateurs à se réfugier sous le toit. En même temps débute Finlandia de Sibelius. Ce n'était pas la peine d'y revenir, Dutoit et le Philadelphia Orchestra en ayant donné une version à la fois nostalgique et martiale à l'Amphithéâtre en 2011. Cette fois, rien à signaler.

L'affiche comportait cependant une heureuse surprise: on remplaçait la deuxième Symphonie de Brahms par la première Symphonie de Sibelius. Joué régulièrement en saison, le Brahms n'avait pas sa place dans un festival, alors que la première Symphonie de Sibelius faisait figure de nouveauté car, des sept Symphonies du compositeur finlandais, c'est la deuxième qu'on entend habituellement.

L'OSM a joué cette première Symphonie à quelques occasions. La présente exécution, qui totalisait 40 minutes, fut manifestement préparée à la hâte. L'habituelle virtuosité collective de l'OSM n'y était pas, à un point même que, pour une fois, on souhaitait l'acoustique de l'Amphithéâtre moins... infaillible! L'émotion n'y était pas non plus, les grands thèmes ne chantaient pas, bref, il ne se passait rien. Seule exception : l'électrisante présence d'Andrei Malashenko aux timbales.

Note de dernière heure : le rappel donné par Alain Lefèvre est tiré de son dernier disque, Rive Gauche.

ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL. Chef d'orchestre: Kent Nagano. Soliste: Alain Lefèvre, pianiste. Vendredi soir, Amphithéâtre Fernand-Lindsay, de Joliette. Dans le cadre du 38e Festival de Lanaudière. 

Programme: 

Finlandia, poème symphonique, op. 26 (1899) - Sibelius 

Concerto pour piano et orchestre en la mineur, op. 16 (1870) - Grieg 

Symphonie no 1, en mi mineur, op. 39 (1899) - Sibelius

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